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La Caisse de compensation renflouée de 16 milliards DH

Un décret adopté en Conseil de gouvernement pour ouvrir de nouveaux crédits dans le budget de fonctionnement et des charges communes

Ce projet a pour objectif également de poursuivre la politique du gouvernement visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens à travers le maintien des prix de vente locaux concernant le gaz butane ainsi que pour assurer la stabilité des prix du sucre.

Le gouvernement déploie de nouveaux moyens pour stabiliser les prix. En effet, le Conseil de gouvernement a examiné et approuvé le projet de décret n° 2.22.410 pour l’ouverture de crédits additionnels dans le cadre du budget de fonctionnement – charges communes. Présenté par Faouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du budget, ce projet vient accompagner la dynamique du marché international concernant les produits subventionnés au cours des cinq premiers mois de l’année en cours, ayant connu des pressions et des modifications importantes sous l’effet de la reprise économique après la pandémie de Covid-19 sans oublier les répercussions des tensions géostratégiques dans certaines régions du monde. Selon un communiqué du gouvernement à l’issue de sa réunion hebdomadaire, ce projet a pour objectif également de poursuivre la politique du gouvernement visant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens à travers le maintien des prix de vente locaux concernant le gaz butane ainsi que pour assurer la stabilité des prix du sucre, ce qui a conduit à l’augmentation conséquente des dépenses de compensation par rapport aux crédits ouverts dans le cadre de la loi de Finances de 2022. Dans ce sens, le gouvernement a décidé de recourir à l’ouverture de crédits supplémentaires d’un montant de 16 milliards de dirhams, pour couvrir les frais de la Caisse de compensation.

Réforme des marchés publics

Par ailleurs, le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances a fait une présentation sur la réforme du cadre légal de l’organisation des marchés publics. Dans les détails, le responsable a indiqué que cette démarche est dictée par un contexte national et international marqué par de profondes transformations et des changements rapides. La présentation a souligné que la réforme a pris en considération les recommandations du comité sur le nouveau modèle de développement, qui considère les marchés publics comme un levier efficace pour le développement économique et la création de richesses sans oublier le programme gouvernemental qui consacre le rôle des marchés publics comme un moyen d’encourager l’investissement, relancer l’économie et soutenir les petites et moyennes entreprises. Les impératifs de la reprise économique en période post-pandémique sont également pris en considération. La présentation a fait savoir que cette réforme a été basée sur une approche participative axée sur la coordination et la convergence, comprenant 13 axes. Il s’agit notamment du renforcement du mécanisme de préférence nationale et le soutien à la valeur ajoutée locale ; la modernisation des méthodes de passation des marchés publics, l’encouragement de l’innovation et la simplification des procédures. La réforme consacre également la dimension économique, sociale et environnementale aux marchés publics. Elle améliore la gouvernance et renforce la transparence dans le domaine des marchés publics.

Options

Devant les parlementaires, le ministre délégué chargé du budget a fait savoir que trois options sont possibles pour faire face à la conjoncture actuelle. La première consiste à recourir à la Caisse de compensation pour maintenir la stabilité totale des prix, ce qui va nécessiter un effort financier de 74 milliards de dirhams, soit des dotations financières supplémentaires de près de 60 milliards de dirhams par rapport aux prévisions de la loi de Finances, ce qui nécessitera l’annulation d’investissements publics, y compris ceux relatifs aux secteurs prioritaires (santé, éducation…).

La deuxième option consiste à réduire les taxes sur les produits pétroliers dont le revenu annuel moyen est au total de 26 milliards de dirhams, ce qui affectera négativement les équilibres budgétaires. «Pour toutes ces considérations, la troisième option est considérée comme le choix optimal pour nous. Il est basé sur l’exploitation de toutes les marges financières disponibles afin de limiter la hausse des prix dans le cadre d’une vision équilibrée qui ne met pas en péril les intérêts supérieurs du pays et des citoyens, en ce moment et à l’avenir, sachant que les résultats obtenus pour contenir le taux d’inflation notamment confirment l’efficacité de ce choix», a conclu Fouzi Lekjaa.

Inflation maîtrisée

Le taux d’inflation au Maroc a atteint 4% jusqu’en mars de cette année, contre 8% aux États-Unis d’Amérique, 6,1% dans la zone euro et 7,2% en Tunisie en mars 2022. «Cela signifie que le Maroc a pu limiter cette tendance à la hausse de l’inflation au niveau le plus bas possible, soit 4%, par rapport aux autres pays avec un grand potentiel économique ou des pays appartenant à la même région géographique. Bien sûr, ce résultat n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt d’une politique volontariste forte et des décisions difficiles qui nécessitaient des calculs minutieux. Nous avons dû trouver un équilibre entre un gros effort financier pour soutenir les matières premières et les filières touchées, tout en maintenant l’effort de développement découlant d’une vision royale globale avec des dimensions stratégiques en plus des engagements du gouvernement dans le cadre du modèle de développement», a expliqué Fouzi Lekjaa dans une réponse devant les parlementaires.


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