Retrouvé dans le sperme, le Monkeypox est-il devenu sexuellement transmissible?

Le virus Monkeypox a été retrouvé dans le sperme de patients infectés en Italie et en Allemagne. Cette découverte publiée dans une revue scientifique, a refait surgir l’hypothèse d’une possible transmission par voie sexuelle, mais rien n’est encore prouvé. Explications avec un spécialiste. 

Des fragments du virus du Monkeypox ont été détectés dans le sperme chez des patients en Italie au niveau du meilleur hôpital de maladies infectieuses du pays, le Spallanzani à Rome. La vingtaine de cas positifs au virus recensés en Italie sont tous des hommes.

Selon un article par des chercheurs de Spallanzani dans Eurosurveillance, la revue du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui a détaillé le séquençage du virus réalisé en Italie, il serait « plausible » que les hommes positifs au virus l’aient contracté la maladie lors de rapports sexuels.

Les conclusions de l’étude soulèvent donc la possibilité de la transmission sexuelle de la maladie, sans toutefois en apporter les preuves concrètes et définitives. Une chose est certaine, pour le moment, de nombreux cas confirmés concernent partenaires sexuels.

En Allemagne également, des scientifiques ont découvert l’ADN du virus dans le sperme de deux patients. Contacté par Hespress Fr, Dr. Tayeb Hamdi, chercheur en politiques et systèmes de santé, indique que la découverte du virus dans le sperme de patients infectés ne signifie pas nécessairement la que contagion s’est faite par voie sexuelle.

« Les cas enregistrés jusqu’à présent sont pour la majorité écrasante des jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, cela n’est pas synonyme d’une maladie sexuellement transmissible pour autant », a-t-il prévenu.

La contagion de la variole du singe se fait par le contact par la peau, par voie respiratoire à travers des gouttelettes, et d’une manière indirecte (à travers les vêtement, ndlr).

Le médecin estime que si le nombre de cas est important parmi les hommes actuellement, ce serait probablement à cause des festivités LGBT ayant eu lieu récemment sur les îles canaries et en Belgique car « forcément lorsqu’il y a un rapport sexuel, il y a un contact avec la peau ».

« Retrouver des fragments du virus dans le sperme ne prouve pas que la maladie est sexuellement transmissible », a-t-il affirmé en ajoutant que jusqu’à présent le séquençage génétique du virus n’a pas permis de retrouver une mutation du virus qui pourrait expliquer une nouvelle forme de transmission du Monkeypox.

Il s’agit donc bien du même virus qui circulait avant cette vague d’épidémie. Tayeb Hamdi explique en ce sens, « pour que le virus change de comportement, il faut qu’il y ait une mutation génétique, ce qui n’est pas le cas pour le moment ».

Toutefois, le fait qu’il y ait une prédominance de cas chez des hommes homosexuels est « un élément à prendre en considération, qui donne à réfléchir plus » sur la possibilité d’une maladie transmissible par voie sexuelle « mais nous sommes très très loin de dire qu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible (…) ce serait un raccourci qu’il ne faudrait pas prendre

En outre, il souligne que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti de ne pas faire de liens entre le Monkeypox et les maladies sexuellement transmissibles ou de ne pas cibler les hommes homosexuels.

L’épidémie du Monkeypox a touché plus de 1000 cas dans le monde ces dernières semaines, précisément dans 28 pays dont le Maroc. Tous les cas enregistrés dans le monde proviennent de la même souche ouest-africaine et touche des patients qui n’ont effectué aucun voyage dans l’un des pays où le virus est normalement endémique.

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