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Ce qu’il faut retenir de la 14ème édition du sommet au Maroc

La Maroc, trait d’union entre l’Afrique et ses partenaires mondiaux. Tenu entre le 20 et le 22 juillet dans la ville ocre, ce sommet économique a été lancé par le discours du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Il y a souligné l’importance du Maroc, ainsi que le rôle capital du pays à l’échelle internationale, voyant le royaume comme un « trait d’union » entre le continent et la première puissance économique mondiale. Le ministre a ainsi évoqué les fortes relations maroco-américaines, rappelant que le Maroc est le premier et le seul pays africain à avoir un accord de libre-échange avec les États-Unis.

Un autre sommet États-Unis–Afrique à Washington

Dans un communiqué, rendu public le jour de l’ouverture des travaux du sommet, le président américain, Joe Biden, a indiqué qu’un sommet similaire aura lieu à Washington du 13 au 15 décembre prochain. Selon la Maison Blanche,  le sommet de Washington devrait “mettre en avant l’engagement durable des États-Unis envers l’Afrique et souligner l’importance des relations américano-africaines et d’une coopération accrue sur les priorités mondiales partagées”.

Plaidoyer pour des systèmes de paiement panafricains

L’“Intégration des systèmes de paiement en Afrique” a aussi été un thème transversal dans les différents échanges. Cela s’est vérifié particulièrement lors de la troisième plénière durant laquelle les spécialistes ont plaidé pour la mise en place d’une plateforme panafricaine.

Selon les intervenants, cet outil devrait permettre aux entreprises et aux gouvernements de commercer entre eux au sein des différents marchés africains, de manière instantanée, transparente, et en monnaies locales. Dans ce sens, ils sont également revenus sur l’attrait de la technologie qui continue à changer, à un rythme effréné, le monde de la finance.

Zbir Adil, directeur Payment oversight auprès de Bank Al Maghrib, a profité de l’occasion pour rappeler l’importance des paiements mobiles. “Les solutions de paiement mobile, par exemple, représentent une opportunité unique, tant en termes de développement commercial que social ; cependant, il convient de se pencher davantage sur les questions liées à la cybersécurité en Afrique”, a-t-il déclaré.

Le pouvoir aux femmes et aux jeunes en Afrique

Le Sommet a accordé une grande importance à la place des femmes et des jeunes en Afrique. Reconnaissant que même si la situation est loin d’être parfaite et que des clivages persistent toujours entre les différents pays du continent, les intervenants ont estimé que la région continue tout de même à progresser en faveur d’une amélioration des opportunités économiques des femmes et des jeunes.

Ils ont aussi souligné la nécessité de déployer des investissements conséquents et d’être engagés dans de nouveaux projets sectoriels afin de contribuer à améliorer la situation des femmes et des jeunes. Ils se sont donc accordés sur le fait qu’il faudra plus d’efforts et des investissements plus conséquents sur le long terme afin de réussir à transformer durablement leur situation.

L’industrie automobile, secteur d’avenir pour le continent

Les grands constructeurs automobiles commencent aujourd’hui à se tourner massivement vers l’Afrique, à la fois pour la production et pour son marché de consommation en croissance. Ainsi, lors de ce sommet, les intervenants sont revenus sur l’importance du secteur automobile et de son industrie en Afrique.

« Lorsque j’ai commencé à parler du développement d’une industrie automobile au Ghana, tout le monde a commencé à rire dans mon dos. Il s’agit pourtant du secteur industriel qui offre des perspectives extraordinaires pour mon pays », a déclaré Hol Alan Kyerematen, Ministre du commerce et de l’industrie du Ghana.

De son côté, Mohamed Bachiri, directeur de Renault Maroc, est revenu sur la nécessité de travailler main dans la main avec le gouvernement « nous travaillons étroitement avec le gouvernement marocain pour mettre en place des écosystèmes de fournisseurs sans cesse plus innovants et pour porter les taux d’intégration locaux . En volumes de production, nous devions dépasser ceux de l’Italie, malheureusement la crise Covid est passée par là et a dû ralentir nos objectifs ».

L’avenir du commerce et des investissements entre les Etats-Unis et l’Afrique : « Ambition, ambition, ambition ! »

Autre thématique majeure abordée par le sommet: l’avenir du commerce entre les deux continents. « Ambition, ambition, ambition! », tels furent les mots prononcés haut et fort par Ryad Mezzour, ministre marocain de l’industrie et du commerce. « Ce qu’il faut à l’Afrique c’est de l’ambition, mais aussi des talents qui ont envie de travailler. Avec ces deux ingrédients aucune limite n’est possible! », a-t-il déclaré sous les applaudissements d’une salle conquise.

De son côté, Arun Venkataraman, de l’US Departement of commerce, a affirmé : « nous avons besoin d’apprendre à parler le même langage que celui de l’Afrique et de dépasser tous les stéréotypes susceptibles de faire passer ce continent comme étant à risques pour les affaires.

Et d’ajouter: « En Afrique, beaucoup d’investisseurs étrangers se se sentent encore en proie face à un équilibre fragile qui semble subsister quelque part entre risque et agilité. La chose que l’on regrette c’est peut être l’absence d’une institution qui puisse conforter davantage l’investisseur dans le sens où ce sentiment de risque qu’il ressent n’est pas toujours justifié ».

La connexion entre les ports atlantiques continentaux

Une conférence a été organisée autour de l’importance stratégique du littoral atlantique du continent sous la thématique « Connecter la bande côtière atlantique en vue d’une meilleure intégration au sein des chaînes de valeur internationales ».

Durant cette conférence, les intervenants ont déploré le nombre très réduit en ports de grande profondeur et leur faible contribution au développement du secteur du transport et de la logistique. Ils ont en outre pointé du doigt la faiblesse en matière d’intégration de nombreux ports africains dans leur environnement, en plus d’évoquer la désuétude des infrastructures routières et ferroviaires qui relient ces ports à leur arrière-plan continental.

Bien que la longue façade côtière du continent traverse de nombreuses grandes économies africaines, la part de l’Afrique au sein du marché mondial des transports ne dépasse guère 4 %, contre 60 % pour l’Asie, statistique largement améliorable.

Sanaa El Amrani, Directrice du Département des Ports au Ministère de l’Equipement et de l’Eau, a qualifié l’expérience portuaire marocaine de « success story » étant donné qu’elle a abouti à de nombreuses réalisations importantes. Elle a également souligné que l’efficacité du système portuaire africain passait aussi par la liaison des ports du continent, tant physiquement que numériquement.

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