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Corruption dans la justice: confrontation entre un magistrat et un intermédiaire

Par Hassan Benadad le 01/09/2022 à 21h54

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Kiosque360. La confrontation entre le magistrat et l’intermédiaire, tous deux impliqués dans l’affaire des juges corrompus de Casablanca, a été vive et longue. Cet article est une revue de presse tirée des quotidiens Al Akhbar et Al Ahdath Al Maghribia.

Le juge d’instruction de la cour d’appel de Rabat a organisé, mercredi dernier, une confrontation entre le magistrat et l’intermédiaire surnommé Al Oumoumi, impliqués tous les deux dans l’affaire des juges présumés corrompus de Casablanca.

Le quotidien Al Akhbar rapporte, dans son édition du vendredi 2 septembre, que le président de la chambre criminelle, accusé de corruption, a été auditionné une première fois, la semaine dernière, par le juge d’instruction. Selon des sources autorisées, c’est une brigade spéciale de la gendarmerie qui a escorté l’accusé principe Al Oumoumi de la prison locale de Casablanca vers le palais de justice de Rabat. La confrontation entre les deux accusés s’est déroulée autour des déclarations et des communications téléphoniques interceptées par les équipes d’investigation.

 

Les enregistrements révèlent l’intervention du juge dans un dossier judiciaire qui lui a été exposé par l’accusé Al Oumoumi, moyennant un pot-de-vin de 50.000 dirhams. Le magistrat aurait perçu 30.000 dirhams tandis que le reste a été reparti, à parts égales, entre le samsar et l’avocat, lui aussi impliqué dans cette intermédiation.

La confrontation entre les deux accusés a été très vive et a duré plus d’une heure et demie dans le bureau du juge d’instruction à la cour d’appel de Rabat. C’est la défense du juge qui a sollicité cette confrontation.

 

Le quotidien Al Akhbar souligne que les données téléphoniques révèlent que le magistrat a promis d’intervenir en faveur d’une femme détenue qui aspirait à l’acquittement ou, à défaut, la réduction de sa peine de prison. Sauf que le jugement en appel n’a pas été favorable. L’accusée a alors menacé le samsar de le dénoncer et de révéler cette transaction. Des accusations que le président de la chambre criminelle a démenties catégoriquement en affirmant que la relation qui le lie Al Oumoumi se limite à une simple transaction commerciale.

 

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, qui traite le même sujet, donne plus de détails sur le déclenchement de cette affaire. Après leur audition, le juge d’instruction a placé 20 accusés en détention préventive parmi lesquels se trouvent des juges, un avocat, un substitut du procureur du Roi et un magistrat tandis qu’un autre substitut du procureur du Roi est poursuivi en état de liberté provisoire.

 

L’enquête de la BNPJ a montré que les suspects ont constitué une bande criminelle spécialisée dans la corruption, la falsification de documents officiels et l’abus de pouvoir. Les écoutes téléphoniques ont permis aux enquêteurs de découvrir que les intermédiaires intervenaient dans des dossiers judiciaires avec la complicité d’un substitut du procureur du Roi près du tribunal de première instance d’Ain Sebaa. Ces ingérences visaient à libérer, moyennant une contrepartie financière, des détenus dans des affaires de hooliganisme, de détention de maisons closes, de pillage de sable et d’émission de chèques sans provision.

 

 

Par Hassan Benadad

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