EconomieLe Matin

La responsabilité du SMAP n’est pas engagée en cas d’arnaques

Les initiateurs de SMAP Immo ont gagné le pari d’organiser l’édition 2022 en présentiel du 24 au 26 juin à Paris, après deux ans de pause ponctuée par une édition virtuelle. Invité de l’émission L’info en Face du Groupe Le Matin, Samir El Chammah, organisateur de l’évènement, revient surtout sur cette réussite qui a bravé le contexte de crise et sur les affaires d’escroqueries de certains promoteurs immobiliers dont il rejette la responsabilité.

L’organisateur de SMAP Immo jubile, en exprimant toute sa joie après avoir réussi à tenir cet évènement en présentiel du 24 au 26 juin à Paris, suite à deux années de repos forcé. «Nous sommes restés sans activité pendant plus deux ans, alors que nous sommes dans l’industrie de l’événementiel. Pour moi, l’édition de cette année est une édition hors-série montée en deux mois. Ce qui prouve que nous sommes résilients», déclare Samir El Chammah, PDG de SMAP Group, invité de l’émission L’info en Face du Groupe Le Matin, qui s’est rendue, du 24 au 26 juin, au SMAP Immo 2022 de Paris.
L’impact est tel que l’édition 2022 n’était pas prévue, révèle l’organisateur du Salon. «Nous avons attendu l’ouverture des frontières, vers le mois de février. Nous avons pris la décision, car nous ne pouvions pas rester absents plus de deux ans et nous avons besoin de rester en contact avec nos visiteurs et nos exposants. Nous avons donc pris attache avec nos partenaires historiques. Certains n’étaient pas dans une situation financière qui leur permettait de participer, d’autres avaient déjà clôturé leurs budgets. Quelques-uns ont pu nous rejoindre lors de cette édition. En deux mois et demi, nous avons pu réunir tout ce beau monde», se félicite Chammah. Mais le nombre d’exposants aurait pu être plus important. «Le seul point qui nous a perturbés lors de l’organisation de cet événement c’est l’obtention des visas. Le process est particulièrement long. Nous aurions facilement pu avoir 15 à 20% de promoteurs de plus. Nous avons obtenu beaucoup d’accords de principe conditionnés par l’obtention du visa. Ceci dit, nous remercions le consulat de France à Casablanca qui a joué le jeu dans des délais aussi serrés», partage le PDG de SMAP Group.

Un secteur impacté par la crise

Mais il n’y a pas que l’organisation du Salon qui a pâti des effets de la crise et de la guerre Ukraine-Russie. «Si des constructeurs ont des projets immobiliers en cours de construction, ils ont certainement été impactés par les effets de la crise. D’ailleurs, la Fédération nationale des promoteurs immobiliers a tiré la sonnette d’alarme à ce propos. J’ai cru comprendre que les autorités marocaines sont en train de trouver des solutions avec les promoteurs», explique Chammah.

Des visiteurs au rendez-vous

Qu’en est-il des visiteurs ? Ils sont composés d’une bonne partie de la Diaspora marocaine. «Mais nous avons également 10 à 15% de Français», explique le PDG de SMAP Group. Et certains d’entre eux, il faut le dire, en veulent au SMAP Immo, car ils ont placé, pour certains, les économies de toute une vie dans des biens immobiliers qu’ils n’ont jamais reçus. Pour Samir El Chammah, PDG de SMAP Group, cette catégorie de clients en veut plutôt aux concernés qui ne leur proposent pas de véritables solutions. Le SMAP, rappelle Chammah, n’est qu’une plateforme qui permet à un visiteur de venir à la rencontre des promoteurs immobiliers et de comparer les offres disponibles sur le marché, s’informer sur les offres de financement et obtenir une information juridique. «C’est un parcours visiteur que nous offrons à nos visiteurs. Certes nous avons un devoir de sensibilisation à l’amont, mais nous ne pouvons pas forcer un acquéreur potentiel à suivre le Conseil du SMAP Immo», précise Chammah.

Et d’ajouter : «Concernant les litiges qu’ils ont avec certains promoteurs, notamment Bab Darna, nous sommes aussi victimes et nous avons porté plainte, car nous avons été escroqués comme les autres. Quand nous sommes partis voir le responsable de ce projet, il nous a montré des documents et nous a référencés chez son notaire, qui était complice. On est en train de trainer deux ou trois malheureuses affaires qui datent de 10 ans, à part l’affaire Bab Darna, pour lesquelles notre responsabilité ne saurait être engagée. C’est pour cela que nous demandons aux visiteurs de rester vigilants. Et même en l’étant, vous voyez bien que l’on peut être victime de manœuvres malveillantes».
Pour l’organisateur, le SMAP Immo est devenu une occasion, pour certaines victimes pour se «défouler» et faire entendre leur cri de détresse. «Même si l’arnaqueur va en prison, la victime ne récupère pas forcément son argent. Il garde donc ce sentiment d’injustice. Le SMAP Immo est devenu, par la force des choses, un symbole et un espace pour faire passer le message des victimes. Ceci dit, le Salon n’est pas le seul espace où la Diaspora marocaine s’exprime. On la retrouve également à la Chancellerie ou encore au Trocadero», souligne Chammah. Les visiteurs viennent au SMAP Immo parce qu’ils font confiance au salon. «Nous avons des professionnels dont la notoriété n’est plus à démontrer et qui travaillent très dur et sont très honnêtes. Il faut aussi rendre hommage à ces professionnels», ajoute l’organisateur du salon.

Pour le PDG de SMAP Group, le salon fait partie «du plan média des exposants. Ils communiquent sur la radio, la télévision, la radio, internet et à travers le Salon. Si l’un d’eux n’est pas honnête, les visiteurs viennent au Salon avec leurs doléances et veulent savoir où se trouvent les responsables. Mais c’est une affaire de droit privé. Je ne me permettrai pas de me substituer aux autorités, mais il faut que l’on trouve une solution. Nous sommes très agacés par ces affaires», avoue Chammah. Il rappelle à ce propos que SMAP Immo est une grande vitrine dans la capitale française âgée de 25 ans et hyper médiatisée et qu’il est dommage de lier cet événement à ces affaires. «Réglons-les et arrêtons de faire des promesses qui ne sont jamais tenues à ces victimes et que chacun prenne ses responsabilités», appelle-t-il de tous ses vœux. Pour remplir son devoir de sensibilisation, le salon affiche, à l’entrée, les dix règles de l’acquéreur, organise des cycles de conférences renforcés grâce aux notaires partenaires bénévoles et fait appel à un expert spécialisé dans la prévention.


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