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“Vendre le carburant à 8 dirhams le litre ce serait sacrifier la protection sociale”

Le litre du carburant ne sera pas vendu à moins de 8 dirhams, a signifié implicitement le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas. Ce membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI) intervenait lors d’un congrès régional de la fédération de la jeunesse RNIste de la région de Casablanca-Settat.

Face à l’augmentation inédite des prix des carburants qui se situent au dessus des 15 dirhams le litre, les internautes marocains ont lancé une campagne de protestation sur les réseaux sociaux demandant le départ du chef de l’Exécutif, Aziz Akhannouch, et la réduction des tarifs à ceux d’avant la libéralisation des prix en 2015.

Tentant de calmer la colère des internautes marocains, manifestée par la profusion des hashtags #7dh_gasoil, #8dh_essence, #Dégage_Akhannouch qui accusent le chef du gouvernement de conflit d’intérêts, Baitas s’est arrêté sur les différents coûts influençant les prix à la pompe : “Étant donné que la tonne de gasoil coûte 1140 dollars et que le dollar est à 10,42 dirhams, le prix du litre à l’international est à 10,50 dirhams (hors frais de transport). Après addition de 0,09 dirham/litre de frais de transport, le carburant est soumis à différentes taxes, notamment les droits de port (0,01 dirham/litre), la taxe interne de consommation TIC (2,42 dirhams pour le gasoil et 3,70 dirhams pour l’essence) et 10 % de TVA, outre les coûts de fret et de décharge”. Selon Baitas, ces paramètres mènent le prix du litre de gasoil au Maroc à plus de 15,30 dirhams.

Plusieurs experts et internautes marocains réclament la réduction, ou exonération temporaire, des taxes imposées sur les carburants, notamment la TVA et la TIC, dans le sillage de différents États européens, en vue de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

“Si le gouvernement baisse les tarifs, cela lui coûtera 65 milliards de dirhams, l’équivalent de 60 hôpitaux universitaires”

Mustapha Baitas

Fin mars, le gouvernement allemand a choisi de contrer la hausse des prix des carburants de deux manières : baisser les taxes et encourager les transports en commun. Le gouvernement allemand a ainsi annoncé, le 24 mars, une réduction de la taxe sur le carburant de 30 centimes d’euro pour l’essence et de 14 centimes pour le diesel, pour une durée de trois mois.

Pour Baitas, suivre une telle démarche “suspendrait les différentes réformes menées par le gouvernement dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi”. “Voulez-vous qu’on subventionne les carburants et qu’on abandonne la protection sociale ? (…) Si le gouvernement baisse les tarifs, cela lui coûtera 65 milliards de dirhams, équivalent de 60 hôpitaux universitaires”, a-t-il lancé.

Autosatisfecit

Rappelant de nouveau les subventions étatiques au gaz butane (intégré dans la Caisse de compensation depuis plusieurs décennies), Baitas a indiqué que le gouvernement tendait plutôt à subvenir cette matière “qui touche sept millions familles marocaines, alors que les automobilistes ne dépassent pas les trois millions”.

Concernant les professionnels du transport routier, le porte-parole du gouvernement Akhannouch s’est de nouveau félicité des subventions (que les professionnels critiquent et estiment insuffisantes) débloquées “en vue d’éviter toute flambée des prix”.

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