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Quelque 400 infirmiers ont quitté le Maroc pour le Québec entre novembre 2021 et mai 2022

Les Journées de Québec sont « une opportunité » pour de nombreux Marocains souhaitant quitter la mère patrie pour un nouvel horizon. Organisées dans 17 pays du monde, les missions Journées Québec prévoient le recrutement de quelque 3.000 nouveaux travailleurs étrangers d’ici mars 2023. Au Maroc, qui connaît une pénurie en cadres de santé, quelque 400 infirmiers relevant du ministère de la Santé sont partis cette année au Québec dans le cadre de ces Journées, et ce dans la période allant de novembre 2021 à mai 2022.

Le besoin au Maroc en infirmiers se compte par milliers. Le Mouvement des Infirmiers et techniciens de santé du Maroc (MITSM) estime ce manque à 34.000 éléments, alors que le ministère de la Santé évoque un chiffre supérieur à 50.000.

Selon une source bien informée, quelque 400 infirmiers relevant du ministère de la Santé sont partis cette année au Québec dans le cadre des Journées Québec, et ce, durant la période allant de novembre 2021 à mai 2022. Un chiffre qui vient aggraver un manque qui plombe déjà le système de santé.

Commentant cet exode des cadres de santé, Fatima-Zahra Belline, membre du MITSM, se dit « choquée » par ce chiffre même si elle nous confie qu’il s’agit d’un phénomène réel qui s’accentue de jour en jour.

« Au sein du Mouvement, nous avons tiré la sonnette d’alarme à maintes reprise sur ce fléau d’exode des infirmiers. Nous avons dans ce sens appelé les responsables à se pencher sur cette catégorie de cadres de santé vu que leur doléance principale, et qui les pousse à fuir le pays, ne coûtera rien à l’Etat« , explique à Hespress Fr, Fatima-Zahra.

Actuellement, le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, « fait les mains et les pieds pour la création de l’Ordre national des infirmiers et techniciens de santé et l’élaboration du référentiel d’emploi et de compétences (REC) » nous confie cette infirmière de profession, et qui ne coûte rien à l’état précise-t-elle encore une fois.

 » Ce ne sont pas les mauvaises conditions de travail, ou encore les salaires médiocres que touche cette catégorie de cadres de santé qui les poussent à fuir le pays. Mais plutôt les poursuites judiciaires à leur encontre. Ils risquent à tout moment, en raison du faible arsenal juridique qui réglemente la profession, de se retrouver derrière les barreaux« , nous explique notre interlocutrice. Autre facteur poussant les infirmiers à quitter le pays, c’est les « intrus » qui n’ont aucune connaissance pédagogique ni technique.

« La profession vit une anarchie et un chaos alarmants. N’importe quelle personne disposant d’une formation de 2 ans d’une école privée dont on n’a jamais entendu le nom, peut venir exercer, vu que le système de recrutement passe aujourd’hui par les Agences et les collectivités. Et bien sûr, le ministère de la Santé a laissé les infirmiers diplômés d’Etat au chômage. Il n’a pas augmenté le nombre de sièges de formation. Et pour remédier à la pénurie dans les hôpitaux, on a commencé à engager des individus incompétents », dénonce cette infirmière formée par l’Etat.

Au vu de ce climat de « congestion » et des conditions de travail défavorables,  les infirmiers et techniciens de santé préfèrent quitter leur famille et leurs amis pour aller travailler dans un pays où la profession est respectée, encadrée et chapeautée par un Ordre, dit-elle.

« D’ailleurs, je tiens à préciser que l’Ordre, à la création duquel on ne cesse d’appeler, ne fait pas que protéger ou défendre le professionnel de santé, mais le sanctionne en cas de faute et lui rend l’exercice de sa fonction difficile. Mais il permet de l’assister et l’encadrer pour exercer sereinement sa fonction« , conclut-elle.

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