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Des attentats à la posture politicienne

Le Polisario continue de proférer des menaces. La dernière en date est destinée aux organisateurs du Rallye Africa Eco Race, dont la 14e édition transitera, en octobre prochain, par le poste-frontière El Guerguerate entre le Maroc et la Mauritanie. Une sortie qui s’inscrit dans la longue série de menaces portant la signature de hauts cadres du mouvement séparatiste à l’endroit du Maroc, mais aussi en direction des sociétés européennes -en particuliers espagnoles- installées au Sahara ou encore contre la Mauritanie.

Ainsi le secrétaire général du Polisario, Brahim Ghali avait annoncé, le 24 mai dernier dans une interview à la chaîne Telecinco que l’Espagne «paiera la facture» de son soutien au plan marocain d’autonomie au Sahara occidental. Bien avant lui, Mohamed El Ouali Akeik, désigné chef de l’armée, a fait part du projet du Front de commettre des attentats terroristes au royaume.

Des propos prononcés à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de l’opération des Forces armées royales (FAR) au passage d’El Guerguerate. Taleb Ammi Deh, un chef militaire, a réclamé, de son côté, le départ pur et simple des sociétés espagnoles présentes au Sahara occidental.

Des placebos pour calmer la colère populaire

«Ces déclarations confirment la faillite et l’échec politique dans lequel est englué le mouvement séparatiste, à cause des défaites successives sur les terrains militaire et diplomatique», indique à Yabiladi Salem Abelfattah, le président de l’Observatoire sahraoui des médias et des droits de l’Homme. «Ces menaces sont les symptômes bien visibles du conflit qui fait rage entre les têtes d’affiche du Polisario. Un conflit que la préparation du prochain congrès a exacerbé», ajoute l’expert sur le dossier sahraoui. Un conclave qui est prévu vers la fin de cette année, alors que Brahim Ghali espère, avec la bénédiction de l’Algérie, rester quelques années supplémentaires aux «commandes» du Front.

Salem Abdelfattah attribue aussi ces tensions au sein de la direction du Polisario «au retour en force en Algérie de l’aile radicale conduite par les généraux Mohamed Mediène, alias Toufik, et Khalid Nezzar». «Le Polisario a perdu la carte des menaces le 13 novembre 2020, suite à sa décision de se retirer de l’accord du cessez-le-feu de 1991», note-t-il.

Pour sa part, Bahi Larbi Ennass, un ancien haut officier de l’armée du Polisario entre 1982 à 1992, président du «Centre de paix, des études politiques et stratégiques» basé à Laayoune, estime que «ces menaces sont surtout destinées à la consommation interne».

«Un placebo, explique-t-il, prescrit pour apaiser la colère populaire, notamment après des drames. La dernière mise en garde adressée aux organisateurs du Rallye Africa Eco Race intervient alors que la « guerre », lancée contre le Maroc en novembre 2013 continue de faire des morts dans les rangs de la population (des camps, ndlr)».

«En revanche, les fils des dirigeants sont ailleurs à l’abri en Europe, en Algérie ou même en Amérique du sud», fait-il remarquer. D’ailleurs, le «Groupe de redressement révolutionnaire», un mouvement d’opposition lancé en mai 2002, a exigé des responsables qui résident loin des camps de rentrer immédiatement.


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