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Risque ou opportunité pour le Maroc ?

Si l’on croit l’adage « le malheur des uns fait le bonheur des autres« , le chamboulement des chaînes d’approvisionnement à travers le monde avec tous ses dégâts pourrait être bénéfique pour certains pays, dont le Maroc.

Les chaînes d’approvisionnement mondiales (CAM) sont devenues en effet une manière courante d’organiser les investissements, la production et le commerce dans l’économie internationale. Dans beaucoup de pays, et en particulier dans les pays en développement, elles ont créé des richesses et des emplois, estime Mustapha Bennani, expert consultant en Business Development strategy.

Pour le Maroc, cela représente de grandes opportunités de développement socio-économique et culturel d’une part, et de devenir, d’autre part, un acteur de premier ordre dans les Chaînes d’Approvisionnement Régionales et Mondiales, souligne-t-il dans une interview à la MAP.

Et d’expliquer que de par sa position géostratégique, le Maroc reste un point central dans les axes de développement et de coopération Nord-Sud (Europe-Afrique) et Est-Ouest (Amériques- zones MENA et EMEA), donc zone de passage et de transition à valeur ajoutée pour toutes chaînes d’approvisionnement opérant dans ces axes.

En outre, les ouvertures du pays vers l’international sont partie intégrante de la politique de développement économique marocaine et elle présente de nombreux et multiples avantages pour les investisseurs à fort potentiel.

Les atouts, ressources et compétences dont dispose le Maroc sont à même de répondre aux exigences les plus pointues, tant sur le plan structurel qu’organisationnel, pour développer des unités majeures dans les CAM et les CARégionales, a-t-il dit.

Pour M. Bennani, l’expérience cumulée de notre pays tant sur des projets d’envergure nationale, continentale et internationale lui confère la légitimité de prétendre à une telle position sur le plan régional et international.

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Ajouté à tout cela, la stabilité politique dont jouit le Royaume, la zone géographique non conflictuelle dans laquelle il se trouve, le climat tempéré dont il bénéficie et le fort potentiel de développement de ses régions, a-t-il relevé.

« Ce sont autant d’opportunités que nous nous devons de saisir pour donner au pays le niveau international qui lui revient et qu’il mérite », a-t-il insisté.

En ce qui concerne les risques qu’il pourrait éventuellement y avoir, l’expert estime qu’ils seraient « minimes et calculés », si nous restreignons notre dépendance à l’essor à des facteurs maîtrisables, et que tout projet soit minutieusement examiné avant exécution et passage au plan d’action.

Il y aura toujours des réajustements à faire en cours de route mais ceux-ci auront déjà fait l’objet d’hypothèses et de leur(s) solution(s), de sorte qu’il n’y aurait quasiment plus de place pour l’imprévu sauf en cas de force majeure, a-t-il dit.

Pour arriver à atteindre cet objectif, il faudrait agir à différents niveaux dans le cadre d’un plan initial qui engloberait divers points.

Il s’agit notamment de renforcer les infrastructures dans les collectivités territoriales, favoriser et prioriser le développement dans les régions éloignées des grands centres, initier des rencontres régionales transfrontalières pour développer une coopération durable et mettre en place des processus solides et fiables entre les acteurs étatiques et ceux du privé quelle que soit l’importance de ces derniers.

Il s’agit aussi d’amorcer et établir des liens et des contacts avec toute entité répondant aux critères requis pour un partenariat (sur toutes les échelles), se positionner en leader et partenaire incontournable, réajuster la politique de Développement International (et National) aux réalités imposées par le contexte actuel et aux objectifs fixés et renouveler les accords bilatéraux et multilatéraux caduques et désuets s’il y en a.

D’autres leviers de réussite pourront être actionnés au fur et à mesure de l’avancement du processus, a-t-il noté.

Et d’ajouter que les grands projets internationaux, les divers plans de relance ainsi qu’une demande grandissante viendront compenser les risques liés aux perturbations des CAM.

L’instauration de chaînes d’approvisionnement régionales et le développement des capacités de production régionales vont drainer des investissements importants dans des secteurs tels que la technologie et l’automatisation, et d’autres secteurs comme le commerce de détail, l’automobile ou l’aérospatial (pour ne citer qu’eux) pourraient se restructurer et amener une réaffectation du capital et des moyens humains.

Dans le même ordre d’idées, l’expert estime que la relocalisation de la production semble être la voie à suivre et la solution pour parer à ces perturbations. « Comme le passage de CAM à CARégionales va prendre le temps de s’installer, le Maroc a toutes les chances de réussir à s’imposer de fait », conclut-il.

Avec MAP

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