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L’histoire de la Bugatti Baby intimement liée à l’enfance de Hassan II

L’amour du défunt Hassan II pour les voitures de luxe n’est un secret pour personne. Plusieurs historiens et médias se sont intéressés, au fil des années, aux véhicules acquis par le monarque. Mais peu de gens savent que cette passion a commencé très tôt. Alors qu’il était encore prince, Hassan II était un vrai fan des petites voitures, au point qu’il avait déjà reçu un exemplaire de la Bugatti Type 52, appelée Bugatti Baby.

Nous sommes en 1924. Les ateliers Bugatti de Molsheim-Dorlisheim en Alsace viennent de concevoir la Type 35 qui devient, peu de temps après, la Bugatti la plus célèbre au monde. Deux ans plus tard, Ettore Bugatti, le fondateur de la marque, et son fils Jean, conçoivent un modèle réduit de la Type 35. Il l’offre à son second fils Roland Bugatti à l’occasion de son quatrième anniversaire.

Une photo est même devenue célèbre, montrant, côte-à-côte, les deux frères Jean et Roland, chacun au volant de leur Bugatti : un Type 43 pour l’aîné alors âgé de dix-sept ans, et le mini bolide bleu pour le cadet Roland, rapportait le média français Challenges en mars dernier.
 
«La réalisation était parfaite, les proportions respectées jusqu’au dessin des fameuses roues en alliage coulé. Forcément, la mini Bugatti devait taper dans l’œil des clients de passage à l’usine qui réclamaient au patron le privilège d’offrir la même petite auto à leur propre progéniture», poursuit-il.

Jean et Roland Bugatti, le premier au volant d’une Type 43 et le deuxième à bord de sa Type 52. / Ph. DR

La Bugatti Baby du prince Hassan II

Mais Ettore Bugatti avait d’autres plans. Il voulait en effet capitaliser sur la Type 52 pour séduire les grands de ce monde. Ainsi, le modèle est offert à deux petits princes qui deviendront, plus tard, des rois, à l’instar du prince Baudouin de Belgique et… Hassan II du Maroc.
 
«Jeune Prince – le futur roi du Maroc, Hassan II, se voit offrir un exemplaire de Bugatti 52 Baby, en compagnie de son père, à l’occasion de leur visite aux usines Molsheim», rapporte Rouillac. Ce dernier précise aussi que le futur roi des Belges, Baudouin s’était «vu offrir parallèlement un exemplaire comparable». D’ailleurs, on voit même le petit Hassan II à bord d’une Bugatti Type 52, dans une photo qui aurait été prise lors de ladite visite.

Hassan II à bord de sa Bugatti Baby. / Ph. DRHassan II à bord de sa Bugatti Baby. / Ph. DR

Le petit bijou était, sur le plan technique, un véhicule électrique avec des accumulateurs de 12 volts, une vitesse de 15 à 18 km/h selon le poids du garnement, des roues en aluminium amovibles et un châssis en tôle emboutie formée de deux longerons assemblés par des traverses, précise l’Essentiel. Son essieu avant est attaché au châssis par les ressorts et le pont arrière y est fixé directement par des boulons qui traversent les bossages. «Une vraie voiture, avec une marche arrière s’il vous plaît, qui s’échange aujourd’hui entre 45 000 et 90 000 euros dans les ventes aux enchères», précise-t-il.
 
Si le site des Antiquités brocante de la Tour note que la Type 52 «avait un empattement de 1,2 m et pesait 75 kg», le portail anglais Bugatti-trust évoque, de son côté, qu’une autre version «adulte» avait vu le jour, avec une extension de l’empattement pour atteindre 1,32 mètres.
 
Challenges informe que «c’est en référence au Bébé Bugatti livré à Moulay Hassan (futur Hassan II, Roi du Maroc) que le dessinateur de bandes dessinées Hergé offre le même petit bolide à Abdallah, le fils de l’Émir Ben Kalish Ezab qui fait tourner en bourrique le Capitaine Haddock dans « Tintin au Pays de l’Or noir »».

Une petite voiture qui renaît de ses cendres

À l’occasion de son 110ème anniversaire, la marque Bugatti a décidé en 2019 de proposer une «Baby II» en s’associant avec Junior Classics, rapporte Le Figaro, décrivant un «cockpit équipé du tableau de bord en aluminium bouchonné, signature de Bugatti, d’un siège en cuir, d’une reproduction du volant à quatre branches de la Type 35 et d’instruments personnalisés». «Le véhicule disposera de plusieurs teintes de carrosserie, dont le fameux «bleu français» traditionnel. Les roues à huit branches en alliage d’aluminium sont des répliques de celles de la Type 35», poursuit-il en évoquant une Baby II «également dotée de phares». «Elle est dotée de deux modes de conduite : un mode enfant d’1 kW qui permet d’atteindre la vitesse maximale de 20 km/h, et un mode adulte de 4 kW, qui permet des pointes à 45 km/h», précise de son côté le média français Turbo.  

En somme, une Type 52 revisitée, ayant notamment marqué l’enfance du défunt Hassan II, qui renaît de ses cendres.

Une photo de Hassan II à bord de son Euréka à pédales rutilantes. / Ph. DRHassan II à bord de son Euréka à pédales rutilantes. / Ph. DR
 
La Bugatti Baby n’était d’ailleurs pas la seule voiture-jouet préférée de Hassan II. On le voit d’ailleurs au volant d’une petite Euréka à pédales rutilantes, similaire à celle de son père le roi Mohammed V posant en arrière-plan d’une photo datant des années 30, comme le rapporte Francetvinfo.
 
Un amour pour les véhicules qui ne quittera jamais le roi du Maroc tout au long de son règne, au point qu’il poussera Gilbert Guzzo, propriétaire de Caravaning-Nautisme-Marocain (Canam) à lui construire, dans les années 1990, la Menara, considérée comme la première voiture 100% marocaine.


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