EconomieLe Matin

Les révélations de Jouahri à l’issue du conseil de Bank Al-Maghrib

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib.

Liste grise du GAFI, cryptomonnaies, crédits aux ménages, transferts MRE, emprunt international, … Voici les révélations du wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, lors du point de presse qui a suivi, mardi 21 juin, la 2e réunion du Conseil de la Banque centrale.

• Liste grise du GAFI : une sortie en septembre au plus tard

Le Maroc devrait sortir de la liste grise GAFI (Groupe d’action financière) dès septembre, au plus tard. C’est en tout cas l’objectif du groupe de travail marocain. «Un travail colossal a été fait jusqu’ici par l’ensemble des parties prenantes. Maintenant, il reste encore à appliquer quelques recommandations, qui se comptent sur le bout des doigts – ce que j’appelle les derniers 100 mètres – pour que le Maroc ne soit plus sur la liste grise dès septembre, au plus tard», a déclaré Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM), lors du point de presse qui a suivi, mardi, la 2e réunion du Conseil de la Banque centrale. Une réunion à l’issue de laquelle l’institution a décidé de maintenir inchangé à 1,50% son taux directeur.

• Marché financier international : Sortir ou pas ?

Au cours de cette rencontre avec la presse nationale, le wali de Bank Al-Maghrib a rappelé que BAM est attentive aux décisions prises par la Fed et la BCE. «Ce qu’elles font va impacter nécessairement les marchés. Si le Maroc décide, et c’est prévu par la loi de Finances, d’effectuer des sorties sur le marché international, ces resserrements vont impacter les conditions auxquelles le Trésor va emprunter sur le marché international et alourdiront à la fois les charges de la dette et les équilibres budgétaires», a-t-il souligné.
En effet, les 40 milliards de DH que prévoit de lever le Maroc intègrent les tirages qu’il compte faire auprès des organisations internationales (Banques mondiales, BAD, BEI, BERD, FMA et autres bailleurs de fonds). «15 à 20 milliards au titre de prêts multilatéraux. Le reste sera levé auprès du marché international. Les discussions sont déjà engagées avec les banques-conseils pour jauger la prime de risque du Maroc dans les conditions actuelles. Par ailleurs, il y a une échéance importante à payer, en décembre, au niveau de la dette du Trésor. Au vu de tous ces éléments, il appartient au ministère des Finances de juger s’il est opportun ou pas de sortir sur le marché international», précise le wali de la Banque centrale. Et d’ajouter «Si le Trésor effectue une sortie à l’international, dans les conditions actuelles, cette sortie sera vraisemblablement de l’ordre d’un milliard de dollars. Ce montant correspond à 8 à 10 jours d’importations de biens et services». Par ailleurs, Abdellatif Jouahri a rappelé que la ligne de précaution et de liquidité (LPL) à disposition du Maroc «n’a pas encore été utilisée. Et ni les statuts de BAM, ni ceux du FMI ne s’y opposent». En parallèle, révèle-t-il, la directrice générale du FMI a qualifié l’Assemblée annuelle de la Banque mondiale et du FMI, prévue pour octobre prochain à Washington, de moment opportun pour faire le point sur la ligne de crédit modulable (LCM) que le Maroc souhaite négocier avec le FMI.

• Durcissement pour les transferts MRE : BAM se prépare à toute éventualité

La Banque centrale, à travers son wali, réaffirme son ferme engagement pour le maintien de la possibilité à nos citoyens du monde de transférer leur argent au Maroc. La commission en charge de ce dossier continue de travailler sur la question. Nous préparons un draft, avec le GPBM, qui sera transmis au ministère des Affaires étrangères pour que, lors de ses discussions avec l’Union européenne, il dispose de toutes les données. «L’objectif est de se préparer à l’éventualité d’une réglementation de l’UE qui rendrait plus difficile le travail de nos banques avec nos MRE. Et certains pays ont déjà commencé à s’y prendre», affirme Jouahri.

• Crédits aux ménages : les banques seules maîtres de leurs décisions

Lors du point presse, Jouahri a rappelé qu’une réunion s’est tenue, le 7 juin, au siège de la Banque centrale, entre BAM, le GPBM, la Commission des finances et du développement économique au sein de la Chambre des représentants. «Lors de cette réunion, les banques ont rappelé que le crédit à ces populations constitue l’essentiel de leurs sources de bénéfice», a-t-il partagé. À ce titre, elles n’ont aucune raison de ne pas prêter de l’argent. Cela dit, «l’argent qu’elles prêtent est celui des dépôts de leurs clients. Elles doivent à ce titre rester vigilantes concernant les crédits qu’elles accordent», explique le wali de la Banque centrale. Pour l’institution, la responsabilité d’évaluer les risques clients et de décider, si oui ou non, un crédit peut être accordé incombe aux banques. «Et celles-ci, d’après les chiffres, donnent des crédits aux ménages comme aux entreprises. Notre travail est, cependant, de veiller à ce qu’il n’y ait pas de surendettement, surtout en cette période de crise dont souffrent beaucoup de ménages. Déjà endettés, certains d’entre eux ont décidé de prendre de nouveaux crédits dans l’espoir de s’en sortir», analyse Jouahri.

• Cryptomonnaies : le projet de loi avance «normalement»

Concernant le dossier des cryptomonnaies, le wali de Bank Al-Maghrib précise que la commission interne dédiée ainsi que ses sous-commissions s’activent. «Nous travaillons sur un projet de loi pour encadrer les cryptomonnaies. Ce travail est réalisé en partenariat et en concertation avec plusieurs partenaires et en regardant de près les expériences d’autres Banques centrales», partage Jouahri. Le tout se fait avec l’appui technique de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. «Par ailleurs, nous avons, à nos côtés, un conseiller international avec une expérience confirmée sur le plan international. L’objectif est de concilier innovation, ouverture aux nouvelles monnaies, défense des intérêts du consommateur et gestion des risques issus de l’utilisation de cette nouvelle génération de monnaies – blanchiment d’argent et financement du terrorisme», explique Jouahri pour qui cet encadrement à l’échelle du pays est une nécessité que certains appellent à renforcer par un encadrement international.

• Assurance Takaful : les dossiers antérieurs seront bientôt couverts

Le démarrage de l’Assurance Takaful au Maroc, avec l’autorisation de six banques à commercialiser ces produits, est une avancée plébiscitée par Jouahri. «Il y a un moment que nous travaillons avec l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) et le Conseil supérieur des oulémas pour permettre à l’Assurance Takaful de voir le jour et sur les contrats modèles qui vont avec. Pour nous, ces autorisations sont un événement positif. Nous sommes même en discussion avec l’ACAPS pour trouver une solution au stock d’opérations ultérieures (qui ne sont pas couvertes par une assurance Takaful, ndlr)», révèle Jouahri.


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