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Des ONG mobilisées contre «le pompage abusif» et l’asséchement des oueds

Au Maroc, la société civile est toujours mobilisée pour la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin dernier, l’Ecolo Plateforme du Maroc du Nord, qui regroupe plusieurs associations de défense de l’environnement, a organisé une conférence pour la «Restauration des écosystèmes du site biologique de l’embouchure de la Moulouya». En effet, les défenseurs de l’environnement alertent, depuis l’année dernière, sur l’assèchement de cet oued, drainé par quatre barrages ainsi que deux stations de pompage.

En octobre dernier, un drame écologique, avec la rupture du courant entre le fleuve et la mer Méditerranée, a été largement dénoncé par la presse. Lors de la conférence tenue dimanche dernier, les associatifs ont ainsi dénoncé ce drame, rappelant qu’il a «un impact sur la nappe phréatique, sur l’agriculture et sur un site d’une grande importance biologique et écologique pour Moulouya (zone humide), qui est un habitat pour la biodiversité».

Plusieurs recommandations pour sauver l’embouchure de la Moulouya

«Ce phénomène s’explique par l’aggravation de la sécheresse depuis l’année dernière et la surexploitation de l’eau le long de la vallée (entre le barrage Machraa Hammadi et l’embouchure). La baisse du niveau d’eau de la Moulouya a même entraîné l’intrusion d’eau de mer par le ruisseau (et donc une hausse de la salinité)», déplorent-ils encore.

L’Ecolo Plateforme du Maroc du Nord a ainsi émis plusieurs recommandations, appelant à la restauration des écosystèmes du site biologique de l’embouchure de la Moulouya. Une restauration qui «passe avant tout par la préservation de son débit écologique, sans lequel le site biologique perd ses qualités et sa capacité à jouer son rôle dans le maintien de sa diversité biologique et la protection des oiseaux, des poissons et des organismes en général».

Dans ce sens, les ONG appellent à «réaliser une étude scientifique, hydrologique et biologique pour évaluer le débit écologique pour Moulouya, à l’exemple de ce qui a été fait pour d’autres oueds, tel que Sebou». Ils suggèrent la «réutilisation des eaux traitées à Saïdia, Ras El Maa et station de Zayo à des fins agricoles ou pour les espaces verts pour alléger la pression sur les ressources en eau de l’Oued Moulouya».

La conférence a aussi plaidé pour «élever le site écologique de l’embouchure de la Moulouya au rang de parc national conformément à la loi n°22.07 relative aux aires protégées» et «élaborer dans les meilleurs délais un plan de gestion du site écologique», tout en réduisant «le pompage» de l’eau au niveau des deux stations de pompage, Moulay Ali et Oulad Astout et les autres stations privées et en s’engagent à ne plus créer de nouvelles stations de pompage».

Oued Chbouka, affluent d’Oum Errabiâ, également concerné

Les associatifs appellent également à revoir le schéma hydraulique pour l’irrigation et l’eau potable 2020-2027, notamment le projet de construction du barrage Machraa Safsaf et autres barrages sur Oued Moulouya, en prenant en considération la biodiversité comme partie prenante dans l’utilisation de l’eau. Elles plaident également pour «la mise en place d’ouvrages hydrauliques ou de seuils pour empêcher la remontée d’eau de mer salée à l’embouchure de la Moulouya» et «la surveillance des stations d’épuration et des unités industrielles pour éviter la pollution de l’eau du site».  

L’appel du collectif d’associations opérant dans la protection de l’environnement dans la région de l’Oriental intervient alors que d’autres ont alerté, cette semaine, sur le desséchement d’Oued Chbouka, l’un des affluents d’Oued Oum Errabiâ situé dans la province de Kénitra. Dans une pétition adressée à Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, ils ont dénoncé le «pompage abusif» ainsi que la «construction de barrages collinaires illégalement pour irriguer des cultures industrielles dont la pomme de terre et la betterave sucrière». «Cette surexploitation de l’eau et la déviation du cours d’eau a causé le desséchement total de la rivière, la mortalité de plusieurs espèces de poissons et d’autres animaux aquatiques et la destruction de tout l’écosystème du bassin versant d’Oued Chbouka», dénonce la pétition.

«L’arrêt de l’écoulement de l’eau a assoiffé des centaines d’animaux d’élevage, a privé les habitants de leur seul souffle écologique. Les petits paysans ne peuvent plus irriguer leurs cultures de subsistance dont des oliviers, quelques cultures maraichères pour l’autoconsommation et quelques cultures fourragères pour leurs troupeaux», dénonce la pétition.


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