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Le gouvernement face à l’équation de la relance économique

Une sécheresse dévastatrice et de mauvaises récoltes ainsi que des hausses de prix alimentées par la guerre en Ukraine menacent la fragile reprise économique du Maroc et exposent des faiblesses structurelles, selon Fitch solution. Cette situation risque de reconduire à la même crise de 2020 où le HCP a déclaré que le Royaume a subi une récession de 7,2% du fait de la pandémie du coronavirus.

Malgré les effets de la pandémie qui ont plombé la situation économique ces deux dernières années, le gouvernement avait prévu une croissance supérieure à 3 % en 2022. Mais depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, il a été contraint de réduire ce chiffre à 1,7 % au maximum. Au Parlement, le chef du gouvernement a souligné que ces conséquences sont liées « aux événements extérieurs soudains et le changement climatique ».

Dans un rapport, le Fonds Monétaire International (FMI) a prévu une croissance encore plus faible de 1,1 %. Pourtant, le Maroc a injecté des ressources dans la diversification du secteur manufacturier, notamment en attirant des géants de l’automobile notamment les marques japonaises qui sont de plus en plus présentes dans le pays. Mais ces efforts « n’ont pas changé la structure de l’économie ».

Les ambitions déclinées sur le « Nouveau Modèle de Développement » (NMD), pour une stratégie plus ambitieuse, notamment la réduction de l’écart de richesse du Maroc et le doublement de la production économique par habitant d’ici 2035, le Maroc dépend fortement sur l’agriculture, un secteur qui représente 14% du produit intérieur brut et environ un tiers de tous les emplois. Mais les agriculteurs sont en première ligne du changement climatique et ont été durement touchés ces derniers mois avec des précipitations en baisse de plus d’un tiers par rapport à la moyenne à long terme. Cette situation a eu un impact direct sur les récoltes, et le ministère de l’Agriculture s’attend désormais à une récolte céréalière inférieure de deux tiers à celle de l’an dernier. Malgré une hausse des exportations de fruits et légumes, le secteur dans son ensemble devrait reculer de 14 % cette année. Cela va directement toucher les emplois et le niveau de consommation, en particulier dans les zones rurales, selon les professionnels du secteur. Cette dépendance excessive à l’agriculture, en particulier pour l’emploi, rend l’économie du pays plus vulnérable.

Mais la sécheresse n’est pas la seule vulnérabilité du pays. La guerre en Ukraine a fait monter en flèche les prix des céréales et de l’énergie à l’échelle mondiale, poussant les prix du carburant au Maroc à des niveaux record. De nombreux Marocains ont également pointé du doigt les spéculateurs et les distributeurs de carburant, les accusant de profiter de la crise, malgré les menaces des autorités.
En avril, le mois sacré du Ramadan a amplifié l’inflation à la consommation, qui a atteint 5,9 % sur une base annualisée. La situation a frappé le pouvoir d’achat des Marocains et alimente la colère sociale.

Ces derniers jours un énième rassemblement contre la hausse des prix a été interrompu par les autorités. Pourtant, le gouvernement a annoncé un plan d’aide pour aider les agriculteurs pour lutter contre l’inflation. Cependant la bouffée d’oxygène pourrait être moins grave, grâce à des développements positifs dans d’autres secteurs comme les services et l’industrie.

Depuis le début de l’année, le gouvernement a doublé les subventions au carburant et à la farine et a offert une aide financière directe aux travailleurs des transports qui avaient organisé une grève d’une semaine contre la hausse écrasante des coûts. Dans un contexte de crise qui est loin de voir le bout du tunnel, Akhannouch s’est également engagé à stimuler les investissements de l’État pour créer des emplois, mais le hic est que les finances publiques déjà secouées par des fortes subventions risquent d’en prendre un autre coup, à moins que le cycle d’endettement ne prend plus d’épaisseur.

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