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Les transferts de fonds vers le Royaume ont augmenté de 40% en 2021

A l’occasion de La Journée internationale des envois de fonds à la famille instaurée par l’Organisation des Nations Unies et dans l’objectif de célébrer les 5 millions de femmes et d’hommes marocains travailleurs migrants à travers le monde, H2OHUB en partenariat avec CAP Unlimited ont organisé un déjeuner-débat, sponsorisé par Wafacash, autour de la thématique “Les transferts de fonds un levier économique et social, l’impact de la pandémie COVID-19”.

En effet, plusieurs personnalités du monde économique et financier ont pris part à cet événement de haut niveau, notamment les représentants de la CGEM, des acteurs  du secteur privé, ainsi que des organisations non gouvernementales nationales et internationales.

Plusieurs personnes ont participé à un débat  autour de cette thématique crucial et au cœur de l’actualité. Elles ont ainsi mené une réflexion commune autour des solutions durables pour l’inclusion financière des familles bénéficiant des envois des fonds notamment dans le contexte de la crise sanitaire.

En effet, le phénomène de transfert de fonds touche à des aspects humains, socio-économiques et financiers. Il suscite un débat passionnant au sein de la classe politique, des chercheurs et des universitaires. Les transferts de fonds sont considérés comme étant une source de financement importante pour le Maroc.

Il est à noter dans ce sens que les transferts de fonds des migrants représentent aujourd’hui près du triple de l’aide publique au développement (APD) accordée aux pays à faible revenu. Ces derniers constituent la deuxième source de financement extérieur pour les pays en développement après les investissements directs étrangers (IDE).

Au Maroc, les transferts de fonds représentent un enjeu majeur et stratégique. En 2021, 5,89 milliards de dirhams à fin janvier 2021 ont été transférés contre 5,4 milliards de dirhams à fin janvier 2020, réalisant une hausse de 8,8%. Par rapport à fin janvier 2017, cette hausse s’élève à 24%, soit un différentiel de 1,14 milliard de dirhams (office des changes).

Plus encore, en 2021, les transferts de fonds vers le Royaume ont augmenté de 40% soit un record de croissance dans cette conjoncture de crise sanitaire que connait le monde. De plus, les envois de fonds vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ont augmenté de 7,6 % en 2021 pour atteindre 61 milliards de dollars. Ceci sous l’effet de fortes hausses vers le Maroc (40 %) et l’Égypte (6,4 %). Cette progression exceptionnelle s’explique par la croissance économique enregistrée dans les pays d’accueil de l’Union européenne, ainsi que par les migrations de transit, qui ont contribué à une hausse des envois vers des pays d’accueil temporaire comme l’Égypte, le Maroc et la Tunisie.

Les intervenants sont unanimes sur le fait que les transferts de fonds des migrants impactent significativement et positivement la croissance économique et l’investissement dans les pays de destination. Ceci dit, d’importants leviers devraient être activés pour assurer une véritable inclusion financière.  Cette manne financière que reçoivent les familles des migrants est principalement dédiée à subventionner leurs besoins en matière de logement, d’éduction, d’alimentation et de santé.

Des pistes sur la manière dont les transferts de fonds pourraient être utilisés afin de faciliter l’insertion des pays émergents dans les mécanismes de la finance internationale ont ainsi été présentées. Cette insertion serait d’autant plus nécessaire pour cause de diminution des aides publics au développement, qui obligerait les pays à se tourner vers des modes de financement privés, dits « innovants ». Une des pistes explorées concerne justement l’utilisation des transferts de fonds comme une garantie de revenus à moyen ou long terme.

En effet, pour les pays qui ne disposent pas de ressources jugées stables, comme celles découlant des réserves de matière première, mais qui disposent d’une diaspora importante, les transferts de fonds pourraient faciliter l’accès au crédit, car ils sont jugés stables, contracycliques, et peu enclins à décroître à l’avenir.

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