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Le cyclisme national se met des bâtons dans les roues

30.09.2019 - 15:10
Aux Championnats du monde de cyclisme sur route, disputés autour d’Harrogate, dans la région britannique du Yorkshire, du 21 au 29 septembre, le continent africain a gagné le droit d’aligner 30 dossards dans les différentes épreuves de contre la montre individuelle, et celles en ligne élite, U23 et junior. Les nations représentées sont : le Rwanda, l’Afrique du Sud, l’Erythrée, le Zimbabwe, la Namibie et l’Algérie.
Vous l’aurez certainement remarqué, et contrairement à la précédente édition qui s’est déroulée à Insbruck, en Autriche, le Maroc n’est pas de la partie. Pourtant, ce n’est pas comme s’il avait égaré ses cartons d’invitation. En effet, d’après les documents officiels disponibles sur le site Internet de l’Union cycliste internationale (UCI), le cyclisme national bénéficiait d’une place lors des épreuves en ligne individuelles « Hommes Elite », prévues ce dimanche et, comme chaque nation, de deux partants lors de l’épreuve de contre-la-montre individuelle, toutes catégories confondues, dont l’épreuve élite a été remportée mercredi par l’Australien Rohan Dennis. En U23, la course en ligne hommes devait initialement accueillir quatre dossards nationaux. C’est en tout cas le quota accordé par l’UCI, car le Maroc (4ème), fait partie des cinq premières nations du classement U23 de l’UCI Africa Tour. A la lumière de ses éléments, on se demande pourquoi le Maroc ne participe pas à cet événement.
Evidemment, nous avons contacté la Fédération Royale marocaine de cyclisme en quête d’éclaircissements. La première personne a décroché et nous a immédiatement mis en stand-by. Au loin, on pouvait l’entendre demander à quelqu’un s’il fallait nous raccrocher au nez, avant qu’une seconde voie nous demande d’attendre encore. Cette étrange situation, qui confirme au passage une communication désastreuse, dont le parfait exemple est le site de ladite fédération, a pris fin lorsqu’une troisième personne nous a annoncé « Les cyclistes marocains ne participeront pas aux Championnats du monde car ils ont d’autres engagements ». A la question «quels sont ses engagements ? », ladite personne a botté en touche en prétextant qu’elle n’avait pas cette information sous les yeux. D’après ce que l’on sait et les photos relayées sur les réseaux sociaux, quelques cyclistes marocains seraient en stage en Turquie. Outre le fait qu’il est totalement absurde de privilégier un stage aux épreuves d’un championnat du monde, la version de la FRMC ne tient vraiment pas…la route. Car si l’on en croit les règlements de l’UCI, les nations qualifiées devaient confirmer l’utilisation totale ou partielle de leur quota avant le 26 août 2019, en envoyant un émail à l’adresse route@uci.ch. Tout quota non confirmé a été considéré comme non utilisé par la nation concernée.
Nous avons tenté de creuser un peu plus. De sonder d’autres sources. Sous le couvert de l’anonymat, quelques acteurs du cyclisme national ont mis en avant l’argument financier, en expliquant que la FRMC n’avait pas les moyens d’honorer ses quotas dans le Yorkshire. Même si pour l’une de nos sources, cette raison n’explique pas tout. Il y en aurait d’autres. Elle n’a pas voulu nous en dire plus. En tout cas, une chose est sûre, cet épisode fait office de véritable camouflet pour le cyclisme national au moment où le Maroc est en lice, à l’instar du Rwanda, pour accueillir les premiers Championnats du monde organisés sur le continent africain, en 2025. Car on se demande comment est-il possible d’organiser un évènement dont le coût est estimé entre 15 et 18 millions de dollars, alors que les cyclistes nationaux sont dans l’incapacité financière d’y participer. Et puis, pourquoi priver ces derniers d’un évènement à même d’exposer leur qualité aux yeux du monde. Certes, on sait bien que le Maroc ne fera pas le poids face aux autres nations, mais les qualités de certains cyclistes auraient pu taper dans l’œil des nombreux directeurs sportifs et autres agents présents en Grande-Bretagne, d’autant plus qu’aucun Marocain ne fait partie d’une équipe du World Tour, soit la première division du cyclisme mondial. Affligeant.
» Source de l'article: liberation

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