Santé mentale : l’appel du CESE

La santé mentale préoccupe. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que le suicide reste l’une des principales causes de décès dans le monde, principalement dû aux problèmes de santé mentale, de solitude et d’isolement. Et les budgets dédiés à ce fléau restent encore insuffisants. En 2021, les budgets de santé nationaux ne consacrent en moyenne que 2% à la santé mentale. Dans une étude publiée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale (10 octobre), le Conseil économique, sociale et environnementale (CESE) appelle à l’élaboration des politiques et programmes publics concertés de promotion de la santé mentale et de prévention des troubles mentaux et des risques psychosociaux. L’Instance préconise notamment une révision du projet de loi 71-13 relatif à la lutte contre les troubles mentaux et à la protection des droits des personnes atteintes de ces troubles avant son adoption.

Cette étude sur la question de la santé mentale au niveau national inclut un volet sur le suicide et les moyens de le prévenir. Elle a été réalisée dans le cadre d’une saisine du Chef du Gouvernement, et vise à identifier les principaux problèmes et dysfonctionnements à traiter en matière de politique de santé mentale, de prise en charge des troubles mentaux et de prévention du suicide. Pour le CESE, la question de la santé mentale « est encore abordée de manière sectorielle, sous le prisme de la maladie mentale, occultant, ainsi, le rôle prédominant des déterminants socioculturels de la santé ». Ces déterminants ont trait à la violence familiale et sociale, les discriminations à l’égard des femmes, les conditions de travail en milieu professionnel, les moyens de protection des enfants, des personnes âgées et des personnes en situation de handicap ainsi que la persistance de normes sociales préjudiciables et de stigmatisation de la maladie mentale, relève-t-il.

Par ailleurs, plusieurs insuffisances ont été constatées au niveau du cadre légal et de l’expertise judiciaire psychiatrique et psychologique. A cela s’ajoutent les difficultés liées à l’internement judiciaire en établissement psychiatrique, à titre préventif ou pénal, pour les personnes présentant des troubles mentaux. Ces difficultés, explique le CESE, sont aggravées par les insuffisances en matière de capacité litière et d’infrastructures dédiées.

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