Art & CultureLe Matin

l’inspiration me vient en observant ce qui m’entoure

L’artiste-peintre marocain Mohamed Azouzi revient dans son pays natal pour une exposition retraçant sa riche et longue carrière. «D’ici & D’ailleurs» le réunit, jusqu’au 31 mai à la galerie Tatmin à Rabat, avec son ami Abderrahim Makhlouf, peintre et sculpteur marocain. Entretien avec ce fils du Tafilalet qui a parcouru le monde avec ses créations artistiques.

Le Matin : Vous exposez actuellement vos œuvres à Tatmin Gallery à Rabat. Que voudriez-vous refléter à travers l’exposition «D’ici & D’ailleurs» ?
Mohamed Azouzi : C’est une façon pour le public de voyager à travers nos deux univers inspirés de nos racines marocaines. Qu’ils puissent ressentir les émotions que nous avons voulu transmettre à travers notre travail artistique.

Que représente, pour vous, ce retour au Maroc ?
C’est le retour vers mes racines, j’y ai ma famille, mes frères, mes sœurs et de nombreux amis. Ça me fait du bien de revenir à la maison après autant d’absence.

Vous exposez avec votre ami Abderrahim Makhlouf. Pourquoi ce choix ?
Makhlouf est mon ami depuis plus de 20 ans, Mohamed le galeriste m’a laissé le choix ; faire une exposition personnelle ou alors inviter un ami à moi. J’ai immédiatement pensé à Abderrahim. C’est un superbe artiste d’origine marocaine comme moi, il mérite d’être exposé également.

Comment décririez-vous votre art ?
Riche en émotions, tout simplement.

Quels thèmes explorez-vous ?
Les thèmes que j’explore sont souvent liés aux scènes de la vie quotidienne. Les choses simples que vit l’Homme sont parfois les plus belles à retranscrire sur toile.

Quel est le moment le plus marquant dans votre carrière ?
C’est sans doute ma rencontre avec mon professeur à l’École des beaux-arts de Paris, Mr Bertolle. J’ai été parmi ses premiers élèves ! C’était une personne toujours à l’écoute, qui m’a encore plus donné envie de persévérer dans le monde de l’art. À la fin, c’était plus une relation amicale qu’une relation entre le professeur et son élève.

Quel est votre œuvre d’art favorite et pourquoi ?
Je les aime toutes de différentes manières (sourire).

Quel est votre processus de création ?
Mon inspiration vient en observant ce qui m’entoure ou en parlant avec quelqu’un, par exemple. Des fois, je marche dans la rue, je tombe sur des situations marquantes et singulières qui suscitent chez moi des émotions. Je prends mon carnet, j’y note des idées, des couleurs et en rentrant à l’atelier, je transcris tout cela.

À quoi ressemble votre lieu de travail ?
J’ai un peu du mal avec les ateliers bien ordonnés (rires). J’aime bien avoir mon petit bazar, des pinceaux & des crayons éparpillés c’est comme cela que je m’y retrouve. Une fois que mon œuvre est achevée, je peux tout remettre en ordre.

Quels sont vos prochains expositions ou projets ?
J’espère continuer sur cette lancée afin d’exposer de nouvelles toiles que cela soit en France ou au Maroc, ça serait avec grand plaisir.
 

Quelle est la description la plus mémorable de votre travail ?
Pour moi, chaque œuvre que je conçois est mémorable, peu importe sa taille ou encore le style utilisé.

Quel est votre souvenir le plus fort du Maroc ?
C’est sans aucun doute la dernière fois que je suis venu au Maroc. Mon père n’était plus de ce monde et c’est ma mère qui tenait le flambeau de toute la famille. Ils étaient tout pour moi, mon présent, mon passé, mon futur, ma lumière.

Qu’aimez-vous faire quand vous n’êtes pas en atelier ?
Vivre à ma façon, tout simplement. Malgré ma grande famille et mes nombreux amis, je tends à être une personne assez solitaire. J’aime bien me balader, écouter de la musique et surtout aller voir mes enfants et petits-enfants.

Qu’est-ce qui vous rend heureux ?
C’est bien sûr être aux côtés de mes enfants, mes petits-enfants et ma famille.

Quelle est votre devise dans la vie ?
Vivre au jour le jour et profiter de chaque instant que la vie me donne (sourire).

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Une histoire d’amitié et de créativité

L’exposition «D’ici & D’ailleurs» réunit plus de 30 œuvres de Mohamed Azouzi et Abderrahim Makhlouf à Tatmin Gallery à Rabat. Les créations de ces deux artistes marocains de renommée internationale permettent d’aller et revenir dans les philosophies et les traditions marocaines et de voyager dans le monde par l’abstraction. Mohamed Azouzi est un peintre marocain, originaire du Tafilalet. Ses œuvres sont baignées de couleurs rappelant l’Afrique avec un style artistique non figuratif et calligraphique. Il a exposé pour la première fois à Casablanca, puis à Paris, Tokyo et New York. Il expose pour la première fois à Rabat. Abderrahim Makhlouf est un peintre et sculpteur marocain. Il vit aujourd’hui entre Paris et Tanger. Dans ses œuvres, il essaye de présenter la complexité des relations qui lient les Hommes et les sociétés et de peindre les rapports observés et les relations vécues tout au long de ses déplacements. Ces deux peintres sont amis depuis de nombreuses années. Leurs histoires ont commencé au Maroc, leur amitié est née dans un coin de Paris, ils ont ensuite continué à explorer de nouveaux horizons : Amsterdam, Chefchaouen, New York, Moscou, Nancy… Ces artistes d’ici et d’ailleurs font du monde leur maison et enrichissent leurs tableaux de ces expéditions internationales. Leurs peintures sont influencées par leurs parcours personnels ainsi que par leurs racines et héritages communs.


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