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Les mauvaises habitudes alimentaires liées aux mauvaises connaissances

Une alimentation équilibrée et diversifiée permet un développement harmonieux de l’organisme et son maintien en bonne santé, conduisant à la prévention de certaines maladies chroniques. De mauvaises habitudes alimentaires continuent toutefois de se répandre dans le monde et particulièrement au Maroc, où le changement de mode de vie de la population conduit forcément à une transition nutritionnelle. Mais alors que les Marocains adoptaient une alimentation traditionnelle, basée sur les céréales et les légumineuses, des légumes et des fruits, force est de constater qu’ils s’orientent petit à petit vers une alimentation comprenant davantage de produits animaux.

La nutrition étant une priorité en santé publique, huit chercheurs marocains de l’Université Hassan II de Casablanca se sont penchés sur la question en menant une étude. Ils ont ainsi évalué les connaissances en matière de recommandations nutritionnelles pour certains aliments majeurs, dans le but de déterminer les facteurs associés aux pratiques et connaissances alimentaires de la population adulte de la ville de Casablanca.

Pour ce faire, ils ont mené une enquête auprès de 731 participants de la capitale blanche. Des données collectées à l’aide d’un questionnaire contenant les caractéristiques sociodémographiques, le fréquentiel alimentaire et des questions pour évaluer les connaissances nutritionnelles. L’échantillon aléatoire et exhaustif a été basé sur le recensement national de 2014 et les données fournies par le Haut-commissariat au Plan (HCP). Les caractéristiques générales de l’échantillon de la population étudiée ont montré que sur les 719 sujets, 373 (51,9%) étaient des hommes et 346 (48,1%) des femmes. De plus, la prévalence globale du surpoids et de l’obésité était de 29,6% et 21,0%, respectivement. Les chercheurs ajoutent que l’obésité était beaucoup plus élevée chez les femmes que chez les hommes (35,0% contre 8,0%).

Sensibiliser pour développer de solides connaissances nutritionnelles

Il en ressort ainsi qu’il existe un lien «étroit» entre une mauvaise connaissance et une mauvaise habitude alimentaire. «Les individus, qui ne consommaient pas conformément aux recommandations nutritionnelles, notamment en matière de consommation de viandes rouges, de poulet et de poisson, rapportaient des avis erronés par rapport à ces recommandations», explique l’étude, publiée le 21 juin dans la revue Nutrition Clinique et Métabolisme. «L’ajustement par un certain nombre de variables sociodémographiques montre que ceci était observé indépendamment de l’âge» des personnes sondées, poursuit la même source.
 
«L’une des principales causes des problèmes nutritionnels est le manque de connaissances nutritionnelles conduisant à un mauvais comportement alimentaire. La connaissance est l’un des facteurs nécessaires pour modifier et améliorer le comportement alimentaire et, par la suite, construire un régime alimentaire sain pour prévenir les maladies», rappellent les chercheurs. Pour ces derniers, «l’éducation nutritionnelle peut améliorer les connaissances et les pratiques nutritionnelles».

«Les études qui évaluent les connaissances et leurs associations avec les comportements ou attitudes alimentaires peuvent contribuer à une analyse de la situation en aidant à déterminer les connaissances, attitudes et habitudes existantes en matière de nutrition, à mieux comprendre comment les populations mangent et d’autres facteurs qui peuvent influencer leurs habitudes alimentaires. Et ils peuvent, par conséquent, fournir des informations utiles et contribuer à la planification efficace des programmes et projets nutritionnels ciblés», ajoute l’étude.

Ses auteurs estiment qu’«influencer positivement l’apport nutritionnel et promouvoir des habitudes saines est un défi pour les pays développés et en développement». «Nos résultats ont montré une association entre de mauvaises connaissances nutritionnelles et de mauvaises habitudes alimentaires, suggérant par la suite que la population étudiée devrait bénéficier d’interventions éducatives et de campagnes de sensibilisation pour développer de solides connaissances nutritionnelles», plaident-ils. «La connaissance ne peut pas être considérée comme seule, mais c’est certainement l’un des facteurs très importants qui influent sur la nutrition», concluent-ils.


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