«Roh El Mellah» forme les artisans à la protection du patrimoine juif marocain

Une exposition célèbre cette production artistique à Fès jusqu’au 25 juin

L’héritage culturel juif marocain fait partie intégrante du patrimoine national. Afin de le protéger et transmettre les savoir-faire ancestraux, un cycle de formation pour les artisans a été initié par l’association Mimouna, le ministère du tourisme et de l’artisanat, la Fondation Mohammed V et la Chambre d’artisanat de la Région Fès-Meknès dans le cadre du projet «Roh El Mellah». «Dans le cadre du projet «Roh El Mellah», étant un projet financé par l’Agence américaine pour le développement international et implémenté par l’Association Mimouna et la Fédération séfarade américaine, nous œuvrons à faire revivre et promouvoir l’héritage juif marocain dans les mellahs des trois villes Rabat, Fès et Essaouira», indique l’Association Mimouna dans un communiqué.

Dans ce sens, un groupe d’artisans des villes de Rabat, Salé, Fès, Sefrou, Meknès, Safi et Essaouira a pu bénéficier de cette formation sur les savoirs relatifs aux objets de design liés à l’art et au culte juifs. «Cette formation, première du genre au Maroc, a plusieurs ambitions. Il s’agit de transmettre aux artisans des savoirs ancestraux liés à notre patrimoine juif, d’offrir à la fois un nouveau regard et une continuité au design judéo-marocain et s’ouvrir sur un nouveau marché en offrant un produit adéquat aux touristes juifs et/ou israéliens que le Royaume reçoit en grand nombre depuis l’ouverture des vols directs entre le Maroc et Israël», explique la même source ajoutant que c’est une démarche volontariste qui marque l’histoire du patrimoine judéo-marocain.

Ainsi, la formation et le suivi de cette initiative ont été assurés par trois femmes, à savoir Devorah Michael, une New-yorkaise d’origine mexicaine experte en objets judaica, Meriam Ghandi, une architecte et designer marocaine experte en design lié à l’artisanat marocain, et Zhor Rhihel, conservatrice du musée juif de Casablanca. Les formatrices ont animé plusieurs présentations sur les fêtes juives, les articles de judaica ainsi que les nouvelles tendances en matière de design dans l’artisanat.
Après avoir reçu un accompagnement de plusieurs mois, les artisans ont exprimé leur intérêt à la création d’objets artisanaux judaica marocaine. Cette collaboration a donné naissance à une collection d’objets d’art que l’ensemble des concernés par cette initiative ont voulu célébrer et partager par l’organisation d’une exposition itinérante. Cette exposition fait une première escale dans la ville de Fès du 21 au 25 juin à la Fondation Mohammed V, Centre de formation et de qualification dans les métiers de l’artisanat. Le vernissage s’est tenu le lundi 20 juin.

A noter que Mimouna est une association culturelle à but non lucratif créée en 2007 à Ifrane par de jeunes étudiants musulmans désireux de promouvoir et de préserver l’héritage judéo-marocain. Depuis cette date, l’association a étendu ses activités au niveau national afin de s’engager de manière dynamique dans l’éducation de la jeunesse marocaine au patrimoine juif marocain. Le nom «Mimouna» symbolise un héritage commun à tous les Marocains. Traditionnellement célébrée à la fin de Pessa’h, la pâque juive est une fête typique aux juifs du Maroc.


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