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Un organe administratif dont le pouvoir resté limité

La pénurie d’eau que traverse le Maroc en ce moment en raison de la sécheresse qui a sévi ces dernières années et le gaspillage des ressources hydriques, a mené le pays vers la prise de plusieurs mesures urgentes. Certaines ont été appliquées, d’autres attendent encore.

Pour informer et sensibiliser, les citoyens sur la situation de stress hydrique que traverse notre pays, le ministère de l’Équipement et de l’Eau, a lancé une campagne nationale intitulée « Stop au gaspillage de l’eau », afin de préserver les ressources encore disponibles et garantir une répartition équitable de l’eau. Mais les citoyens qui habitent un appartement et disposent d’un ou deux lavabos seulement pour toute une famille, sont-ils les vrais gaspilleurs d’eau ?

Certains ont leur part de responsabilité, certes, mais la réponse est certainement non. Plusieurs secteurs d’activité consomment des millions de litres d’eau par mois, à l’image des lavages de voitures, des hammams, ou encore des grands agriculteurs, surtout ceux dont l’activité tourne autour de cultures  » hydrovores »  comme l’avocat, la pastèque et autres.

Afin de contrôler justement ces « gaspilleurs » d’eau et à l’aune des défis climatiques et hydriques auxquels fait face le Royaume, le rôle de la police de l’eau est revenu à la surface. Censé assurer la coordination avec l’autorité judiciaire, cet organe administratif qui lutte contre l’exploitation illégale de l’eau, dispose de multiples pouvoirs qui commencent par l’inspection, la rédaction des procès-verbaux, et se terminent par l’application de sanctions qui vont de l’amende à l’emprisonnement pour les contrevenants.

À cet égard, les activistes environnementaux ont incité le gouvernement à activer la mission de cette police d’eau en matière de lutte contre l’exploitation illégale des richesses hydriques du Royaume, menacés de disparition dans les années à venir.

Selon les mêmes activistes, les missions de la police de l’eau ne devraient pas se limiter à la surveillance des espaces aquatiques, mais s’étendre également aux domaines agricoles, grands consommateurs d’eau, notamment au sud du Maroc, et qui ont fait que de nombreuses oasis sont en voie d’extinction.

Mais cet organe administratif, soulève la même source, est resté limité dans ses pouvoirs en raison des contraintes liées notamment au nombre limité d’agents, au faible budget alloué à cette structure, ou à l’absence d’une stratégie de travail clairement définie, ce qui a contribué à « l’obstruction » de ses tâches sur le terrain au niveau de l’examen des infractions et la rédaction des PV.

Dans ce sens, Abderrahim El Kasiri, Coordonnateur national de la Coalition marocaine pour le climat et le développement durable, a soutenu que « les bassins hydrauliques, dont le nombre s’élève à 10, sont l’une des plus grandes réformes que le Maroc ait connues ces dernières décennies. Ils s’assurent de la trajectoire de l’eau, de la source à l’estuaire ».

Dans une déclaration à Hespress, l’activiste écolo a estimé que « l’eau doit être bien gérée au niveau de ces bassins, en étudiant la qualité et la répartition entre les activités agricoles ». Mais il a tout de même constaté que le suivi effectué par la police de l’eau des bassins reste limité.

« Les cadres humains sont peu nombreux, et le pouvoir accordé à cet organe administratif est limité, ce qui oblige à réfléchir à d’autres solutions pour activer les missions de la police de l’eau, en privilégiant la surveillance des nappes phréatiques plus que les barrages », suggère-t-il.

Dans son analyse, l’activiste a souligné qu’à l’heure actuelle, nous ne connaissons pas exactement le nombre de puits exploités au Maroc, appelant dans ce sens à une coordination entre le ministère de l’Intérieur et la Gendarmerie royale pour parvenir à des informations précises concernant les exploiteurs des ressources hydriques du Royaume.

Mais pas que ! Le coordinateur national de la Coalition marocaine pour le climat et le développement durable a noté que « plus de 90% des puits exploités sont illégaux, et doivent être fermés, tandis que des compteurs doivent être placés dans les puits légaux tout en s’assurant du paiement des factures d’eau ».

Selon l’activiste, « la police de l’eau ne devrait être qu’un acteur parmi d’autres organes institutionnels, étant donné que l’eau, qui relève de la sécurité nationale de l’État, est l’une des principales sources de subsistance sans oublier qu’elle est le principal garant des services économiques et sociaux pour l’État ».

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