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Evolution de l’ordre mondial, une opportunité pour l’Afrique ?

Des champions continentaux comme le Maroc montrent la voie

Le Maroc a toujours prôné une coopération Sud-Sud pour permettre aux différents pays à l’échelle du continent de partager «les best practices» et échanger les expertises. Au cours des dernières années, le Maroc en compagnie de ses partenaires étrangers et africains, a multiplié les initiatives.

Le monde autour de l’Afrique est en train de changer. Les profondes mutations en cours auront probablement un grand impact sur l’Afrique appelée plus que jamais à devenir à son tour un acteur et prendre son sort en main. Sur ce chemin, l’Afrique peut compter sur des champions continentaux, notamment le Maroc. Il faut dire que les Africains vont devoir faire face aujourd’hui et dans les prochains mois à des défis importants liés à la sécurité alimentaire. La situation est telle que le conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement vient d’approuver une facilité de 1,5 milliard de dollars pour aider les pays africains à prévenir une crise alimentaire imminente.

Avec la perturbation des approvisionnements alimentaires résultant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’Afrique est désormais confrontée à une pénurie d’au moins 30 millions de tonnes de denrées alimentaires, en particulier de blé, de maïs et de soja importés de ces deux pays. Les agriculteurs africains ont un besoin urgent de semences et d’intrants de haute qualité, et ce avant le début de la saison agricole en mai, afin d’accroître immédiatement les approvisionnements alimentaires. La facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars de la Banque africaine de développement est une initiative globale sans précédent, visant à aider les petits exploitants agricoles à combler le déficit alimentaire.

La facilité africaine de production alimentaire d’urgence fournira des semences certifiées à 20 millions de petits exploitants agricoles africains. Elle élargira l’accès aux engrais et leur permettra de produire rapidement 38 millions de tonnes de denrées alimentaires. Cela représente une augmentation de 12 milliards de dollars de la production alimentaire en seulement deux ans. La facilité créera également une plateforme pour plaider en faveur de réformes politiques essentielles afin de résoudre les problèmes structurels qui empêchent les agriculteurs de recevoir des intrants modernes. Cela inclut le renforcement des institutions nationales chargées de superviser les marchés des intrants. Les défis sont énormes. Si la communauté internationale pourra se mobiliser pour les continents, une solidarité intra-africaine pourrait également apporter des solutions. Dans ce sens, le Maroc a toujours prôné une coopération Sud-Sud pour permettre aux différents pays à l’échelle du continent de partager «les best practices» et échanger les expertises. Au cours des dernières années, le Maroc en compagnie de ses partenaires étrangers et africains, a multiplié les initiatives. Le domaine agricole est l’un des secteurs de prédilection de cette coopération.

C’est le cas notamment pour l’initiative triple A. Lancée en amont de la COP22 organisée au Maroc, l’Initiative pour l’adaptation de l’agriculture africaine (AAA) vise à réduire la vulnérabilité de l’Afrique et de son agriculture aux changements climatiques. Elle promeut et favorise la mise en place de projets concrets pour améliorer la gestion des sols, la maîtrise de l’eau agricole, la gestion des risques climatiques et le renforcement des capacités et solutions de financement. L’initiative constitue non seulement une réponse clé aux changements climatiques, mais également à l’insécurité alimentaire. Elle a pour objectif de mettre l’adaptation de l’agriculture africaine au cœur des débats et des négociations climatiques et de capter une partie substantielle des fonds climat. Dans son volet solutions, elle vise aussi à contribuer au déploiement de projets agricoles concrets. Mais il y a d’autres domaines où le Maroc initie des projets à dimension panafricaine. L’exemple type de ces projets est bien évidemment celui du gazoduc Nigeria-Maroc.

Lancé en 2016 à Abuja sous la Présidence de SM le Roi Mohammed VI et du Président nigérian Muhammadu Buhari, ce projet d’envergure reliera les ressources gazières du Nigeria, celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et le Maroc et favorisera ainsi l’intégration économique régionale. En juin 2018, ce projet est entré dans une nouvelle phase. En effet, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan et de SAR le Prince Moulay Rachid, et le Président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, ont présidé la cérémonie de signature de trois accords de coopération bilatérale, dont un relatif au projet stratégique du gazoduc Nigeria-Maroc.

Ce dernier qui mesure approximativement 5.660 km devrait se faire en plusieurs phases et répondre aux besoins croissants des pays traversés et de l’Europe au cours des 25 prochaines années. Ce genre de projet montre bien comment l’Afrique est aussi capable de s’inscrire dans la dynamique mondiale visant à trouver des solutions aux principaux défis de l’humanité.




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