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Joseph Diaz, l’ambassadeur qui appréciait la presse anglaise

En 1707, le sultan alaouite Moulay Ismail nomme un autre juif parmi ses ambassadeurs de confiance en Europe. Joseph Diaz sera ensuite dépêché en Angleterre et au Portugal pour discuter des traités signés par l’empire chérifien. Son voyage en tant qu’ambassadeur en Grande-Bretagne sera bref alors que peu de sources abordent ce déplacement.

D’après «A chronological history of England» (Editions Oxford University, 1714), de John Pointer, «Don Joseph Diaz, ambassadeur extraordinaire de l’empereur du Maroc, a eu une audience privée» avec la reine d’Angleterre.

Bien que Diaz ait été nommé en 1707, il ne rencontrera la reine Anne d’Ecosse, d’Angleterre et d’Irlande que 19 avril 1709 au St James’s Palace. Il est par contre difficile de savoir ce que l’envoyé de Moulay Ismail et la reine ont abordé comme question, mais le séjour de Don Joesph Diaz a attiré de nombreux écrivains.

Moulay Ismail et Anne, reine d’Angleterre. / Photomontage

Profiter de Londres

Dans son livre «British Captives from the Mediterranean to the Atlantic, 1563-1760» (Editions Brill, 2014), l’historien libanais Nabil Matar rapporte que Don Joseph Diaz «a embauché plusieurs marins durant trois mois pour l’accompagner» en Angleterre. Le nombre de personnes ayant accompagné l’envoyé de Moulay Ismail aurait même provoqué «une peur à Londres» en 1708.

Aux côtés de son imposante délégation, Joseph Diaz a apprécié son séjour en Grande-Bretagne, à l’instar d’autres diplomates nord-africains et arabes envoyés dans le Royaume européen.

«Ils ont beaucoup apprécié la lecture de la presse écrite, qui était assez nouvelle pour eux», a rappelé Matar, ajoutant qu’un jour, Diaz «a été choqué de lire dans le quotidien « The Daily Courant » une information sur la mort de Moulay Ismail qui était encore robuste et vivant».

Le journal britannique The Daily Courant. / Ph. DRLe journal britannique The Daily Courant. / Ph. DR

Diaz aimait aussi assister aux célébrations royales et aux événements locaux, dont les dépenses étaient couvertes par ses hôtes, ajoute l’historien.

Le diplomate marocain a toutefois su gérer sa mission une fois en Grande-Bretagne. Il connaissait les habitants et les agents recrutés à Londres pour l’aider à atteindre ses objectifs. «Joseph Diaz, retardé à Plymouth en septembre 1707, a écrit à Jezreel Jones (fonctionnaire britannique) pour lui demander de l’aider mais il a terminé sa phrase par ‘’Si vous ne voulez pas, dites-le nous et nous reviendrons nous-mêmes à Londres et nous nous chargerons de cette question là où nous disposons de relations avec des marchands», rapporte Nabil Matar.

Désapprouvé par le sultan

En marge de sa mission à Londres, Don Diaz sera aussi chargé par Moulay Ismail de se rendre au Portugal pour une mission, comme l’a indiqué l’ancien ambassadeur marocain à Londres, Mohamed Belmahi, lors d’une présentation datant de mai 2015. Une présentation intitulée «La position de la communauté juive marocaine dans les relations diplomatiques maroco-anglaise de 1480 à 1886».

Le St James's Palace à Londres. / IllustrationLe St James’s Palace à Londres. / Illustration

L’ancien ambassadeur y a souligné que le diplomate juif Joseph Diaz s’était «rendu à Lisbonne où il a signé l’accord de Lisbonne avec le roi du Portugal au nom de l’empire chérifien».

Malheureusement, la carrière diplomatique de Diaz prendra fin dès son retour au Maroc. Mohamed Belmahi rapporte que l’ambassadeur a été désapprouvé par Moulay Ismail pour «mauvaises conduites présumées pendant ses mandats à Londres et à Lisbonne».


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