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Entre stratégie commerciale et risque de défiance auditive

«La musique est de plus en plus forte, particulièrement à partir de 22 heures, donc impossible de discuter même à deux» ou encore, «le son est trop fort et donc l’échange avec ses camarades de table est assez difficile». Ce sont des avis donnés sur des sites de recommandations de restaurants.

L’ambiance sonore est devenue un critère de sélection et d’évaluation des restaurants. Certains annuaires en ligne évaluent les restaurants selon le niveau sonore de l’établissement allant de «très calme» à «très bruyant». En effet, si certains apprécient les musiques bruyantes, d’autres s’en plaignent une fois sortis du restaurant.

«On aimerait bien pouvoir se poser dans un restaurant, le week-end par exemple avec les enfants», explique Oumaima. C’est dans un restaurant sur la plage de Tamaris que cette mère de famille pensait pouvoir profiter de son après-midi. «Il n’est même pas 18 heures et le restaurant met sa musique à fond. Je demande parfois à baisser le son, mais rien n’y fait, ils augmentent quelques minutes après et nous sommes obligés de crier pour s’entendre parler.»

Une stratégie commerciale

Depuis la reprise post-Covid, les restaurants tentent de séduire le maximum de clients afin de parer les effets de la crise. Alors entre les enceintes et les musiques estivales, se cache en réalité une réelle stratégie commerciale.

Selon une étude publiée dans le Journal of the Academy of Marketing Science, la musique pourrait influencer nos choix en matière de nourriture : plus la musique d’ambiance dans un restaurant est forte, plus nous aurons tendance à commander de la «junk food» (malbouffe).

«Les endroits bruyants sont stressants pour notre cerveau. C’est pourquoi nous aurons tendance à commander de la nourriture grasse et malsaine. Les endroits calmes accompagnés de musiques douces sont au contraire apaisants et nous permettent d’avoir pleinement conscience de nos choix alimentaires. Dans ces cas-là, on aura plus tendance à pencher pour une salade», analyse Dipayan Biswas, professeur en marketing au Muma College of Business à l’université de Floride du Sud.

Une influence des consommateurs, mais à quel prix ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un niveau sonore dangereux peut être par exemple l’exposition à plus de 100 décibels (dB) pendant 15 minutes, l’équivalent du bruit ressenti à côté d’une grosse enceinte propageant de la musique dans un restaurant…

En effet, les études scientifiques s’accordent sur un point : «Si vous devez élever la voix, le niveau du brut est supérieur à 80 dB. S’il faut crier pour vous faire comprendre, il est supérieur à 90 dB».

Selon le ministère de la Santé, l’exposition à des sons élevés peut provoquer une déficience auditive temporaire ou des acouphènes, une sensation de tintement ou de bourdonnement dans l’oreille. Lorsque le son est particulièrement fort, régulier ou prolongé, il peut entraîner des lésions définitives des cellules sensorielles de l’oreille, provoquant une déficience auditive irréversible.


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