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L’Opep augmente sa production et ménage le chou et la chèvre

Les cours du pétrole se sont repris jeudi, après la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep 13 membres) et leurs alliés (Opep+ 10 partenaires), qui ont décidé d’accélérer l’augmentation de leur volume total de production pour juillet à livrer en août.

Après des mois d’attentisme donc (Printemps 2021) et malgré l’envolée des prix, les 23 pays membres de l’Opep et l’Opep+ ont enfin dirions-nous, convenu d’ajuster la production de juillet « à la hausse de 648 000 barils par jour », au lieu des 432 000 barils/j des mois précédents. L’Opep et son alliée (Opep+) mettent ainsi fin à leurs réductions de production. Mais l’augmentation de cette production au cours des deux prochains mois ne devrait pas compenser de manière significative la pénurie de pétrole russe “sanctionné » par l’Occident (accord lundi entre les Etats-Unis , le Royaume-Uni et les dirigeants de l’UE de réduire quelque 90% leurs importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année).

Mais le hic c’est que de nombreux membres du groupe (Opep et Opep+), ont atteint leur capacité de production. Les augmentations effectives seront par conséquent plus faibles et la capacité de réserve du groupe continuera de diminuer, notent les spécialistes

L’annonce de l’embargo sur l’essentiel du pétrole russe a accru les craintes de pénuries et visiblement changé la donne pour le cartel, qui souligne « l’importance de marchés stables et équilibrés ». L’augmentation de la production est répartie proportionnellement entre chacun des membres, avec des objectifs identiques pour Moscou (Opep+) et Ryad (Opep), les deux piliers de l’alliance qui pompe environ la moitié du pétrole mondial et qui depuis 2016 se concertent pour ajuster leur offre et réguler les cours du baril.

Pour autant la hausse décidée ce jeudi, même si elle est plus importante que prévu, ne devrait pas soulager significativement un marché en manque de pétrole russe. Aussi les prix devraient rester à un niveau élevé. C’est ce qu’on appelle ménager le la chèvre et le chou, la Russie principale visée peut repartir satisfaite.

En effet, l’Opep+ menée par la Russie a quelque peu lâché du lest aux Etats-Unis et à l’Europe y compris le Royaume-Uni mais sans trop de dommages sur le fond et a su préserver l’unité de l’alliance. La fédération de Russie évite également la mise à l’écart promise car l’Opep+ est restée soudée. Suite à l’annonce de la décision de l’alliance, les cours qui étaient dans le rouge plus tôt dans la séance, se sont repris.

Une annonce qui on s’en doute, a réjoui les investisseurs : les cours du brut remontaient de presque 1%, les deux références du brut évoluant autour des 116 dollars le baril. Il est vrai que les économies du Golfe tirent des bénéfices juteux d’un baril bien au-delà de 100 dollars: l’Arabie saoudite a ainsi enregistré au premier trimestre sa croissance la plus forte en dix ans.

Malgré ces quotas plus ambitieux, l’Opep+ ne pourra pas remplacer tous les volumes perdus de la Russie du fait des difficultés de certains de ses membres à atteindre leurs objectifs, préviennent des analystes. En attendant, la pénurie qui fait flamber les prix un peu partout impacte surtout l’Afrique ce qui laisse ses pays dangereusement à court d’approvisionnement en carburant, perturbant même les compagnies aériennes en certaines régions et provoquant des files d’attente monstres dans les stations-service.

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