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À qui cela profite ?

Sauf que là, on ignore la source de ses palmiers qui envahissent nos grandes villes. Est-ce qu’ils proviennent de Zagora où les habitants et agriculteurs n’ont cessent de dénoncé le déracinement des palmiers, ou encore des Palmeraies de Marrakech qui vivent leur pire crise depuis des siècles ? L’autre question qui se pose est que fait-on des arbres arrachés ? Où vont-ils après ?

Sur les réseaux, les réclamations et la colère des citoyens concernant l’arrachage des arbres et leur remplacement par des palmiers grandi. Sur le groupe « Save Casablanca« , plusieurs Bidaouis ont exprimé leur incompréhension face à cette situation et leur besoin urgent d’espace vert et d’arbres pour leur bien-être et celui de leurs enfants.

Joint par Hespress Fr à ce sujet, Mohamed Benata, ingénieur agronome, Dr en Géographie, Président de l’ESCO, membre fondateur de l’ECOLOMAN et fervent défenseur de l’environnement s’inquiète de ce phénomène de déracinement d’arbres et leur remplacement par des palmiers, qui selon lui, n’a rien d’écologique.

Natif d’Oujda, Mohamed Benata nous raconte que la ville a vécu le même sort il y a quelques années, lorsque les autorités ont décidé d’arracher toutes les arbres de caroubiers et les remplacé par des arbres importés. Un acte qui a attiré la colère des citoyens d’Oujda qui ont dénoncé cela haut et fort. Ainsi, la raison qui a poussé les autorités a coupé ses arbres, c’est que l’épouse d’un responsable de la ville venait d’ouvrir une pépinière et avait énormément d’arbres et de palmiers à liquider. Et c’était donc une bonne affaire et une bonne raison pour priver la ville et ses citoyens de ses arbres de caroubiers qui leur offraient une certaine beauté et fraîcheur, nous dit-il.

« Premièrement, il s’agit d’un acte illégal d’arracher des palmiers qui est passible d’une amende de 10.000 DH pour chaque palmier arraché sans autorisation. Même son transport est illégal et est passible d’amende, s’ils n’ont pas les autorisations nécessaires. Après, le problème ne se pose pas au niveau des palmiers vendus dans les pépinières, mais plutôt les palmiers de 5-6 mètres de hauteur et qui sont arrachés de Marrakech et d’Errachidia pour être plantés au milieu de la ville« , nous explique l’écolo, notant qu’en principe, « la gendarmerie se doit d’intercepter ses camions qui transportent ses palmiers et vérifier les autorisations nécessaires. Dans le cas contraire, les transporteurs doivent payer une amende« .

Outre le côté légal de la chose, Mohamed Benata avance que même d’un point de vue esthétique, « ce n’est pas logique d’enlever un arbre en bonne santé, qui crée de l’ombre, de la fraîcheur et de la beauté, pour le remplacer par un palmier de plusieurs mètres de hauteur, qui n’a rien de beau si on la met au milieu d’une ville ».

De même, Mohamed Benata précise « que la plantation des palmiers en ville n’a aucun bienfait ni sur le climat ni sur l’environnement » notant que leur place et au désert et non dans le milieu urbain. Il s’agit selon lui d’un « business qui profite à une couche de propriétaires de pépinières qui ont le bras long et qui profitent de leur influence pour se faire un paquet d’argent et qui ne se soucient guère de l’environnement ou du bien-être des citoyens« , conclut-il.

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