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Soupçons d’escroquerie à la FIFA. Sepp Blatter et Michel Platini acquittés par la justice suisse

Le verdict est tombé, vendredi 8 juillet, dans la grande salle du Tribunal pénal fédéral suisse (TPF) de Bellinzone, dans le canton du Tessin. Sepp Blatter et Michel Blatter ont été acquittés dans l’affaire du paiement présumé déloyal de deux millions de francs suisses (1,9 million d’euros) que le premier a fait au second, en février 2011.

L’ancien président suisse de la Fédération internationale de football (FIFA), 86 ans, et l’ex-patron français de l’Union des associations européennes de football (UEFA), 67 ans ont été relaxés des chefs « d’escroquerie, gestion déloyale, abus de confiance et faux dans les titres », rapporte Le Monde. L’ex-numéro 10 des Bleus n’est également pas tenu de restituer 2,229 millions de francs suisses à la FIFA, invitée par le TPF à agir par la « voie civile ».

Représentant du Ministère public de la Confédération (MPC) et chargé d’instruire ce dossier depuis 2019, le procureur Thomas Hildbrand avait requis une peine de un an et huit mois de prison avec sursis et un délai de mise à l’épreuve de deux ans contre les deux hommes. En novembre 2021, il avait renvoyé le tandem devant le TPF pour « soupçons d’escroquerie, de gestion déloyale, d’abus de confiance et de faux dans les titres. » Dans son acte d’accusation, Hildbrand accusait les prévenus d’avoir « trompé » l’ex-directeur financier de la FIFA Markus Kattner, avec l’envoi d’une facture « fictive qui ne correspondait pas à une créance existante ». Et ce afin d’ « enrichir illégitimement Platini » avant la réélection de Blatter, en juin 2011, pour un quatrième mandat, avec le soutien de l’UEFA.

Lors de son réquisitoire, le 15 juin, le magistrat avait taillé en pièces la défense des prévenus dans l’affaire du paiement présumé déloyal : il a balayé la thèse du « reliquat de salaires » qui aurait été prétendument versé au français pour les années durant lesquelles (1998-2002) il officiait comme conseiller de Sepp Blatter. Les prévenus assuraient avoir scellé, en 1998, un accord oral fixant une rémunération de 1 million de francs suisses annuels à Michel Platini.

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Pour Hildbrand, « aucun contrat verbal n’existait ni avant ni après l’élection de Blatter à la FIFA [en juin 1998], car il ne pouvait exister juridiquement ». Selon lui, les deux prévenus ont paraphé, en août 1999, un contrat fixant la rémunération de l’ex-joueur comme « indépendant » à hauteur du « salaire du secrétaire général de la FIFA », à 300.000 francs suisses annuels. Pour le procureur, ce paiement de deux millions était « peut-être le prix pour le silence de Platini dans le cadre des élections à la FIFA de 2011 », lors desquelles Blatter a été réélu pour un 4ème mandat, en juin 2011, avec le soutien de l’UEFA et de son président. Malgré « l’absence de preuve concluante » et de mobile dans l’acte d’accusation, la « question de savoir si ce paiement était en relation » avec le scrutin de juin 2011 « doit rester ouverte », selon le magistrat.

Pour le procureur, ces « 2 millions étaient un petit sucre supplémentaire, une donation en échange d’un service personnel » pour Platini, qui avait déjà facturé à la FIFA « 3,8 millions de francs suisses » de 1999 à 2002 (frais de voyages, bonus, salaire de ses collaborateurs, location d’un bureau à Paris). L’acquittement de Platini relance la saga politico-judiciaire entamée en 2015 et constitue un désaveu pour le MPC et la FIFA présidée par Gianni Infantino.

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Cette affaire a foudroyé les ambitions politiques de Platini et mis entre parenthèses sa carrière politique. L’ouverture de la procédure pénale par le MPC contre Blatter, en septembre 2015, avait entraîné la suspension du président de la FIFA et du Français par la commission d’éthique de la FIFA. Archifavori dans la course à la succession du Suisse, Platini n’avait alors pu briguer la présidence de la FIFA. C’est son ancien bras droit à l’UEFA, Gianni Infantino, qui s’est emparé du trône en février 2016. En mai 2016, le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne a abaissé à quatre ans la radiation de Platini. Cette sanction a ensuite été confirmée, en 2017, par le Tribunal fédéral suisse de Lausanne, puis par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), en 2020.

Sur le plan judiciaire, Platini avait d’abord été entendu comme « personne appelée à donner des renseignements » (témoin assisté), en septembre 2015. Il s’était cru mis hors de cause lorsque ses avocats avaient reçu, en mai 2018, un courrier du procureur Cédric Rémund leur indiquant que l’enquête ne visait pas leur client. Après la reprise du dossier par le procureur Hildbrand, la procédure a été élargie, en mai 2020, à Platini.


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