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Un roman revisite le massacre de Souk Larbaâ commis en 1956 par des partisans de l’Istiqlal

Le retour du roi Mohammed V au Maroc, dans le sillage de l’accord de la Celle-Saint-Cloud conclu le 6 novembre 1955, avait ouvert la voie de l’indépendance au royaume. Mais cela s’était également accompagné d’une série d’exactions et de graves violations des droits de l’Homme commis par l’Istiqlal contre ses rivaux. Le parti d’Allal El Fassi et Mehdi Ben Barka voulaient imposer son hégémonie aux autres formations politiques. Pour ce faire, il n’avait pas hésité à torturer et à tuer ceux qui ne partageaient pas sa vision.

Driss El Ganbouri, spécialiste des groupes islamistes, tente de réécrire les premières années de l’indépendance du Maroc via un roman intitulé «Zaman Al Khaouf» (Le Temps de la peur). Cette œuvre, basée sur des faits réels, revient sur la tuerie du 29 juillet 1956 à Souk Larbaâ. Des dizaines de militants du parti Achoura wal Istiqlal avaient été pris pour cible par des partisans de l’Istiqlal. Dans le roman, c’est un enseignant qui joue le «guide» pour un jeune élève à la recherche de la vérité sur ce qui s’est passé il y a presque 60 ans dans sa localité. Et de fil en aiguille, le lecteur est invité à un voyage dans le temps.

Les raisons de l’oubli

Cette sombre page de l’Histoire du Maroc demeure encore inaccessible au grand public. «C’est logique», nous confie l’auteur du «Temps de la peur». «Ceux qui ont écrit sur le Mouvement national sont majoritairement des istiqlaliens à commencer par Allal El Fassi dans « Les Mouvements indépendantistes au Maghreb arabe » ou Abdelkrim Ghellab dans « l’Histoire du Mouvement national »», explique-t-il.

La quasi-disparition du parti d’Achoura wal Istiqlal (Parti démocratique de l’indépendance), créé par Mohamed Hassan Ouazzani, le grand adversaire de Allal El Fassi, du paysage politique a contribué, également, à l’ «oubli» du massacre de Souk Larbaâ. «La région a elle-même été longtemps marginalisée et cela n’a pas facilité l’émergence d’une élite capable d’exhumer ce passé et de le présenter au reste des Marocains», ajoute El Ganbouri.

«L’écriture de l’Histoire du Maroc a toujours obéit à aux influences familiales et politiques de ces auteurs» affirme-til. «C’est une Histoire des grandes villes et de ses habitants et non celle des localités enclavées et marginalisées. Une autre preuve que la division du Maroc entre utile et inutile, instaurée par le général Lyautey, a résisté aux aléas temps», déplore-t-il.


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