Art & CultureLe Matin

Le romancier Malien Ousmane Diarra invité du SIEL

Khalid Rizk. Kacem Basfao et Ousmane Diarra. Ph. Kartouch

Le pavillon Invité d’honneur au Salon international de l’édition et du livre (SIEL) a ouvert la liste de ses conférences en abordant la thématique des «Contributions de la littérature à la construction de l’identité culturelle des jeunes africains par le récit», avec la participation de l’auteur, nouvelliste et romancier Malien Ousmane Diarra et de l’universitaire Khalid Rizk.

La transmission et la circulation des contes et récits populaires à travers les pays de l’Afrique permettent une connaissance mutuelle des peuples. C’est ce qu’a souligné récemment au SIEL Ousmane Diarra, ancien bibliothécaire à Bamako dans la section Jeunesse. Dans une conférence animée par le professeur universitaire et critique littéraire Kacem Basfao, il a expliqué l’importance de la littérature dans l’identité culturelle des jeunes africains. «Mais, tout cela ne peut se faire que par le biais de l’instruction.

Par exemple, moi qui ai vécu dans la campagne malienne, j’ai été obligé d’aller à l’école. Mais quand j’ai appris à déchiffrer les mots, je ne pouvais plus m’en passer. Car j’ai compris que le monde ne se limitait pas à mon village et qu’ailleurs il y a toute une civilisation et toute une culture. C’est-à-dire que le monde était beau, riche et divers. Dès que j’ai su cela, je me suis accroché aux études jusqu’à l’École normale supérieure. Et quand je me suis retrouvé à la bibliothèque, c’est devenu pour moi le paradis. Car, j’ai pu, avant d’écrire mes propres fictions, restituer les contes que j’avais écoutés tout petit auprès de mes grands-mères et que j’ai moi-même racontés aux enfants», précise l’écrivain Ousmane Diarra.

Et d’ajouter que si on ne laisse pas circuler ces imaginaires entre les pays africains, autrement dit livres et romans, nos jeunes ne pourront jamais connaître leur culture qui est très riche et plurielle. «Moi-même, je n’ai pu découvrir la littérature maghrébine, en général, et marocaine, en particulier, qu’à l’Institut français. Et si le livre circule, c’est grâce à ces Instituts français à travers le monde. Chose que nous devons faire nous-mêmes. Or dans les Instituts, les livres publiés au Maroc n’y sont pas». Ousmane a insisté sur le fait que c’est par la littérature que nous devons chercher à nous connaître d’abord, à nous appuyer, à corriger nos défauts, à dépasser les préjugés et prendre ce qui est meilleur pour construire une identité culturelle africaine plurielle.

Kacem Basfao a indiqué, à ce propos, que ce problème de circulation des livres n’existe pas uniquement entre les pays d’Afrique subsaharienne, mais aussi entre les pays du Maghreb. «S’il n’y a pas de circulation de l’imaginaire de chaque pays, il ne peut pas y avoir connaissance et construction. Un pays ne peut pas exister en tant que nation singulière, s’il n’a pas une seule littérature, plus particulièrement celle de l’enfant et de la jeunesse», affirme-t-il.

De son côté, le professeur Khalid Rizk a, dans son intervention, évoqué l’identité culturelle qui est «une composante essentielle de l’identité de chaque individu. Plus elle est plurielle, plus l’individu se sent à l’abri de toute forme d’égocentrisme et de fanatisme de tout bord. L’État marocain constitue un des modèles universels qui ont compris les enjeux de l’identité culturelle collective ou individuelle». C’est un fait qui a été très souligné dans le préambule de la Constitution de 2011.
«Comme dans la plupart des pays où la diversité culturelle est une richesse et un défi, la littérature pour la jeunesse constitue indubitablement un atout primordial. Au Maroc, depuis les années 1990, certaines éditions comme Yomad, Yanboua Al Kitab et Marsam déploient des efforts pour offrir aux jeunes lecteurs un produit attrayant sur le plan de la langue, des thématiques et de l’esthétique, s’inscrivent dans une démarche militante qui ambitionne de réhabiliter le livre destiné à l’enfance et à la jeunesse et en faire un secteur de l’édition».

Sans oublier, poursuit Rizk qui a travaillé dans la presse magazine destinée aux enfants, que l’écriture destinée aux jeunes est ce qu’il y a de plus difficile. D’ailleurs, certains de nos grands auteurs marocains l’ont essayée et abandonnée par la suite. Il a, aussi, attiré l’attention sur les publications occidentales, notamment francophones qui, même si elles sont diffusées au Maroc, ne prennent pas en considération les changements qui s’opèrent dans la société marocaine, dont la jeunesse est de plus en plus ouverte sur le monde extérieur grâce aux nouvelles technologies de la formation et de la communication. «Les supports multimédias et les nouvelles technologies de la communication, qui gagnent du terrain progressivement, mettent à mal le secteur de l’édition Jeunesse au Maroc et certainement dans le continent africain.

Dans ce contexte où les productions culturelles classiques sont concurrencées par les supports multimédias et le Net, la question de la construction de l’identité culturelle, dans le cadre de la mondialisation s’impose avec acuité aux écrivains, aux illustrateurs, aux parents et aux chercheurs», conclut-il.
Pour sa part, le fondateur de la filière des Métiers du livre, Kacem Basfao, a insisté sur le fait que la littérature Jeunesse ne doit pas être instrumentalisée par qui que ce soit, mais qu’elle doit être plus créative et plus imaginaire, afin de libérer les potentialités de l’enfant et ne pas lui donner des cadres. 


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