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Un politicien algérien se dit prêt à aider à la réconciliation entre le Maroc et l’Algérie

Un leader d’un parti politique en Algérie s’est déclaré prêt à aider à rapprocher les autorités marocaines et algériennes à la suite du discours du Roi Mohammed VI. Mais ce dernier a émis deux conditions, dont la principale repose sur la rupture des relations avec Israël, qu’il qualifie d’« entité sioniste ». 

Dans un billet sur son compte Facebook, Abderrazak Makri, chef du MSP d’inspiration islamiste, a voulu se montrer contrairement à d’autres personnalités proches du régime algérien ou hommes de ce même régime, prêt à réconcilier l’Algérie et le Maroc, et ainsi répondre favorablement à la main tendue par le Roi Mohammed VI, que les responsables algériens refusent depuis plusieurs années.

« Les déclarations faites par le Roi du Maroc sont bonnes s’il n’y a rien pour les contredire », a-t-il commencé par affirmer, avant d’ajouter qu’« il aurait été possible de résoudre les problèmes existants entre les deux pays avec de la patience, de l’abstention, de bonnes intentions, des mesures positives de part et d’autre et une bonne gestion des dossiers litigieux, aussi profonds soient-ils ».

Makri a ajouté que les peuples algériens et marocains unis pourraient également être impliqués en contribuant à surmonter les difficultés et en aidant les responsables au rapprochement.

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Toutefois, ce dernier a mélangé ainsi ses convictions personnelles, en étant un anti-Israël affirmé, et celles les considérations de l’Etat algérien. Il affirme que les autorités marocaines auraient « sapé » toute possibilité à la réconciliation principalement à cause de son alliance avec Israël.

Selon lui, « la normalisation avec l’entité +sioniste+ et la trahison de la cause palestinienne, avec l’intention d’amener l’ennemi géographiquement éloigné de nous à nos frontières avec ses espions, ses armes et ses stratagèmes corrompus et malveillants, et de nous menacer directement depuis les terres marocaines » est un élément qui ne peut pas permettre de réconcilier les deux pays.

Et de poser sa condition en affirmant qu’« il est inimaginable d’améliorer les relations avec le régime marocain à moins qu’il n’inverse la normalisation avec l’entité et en donnant des preuves suffisantes qu’il n’utilisera pas l’ennemi sioniste ou d’autres (pays) contre l’Algérie ».

« Si cela se produit, nous ferons tous notre devoir pour contribuer à résoudre nos problèmes bilatéraux et poursuivre le rêve du Maghreb arabe, quelles que soient les difficultés », a-t-il ajouté.

Sauf que dans les faits, l’Algérie a toujours refusé les propositions du Maroc pour mettre un terme aux différends qui les opposent. Le Maroc a plusieurs fois appelé l’Algérie à discuter de manière directe et franche et sans condition préalables de toutes les problématiques qui butent sur une réconciliation et une pleine compréhension entre les deux pays.

Le Souverain s’est lui-même adressé à l’Algérie et aux dirigeants algériens pour leur signifier que le royaume était prêt de son côté à aller de l’avant et faire table rase du passé afin d’offrir aux deux peuples les relations bilatérales à la hauteur de leur histoire commune et de leur voisinage.

Les mains tendues envers l’Algérie sont nombreuses et remontent à plusieurs années. Les demandes de réouverture des frontières terrestres entre les deux pays ont été maintes fois lancées envers les responsables algériens et pas seulement de la part des autorités marocaines, mais même de personnalités marocaines comme l’entraineur Baddou Zaki qui s’était adressé à Abdelmadjid Tebboune alors qu’il n’était pas encore président.

Aucun de ces signaux d’apaisement ni ces invitations généreuses de la part du Maroc n’ont trouvé de réponse de la part des autorités algériennes qui, n’ont eu de cesse, au contraire, de souligner que le Maroc était leur « ennemi » et de le traiter comme tel.

En fait, l’utilisation d’Israël comme raison de « l’impossibilité » de réconciliation n’est qu’une fausse excuse étant donné que la position hostile de l’Algérie remonte bien avant le rétablissement des liens diplomatiques avec Israël, et à l’époque Abderrazak Makri n’avait jamais témoigné de volonté de rapprocher les deux pays.

En outre, l’établissement de relations avec Israël avec des pays musulmans n’a jamais posé de problème à l’Algérie puisqu’elle entretient de bonnes relations avec l’Egypte, la Jordanie, et la Turquie… Et l’Algérie ne devait pas tenir pour responsable le Maroc pour une déclaration faite par un officiel israélien.

Par ailleurs, le Maroc ne reculera pas sur une décision souveraine d’avoir des liens avec Israël, pour faire plaisir à une classe dirigeante algérienne qui n’a jamais témoigné de signes positifs envers le Maroc, d’autant plus, que cette condition mentionnée par le chef du MSP est une ingérence dans les affaires intérieures du Maroc.

Abderrazak Makri a également évoqué un deuxième frein à la réconciliation entre Alger et Rabat, et il a parlé du « discours officiel de soutien aux partis séparatistes qui sont des agents de forces extérieures et détestent les constantes linguistiques et de croyance de la nation et menacent la stabilité et l’unité de notre pays », en faisant référence à une déclaration de l’ambassadeur permanent du Maroc à New York, Omar Hilale, en faveur de l’autonomie de la Kabylie, qui répondait à une attaque de son homologue algérien sur le Sahara marocain.

Le politicien algérien qui a évoqué le soutien aux séparatistes dans son pays, qui n’a été que prononcé une fois, a éludé le fait que son pays a créé et finance le séparatisme au Maroc depuis près de 50 ans. Ces mêmes séparatistes qu’il qualifie de « menace à la stabilité et l’unité » du pays sont logées en Algérie dans les camps de Tindouf et sont payées par le contribuable algérien pour menacer l’intégrité territoriale du Maroc en cherchant à s’emparer de son Sahara.

« Si nous voulons être positifs, nous dirons que le discours rassurant lancé par le roi du Maroc exprime sa rétractation vis-à-vis des déclarations de l’ambassadeur du Maroc aux Nations unies appelé Omar Hilale, mais tout cela n’aura aucun sens » si le Maroc ne revient pas sur sa décision d’avoir des liens avec Israël, a conclu Makri, même si dans les faits, l’Algérie a refusé toute forme de discussion directe avec le Maroc pour améliorer leurs relations durant ces 30 dernières années et les faits reprochés par le chef du MSP remontent à moins de 2 ans.

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