EconomieLe Matin

Le plaidoyer de Mohamed Abdeljalil

Les défis du secteur du transport et de la logistique sont les mêmes partout dans le monde. Il s’agit d’abord du défi de l’accessibilité, de la sécurité, de la qualité, de la dépendance énergétique, de l’externalité, de la technologie, de la vulnérabilité et du financement. Ce constat c’est celui de Mohamed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique, exposé lors d’une conférence, organisée par le centre Links de la FSJES de l’Université Hassan II – Casablanca, sur le thème «Les enjeux et les défis des secteurs du transport et de la logistique au Maroc».

Le secteur du transport et de la logistique fait face à plusieurs défis au même titre que dans d’autres pays. Il s’agit notamment du défi de l’accessibilité, de la sécurité, de la qualité, de la dépendance énergétique, de l’externalité, de la technologie, de la vulnérabilité et du financement. C’est ce qu’a indiqué Mohamed Abdeljalil, ministre du Transport et de la logistique, lors d’une conférence, organisée par le centre Links de la FSJES de l’Université Hassan II – Casablanca, sur le thème «Les enjeux et les défis des secteurs du transport et de la logistique au Maroc». Concernant, le défi de l’accessibilité, le ministre se réfère à la population rurale et rappelle que son taux d’accessibilité au transport, qui était de 54% en 2005, a atteint aujourd’hui 78%. Au niveau de la sécurité, les accidents de la route coûtent 1,7% du PIB. «Entre 1996 et 2000, nous étions sur une pente linéaire d’augmentation de la mortalité. Avec les stratégies mises en place, nous avons réussi à stopper cette croissance en dépit de la hausse du parc automobile.

En 2017, une stratégie a été lancée avec l’objectif de réduire de moitié le nombre de morts sur les routes. Aujourd’hui, les résultats sont mitigés puisqu’au bout de 5 ans, nous avons enregistré une baisse d’à peine 5%», souligne le ministre. Sur le volet qualité, une étude datant de 2010 fait ressortir que les Marocains estiment que le transport est convenable. Concernant le défi énergétique, le ministre rappelle que le poste carburant représente plus de 40% des charges des transporteurs avant les hausses actuelles des prix. «Ces augmentations auraient pu conduire à l’arrêt des activités si le gouvernement n’était pas intervenu. Cela pose la problématique de la dépendance énergétique du secteur», note le ministre. L’autre défi d’actualité est lié à l’externalité négative dans un contexte marqué par le réchauffement climatique.

Le secteur est polluant et représente 23% des émissions de gaz à effet de serre. Pour comprendre le défi de la vulnérabilité du secteur, il suffit de voir ce qui s’est passé durant le confinement, notamment pour le transport de personnes. La pandémie peut être morelle pour cette filière. L’autre défi, et qui n’est pas des moindres, est celui de la technologie. «Sur ce point, il faut qu’on puisse accompagner les ruptures technologiques, en faisant en sorte que ces ruptures soient utilisées pour améliorer le système du transport», précise Abdeljalil. S’agissant de l’éternel défi du financement, le ministre estime que «si on investit dans un système de transport classique, on va tomber dans un cercle vicieux qui est le recours accru au véhicule individuel et au taxi. Ce qui crée un coût de congestion caché et des besoins supplémentaires en infrastructures».

Perspectives

Quant aux perspectives, Abdeljalil déclare que «le gouvernement n’a pas encore une vision claire, car il n’est aux commandes que depuis peu». Toutefois, son département a arrêté quatre axes de travail. Il s’agit de celui lié à la mobilité des personnes qui vise à fournir aux citoyens un transport inclusif et durable répondant à leurs attentes. Le deuxième axe concerne le transport de marchandises et vise à faire de cette branche un vecteur de développement de la compétitivité économique. Le troisième axe, qui traite de la logistique, a pour objectif d’en accélérer sa réalisation dans la partie plateformes logistiques. Quant au quatrième et dernier axe, il est lié la transformation numérique du secteur et à l’amélioration de sa gouvernance. «Nous allons essayer de réaliser un diagnostic pour avoir une idée sur les meilleures pratiques. L’objectif est d’avoir un plan sur la mobilité et le transport à l’horizon 2030», conclut le ministre du Transport et de la logistique.

Jalal Baazi


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