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mais pourquoi le prix du Gasoil a encore augmenté ?

Sans surprise, le prix du carburant a récemment connu une nouvelle hausse. Le prix du litre de gasoil et celui du gasoil premium ont augmenté de 84 centimes, selon une source de la Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants des stations-service au Maroc (FGNPS).

Une nouvelle hausse qui verra le prix du gasoil dépasser les 16 DH/L. Elle intervient après celle observée le 15 octobre dernier où le prix du litre du gasoil avait déjà augmenté de 1,62 DH/L, dépassant ainsi celui de l’essence, qui reste inchangé.

En effet, pour le SSP (essence) et le SSP premium, les prix sont restés les mêmes. Rien de surprenant. Depuis fin mars dernier, certaines stations-service affichaient déjà 14,28 DH/L de gasoil, tandis que celui de l’essence était à 14,14 DH/L. C’était la première fois que le prix du gasoil dépassait celui de l’essence. Un phénomène d’autant plus paradoxal que le gasoil a toujours été considéré comme le «carburant des pauvres». Comment s’explique ce surprenant changement ? Ce qu’il y a lieu de rappeler, c’est que nous vivons un choc pétrolier marqué par une hausse spectaculaire du prix du brut, imputable à la reprise économique mondiale post-Covid et à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, nous expliquait un spécialiste, soulignant que les perturbations de la «supply chain» avaient fait que ce produit est devenu plus convoité. Ce constat est toujours valable.

Aujourd’hui, on remarque encore un renchérissement de son prix à l’international, beaucoup plus que le super sans plomb, désormais moins demandé. Jusqu’ici, les centrales électriques au gaz naturel, qui présentent des émissions beaucoup polluantes, étaient promises à un bel avenir dans les pays occidentaux, notamment en Europe. Mais la guerre russo-ukrainienne est venue perturber cette tendance globale à l’amélioration de l’équilibre écologique. En effet, pour protester contre les sanctions occidentales, Poutine est bien décidé à priver le Vieux continent de sa précieuse énergie.

Pour parer à toute éventualité, les dirigeants européens constituent donc des réserves de gasoil pour faire tourner leurs centrales électriques alors que l’hiver approche à grands pas. De quoi voir s’éloigner le rêve de l’utilisation massive du gaz naturel, une énergie propre en remplacement d’autres combustibles fossiles.

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D’autres facteurs, notamment le mode de fabrication des deux carburants issus du pétrole brut, pourraient expliquer cette nouvelle donne. D’un baril de pétrole, qui contient généralement 159 litres, il est possible d’extraire 74 litres d’essence et seulement 35 litres de gasoil. Or, en raffinerie, le diesel coûte plus cher à fabriquer que l’essence. Ce dernier s’obtient à seulement 70 degrés, alors qu’il faut chauffer à près de 250 degrés pour raffiner du gasoil, impliquant ainsi des coûts plus élevés. En parallèle, la matière brute dont sont extraits l’essence et le gasoil se fait rare sur le marché mondial.

En plus, les 23 pays de l’Opep+ ont récemment décidé d’une baisse importante de leur production de pétrole. Cette mesure, qui vise à faire remonter les prix, inquiète aujourd’hui nombre de spécialistes. Une inquiétude légitime même si les prix du pétrole ont reculé lundi, en raison des craintes de ralentissement économique en Chine, poids lourd de l’économie mondiale, qui persiste dans sa politique zéro Covid. Il n’est pas exclu que le prix des carburants connaisse de nouvelles hausses, dans les semaines à venir, suite à la décision des 23 pays de l’Opep+ de baisser leur production quand on sait que les commandes arrivent chez nous avec au moins 45 jours de délai. En gros, cela signifie que l’impact de cette décision reste à venir, et les prix des matières importées risquent de connaître de fortes hausses, les opérateurs internationaux répercutant directement l’augmentation de la composante énergie dans leur structure de prix.

Et le marché de l’auto ?
Alors que le diesel est généralement plus économe mais que le moteur essence est recommandé pour tous ceux qui roulent peu, et de préférence en ville, la question est de savoir si cette variation des tarifs à la pompe peut avoir un impact sur le marché de l’automobile au Maroc ? Ce qui est certain, c’est que la hausse de ces deux carburants est une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Autre certitude, «les habitudes sont là et les consommateurs vont mettre du temps avant de changer de comportement», expliquait dans une précédente édition Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Ce qui va se passer en réalité, disait-t-il, c’est que l’offre disponible va devenir de moins en moins diésélisée, notamment avec l’arrivée de la motorisation hybride, avant de franchir le cap vers l’électrique. En gros, cela ne va pas changer fondamentalement la demande, mais ce sera un bon signe que d’aligner l’éthique sur l’essence et le diesel.

Khadim Mbaye




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