La France soumise au humeurs d’Alger?

Une scène surréaliste s’est produite en direct lors d’une émission de télévision en France. Annoncé depuis une semaine pour une interview, le chef du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, a été déprogrammé à la dernière minute sous « pressions étrangères ».

L’immixtion de l’Algérie n’est jamais bien loin dans les affaires intérieures d’un pays tiers. En France, une émission d’information de grande audience sur la chaine CNews, a reçu des ordres pour déprogrammer l’intervention du chef de file du mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, annoncée depuis une semaine.

La scène s’est produite alors que Ferhat Mehenni était dans les coulisses en train d’attendre son tour pour entrer sur la plateau en direct. Le présentateur de l’émission, confus et choqué après avoir reçu l’ordre de la déprogrammer, a affirmé qu’il n’avait jamais vécu de situation pareille.

Cette annulation alors que l’interview venait d’être annoncée sur la chaine, et les réactions à chaud des intervenants choqués ont été filmées et partagées sur internet. Sur les extraits postés sur Twitter, l’on peut entendre Ivan Roufiol, le journaliste qui devait interviewer Ferhat Mehenni, abasourdi, apprenant la nouvelle au même moment que l’invité.

« C’est quand même dingue! », a-t-il déclaré avant d’ajouter « on a le droit de ne rien dire » en réponse à la question « que s’est-il passé? » pour qu’il y ait une décision pareille.

« Je t’ai annoncé depuis une semaine et la direction est au courant depuis une semaine », a-t-il poursuivi, en affirmant que la chaine a validé l’interview qui devait durer 20 minutes sur le plateau. « Ca me fout dans une m*rde noire », s’emporte-t-il.

« C’est vraiment invraisemblable, c’est la première fois que ça arrive », a déclaré le journaliste devant son invité qui a estimé quant à lui que la seule explication c’est que la chaine a reçu des pressions extérieures pour annuler son intervention, des pressions de l’Algérie sur la présidence française qui à son tour aurait fait pression sur le patron du groupe Bolloré.

« Cela dit, ton explication est la bonne, je pense qu’il a dû y avoir une pression d’Alger », a lancé le journaliste avant de reprendre l’antenne.

Selon les médias français, cette version est correcte et c’est le président algérien, Abdelmadjid Tebboune en personne qui a contacté Emmanuel Macron pour lui faire du chantage et menacer, le poussant à intervenir auprès du patron du groupe, Yannich Bolloré.

Les menaces du président algérien ont porté sur la prochaine visite à Alger de la Première ministre, Elisabeth Borne, prévue les 9 et 10 octobre. Cette visite devrait sceller le nouveau partenariat franco-algérien auquel Emmanuel Macron tient pour assurer des livraisons de gaz depuis l’Algérie.

La nouvelle relation entre Alger et Paris commence à poser beaucoup de problèmes en France qui se retrouve à la merci des coups de colère et des états d’âme de l’Algérie. Jusqu’où ira Paris dans son opération séduction d’Alger, si la censure touche à présent même les entités privées?

Si la liberté d’expression et la liberté de la presse sont menacées par la censure en France, peut-on imaginer que le prochain acte sera de livrer tous les opposants et réfugiés aux mains de l’Algérie au péril de leur vie?

Pour rappel, le chef du MAK est avant tout un poète et homme de paix septuagénaire qui fait l’objet de lourdes poursuites et un mandat d’arrêt international.

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