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La production céréalière accuse une baisse de 69%

Dans un contexte mondial marqué par la succession de deux chocs, la crise pandémique et le conflit russo-ukrainien, l’incertitude et les risques ne cessent d’augmenter. Dans ce contexte, l’économie nationale est triplement impactée surtout avec la sécheresse que connaît le secteur agricole. Mieux, la rareté de l’eau aidant, le Maroc fait face un stress hydrique de plus en plus sévère qui risque de bouleverser les autres secteurs. Dans son rapport sur le Budget Économique Exploratoire (BEE) 2023, le Haut-Commissaire au Plan (HCP).

L’économie nationale, affaiblie par la crise sanitaire et pâtissant d’un secteur agricole en berne, devrait subir en 2022 les effets de cet environnement mondial défavorable via notamment la décélération de la demande extérieure et la montée de l’inflation, soutient le HCP. En plus, la hausse générale des prix devrait affecter nettement l’offre et la demande, ce qui devrait peser lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages et sur le budget de l’Etat. Ainsi, les prévisions établies dans le cadre du budget économique prévisionnel du janvier dernier, devraient être revues à la baisse.

Malmenée par la sécheresse, le secteur agricole devrait peser négativement sur l’activité économique durant la campagne agricole 2021-2022, induisant ainsi une baisse significative de la production des céréales. Pourtant le HCP note que le niveau des précipitations enregistré aux mois de mars et avril, a contribué à l’atténuation de la baisse de la production céréalière. Celle-ci est stimmée à 32MQx, en recul de 69% par rapport à la campagne précédente.

Ces pluies tardives devraient également être bénéfiques aux cultures printanières et aux activités de l’élevage. Celles-ci devraient bénéficier de l’amélioration du couvert végétal et du plan d’urgence mis en place pour soutenir les éleveurs face à la sécheresse et à la hausse des prix des aliments du bétail. Ainsi, la valeur ajoutée agricole devrait marquer un repli de l’ordre de 14,6% en 2022 après une hausse remarquable de 17,8% en 2021.

Les premiers arbres ont dû être déracinés

La pénurie croissante d’eau est d’autant plus préoccupante que le caractère très cyclique du secteur et les récentes canicules n’augurent rien de bon pour la saison 2022-2023. Les sources d’où provient l’eau se tarissent du jour au lendemain alors qu’on s’attendait à une baisse progressive, a déclaré un producteur à Medias24. Il est persuadé que la prochaine saison sera pire voire bien pire que la saison 2021-2022.

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Selon Medias24, plusieurs producteurs d’agrumes ont assuré que dans les zones de stress hydrique telles que Beni Mellal, Souss-Massa et Marrakech, « des abattages d’arbres sans précédent ont été et sont en cours. Si un viticulteur estime que la quantité d’eau disponible ne couvrira que 60 % de ses besoins, 40 % des arbres seront défrichés pour assurer une bonne croissance des arbres restants et la meilleure production possible. »

Les investissements dans le secteur agricole au cours des 15 dernières années sont estimés à 11 milliards de dirhams, dont une partie a été réalisée par le gouvernement et une grande partie par le secteur privé. La sécheresse due au réchauffement climatique est une condition structurelle. Sans un approvisionnement régulier en eau, l’avenir de la culture des agrumes ne peut être que sous un grand point d’interrogation.

Dans les vergers d’agrumes, les arbres ont été déracinés à cause de la sécheresse. La prochaine saison serait sérieusement menacée par les pénuries d’eau d’une part et la situation économique internationale d’autre part.

Les agrumes connaîtront une baisse des ventes

 La saison d’exportation d’agrumes 2021-2022 s’est apparemment très bien déroulée avec 740 600 tonnes, soit 41 % de plus que la saison précédente. Cependant, ce n’est qu’un côté de la médaille, car les premières voix de l’industrie signalent également une baisse des prix de vente.

La baisse du prix au kilo pourrait être considérée comme l’une des nombreuses valeurs aberrantes en ce qui concerne l’économie d’exportation en ces temps. Mais maintenant, les inquiétudes sont grandes. Les raisons en sont la guerre russo-ukrainienne, la hausse des coûts des ressources d’exploitation, des transports et, surtout, la sécheresse et le manque d’eau qui en découle.

La campagne qui vient de s’achever a été soutenue par la performance des baies et petits fruits qui ont représenté 85% des ventes à l’étranger. Une augmentation de 40% par rapport à la saison précédente. Mais les agrumes sont aussi traditionnellement une importante exploitation agricole.

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