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Prisme tactique : Autopsie du style si exigeant prôné par Halilhodzic

06.09.2019 - 11:07
Avec Vahid Halilhodzic, tout le monde défend et tout le monde attaque. Si cette stratégie paraît de prime abord un chouya simpliste, en réalité, elle symbolise parfaitement l’état d’esprit et la ligne de conduite auxquels ont dû se plier sans rechigner les joueurs passés sous les ordres du nouveau sélectionneur national. 
Il faut admettre que, par le passé, les équipes coachées par le Bosnien n’ont jamais réinventé le football, par contre, elles courent beaucoup, jouent simple, n’offrent pas de boulevard à la perte du ballon et donc défendent en bloc compact. Dans le camp adverse, coach Vahid demande beaucoup de projection vers l’avant et un maximum de joueurs dans les seize mètres adverses. Autopsie de l’exigeant style de jeu prôné par Halilhodzic. 

Réduction des espaces 
Vahid Halilhodzic n’est pas un ardent partisan de la défense à trois axiaux. Son dada en termes de schéma de jeu c’est plutôt une défense à quatre, parfois articulée autour d’un 4-2-3-1 mais souvent c’est un 4-3-3 clair qui n’a pas besoin de dix schémas de jeu pour être expliqué qui remporte ses faveurs. 
Pour le Bosnien, tout le monde doit être impliqué à la perte du ballon. L’avant-centre devient le premier défenseur et derrière lui se déploie un bloc compact, assez bas, composé du Back Four, une sentinelle qui le protège et assure une couverture efficace et coupe le jeu entre les lignes, ainsi que quatre joueurs censés défendre sur toute la largeur (voir photo 1). C’est ce qu’on appelle une défense placée. Une stratégie qui sert à faire déjouer l’adversaire. Elle est contraire à celle basée sur le pressing ou le contre pressing (Gegenpressing). Sa particularité réside dans le fait qu’elle préconise des mécanismes de replis défensifs au moment de la transition attaque-défense, comme le recul-frein ou la zone-press. 
Pour plus d’éclaircissements, le recul-frein c’est quand un joueur recule face au porteur du ballon pour lui couper l’ouverture des lignes de passes. La temporisation qui en découle doit permettre le replacement d’autres coéquipiers. S’agissant de la zone-press, elle implique que le joueur le plus proche du porteur du ballon sort sur lui pour l’empêcher de jouer vite vers l’avant, permettant ainsi à ses coéquipiers de se replacer défensivement. Cela dit, les équipes de Vahid Halilhodzic sont aussi capables de pressing haut par séquences, mais ce n’est pas la tactique défensive privilégiée. 

Recherche instantanée 
de la profondeur 

Avec une récupération du ballon souvent située dans leur propre camp, les ex-teams du sélectionneur national ne cherchent pas à temporiser ou à rentrer dans des phases de possession stérile. Au contraire, elles essayent de trouver le plus vite les attaquants dans les 30 mètres adverses, et donc profiter de l’espace qui se crée dans le dos des défenseurs comme en témoigne la seconde photo. 
Sur cette action de jeu, les Nantais récupèrent le ballon dans leurs 30 derniers mètres avant de rechercher rapidement les trois attaquants qui ont simultanément fait des appels en profondeur. Moins de 15 secondes après avoir mis le pied sur le ballon, le FC Nantes a fait trembler les filets marseillais. 
Evidemment, dans le football, les situations offensives ne se limitent pas aux contre-attaques. Car des fois, une équipe peut se retrouver face à une autre qui gare le bus comme on a coutume de dire dans la sphère footballistique. Du coup, l’animation offensive en attaque placée devient l’une des rares si ce n’est la seule arme pour marquer. Et c’est là où l’on peut avoir des doutes sur la capacité de Vahid Halilhodzic à faire progresser l’EN. Car, encore faut-il le rappeler, les Nationaux ont toujours éprouvé les pires peines du monde pour venir à bout des équipes regroupées à l’entrée de leur surface de réparation.
En tout cas, d’après ce qu’on a vu, le technicien bosnien cherche souvent à mettre ses milieux excentrés en position de un contre un afin de pouvoir s’appuyer sur leur faculté à éliminer et déstabiliser les défenses. D’où les renversements de jeu à foison après avoir fixé la défense sur un côté, en direction des ailiers à l’opposé qui mangent la craie. Dans un cas comme dans l’autre, on peut être sûr d’une chose : le style de jeu voulu par coach Vahid est énormément énergivore. Sans aucun doute, les joueurs vont fortement ressentir la différence avec son prédécesseur qui, avouons-le, se contentait du minimum d’efforts de la part de ses joueurs. 

» Source de l'article: liberation

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