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Quand les salafistes s’opposent aux films d’animation

Par Fayza Senhaji le 16/06/2022 à 21h19

Une manifestation de salafistes au Maroc.

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Kiosque360. Sur les réseaux sociaux, les salafistes appellent à l’interdiction d’un film d’animation qu’ils n’ont pourtant pas eu l’occasion de regarder pour le juger. Cette revue de presse est tirée d’un article d’Assabah.

Les salafistes se positionnent comme régisseurs de la scène médiatique. Ces derniers temps, ils n’hésitent pas à exercer un «contrôle» sur ce que les Marocains ont le droit de regarder ou pas, une stratégie qui leur avait d’ailleurs réussi il y a quelques années.

 

C’est Assabah qui s’intéresse à ce phénomène dans son édition du vendredi 17 juin, expliquant qu’ils mènent actuellement une véritable guerre sur les réseaux sociaux afin d’interdire la diffusion au Maroc du film d’animation « Buzz l’éclair ». La raison: ce film encourage l’homosexualité et nuit à l’Islam et à la société. Il menacerait même l’avenir des jeunes! Pourtant, fait remarquer le quotidien, aucun des salafistes en question n’a pu voir le film, se contentant de reprendre ce qu’en disent leurs «confrères» du Moyen-Orient.

Pour rappel, ce film a été interdit ces derniers jours aux Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite où il devait sortir ce jeudi dans les salles de cinéma. Les salafistes marocains semblent s’aligner sur cette décision, et l’un des plus virulents d’entre eux est Hassan Kettani. Il s’est fendu de pas moins d’une dizaine de publications sur sa page Facebook, qui se présentent comme des «fatwa» et des avertissements adressés aux parents. Il a également souligné que les disciples de Satan profitent d’un certain laxisme du Maroc pour tenter de répandre leurs œuvres contraires aux mœurs, ce qui menacerait même l’avenir des plus jeunes. Leur but est également de mettre fin à la «pureté» de la vie des musulmans, en propageant ce genre de contenus.

D’après les sources d’Assabah, Hassan Kettani et ses confrères sont devenus spécialistes du contrôle des films et de leur interdiction. Ils sont confortés en cela par leurs réussites quand ils ont poussé les autorités à ordonner ces interdictions, comme ce fut le cas récemment avec le film La Dame du paradis. Pour eux, cette interdiction est considérée comme un véritable exploit, poussant même les sources d’Assabah à ironiser sur le fait que les salafistes finiront par devenir des membres influents du Centre cinématographique marocain.

Par Fayza Senhaji

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