Openchabab pour la promotion de l’esprit critique

Hicham Houdaïfa.

La maison d’édition «En toutes lettres» porte depuis 2018 Openchabab, un programme de formation au journalisme d’investigation et à la traduction en sciences humaines et sociales. Cinq sessions ont déjà été réalisées. Près d’une soixantaine de jeunes en ont bénéficié. Aujourd’hui, «En toutes lettres» développe son programme et lance le Mouvement Openchabab. Elle envisage de décliner la formation sur des sujets d’utilité publique, comme l’environnement, les migrations et la place de l’enfance. Plus de détails avec Hicham Houdaïfa, initiateur du projet.

Le Matin : En quoi consiste le mouvement Openchabab ? Et qui en sont les bénéficiaires ?
Hicham Houdaïfa
: À la fois master class et plateforme de diffusion, Openchabab s’adresse depuis 2018 à de jeunes journalistes, étudiants en journalisme et activistes de la société civile. Openchabab est une formation aux valeurs fondatrices d’un projet de société humaniste : mixité sociale et égalité des chances ; lutte contre l’extrémisme religieux et sécularisation ; égalité entre hommes et femmes ; libertés individuelles et démocratie participative. Cette formation thématique, dispensée par un réseau d’experts, se double d’une formation aux nouveaux outils du journalisme (datajournalisme, storytelling, podcast, vidéo). Les travaux sont produits en arabe, français et anglais, sur la base d’un terrain réalisé en milieu rural et en milieu urbain. Aujourd’hui, nous avons voulu aller plus loin en lançant le Mouvement Openchabab afin de toucher un plus grand nombre de jeunes.

Comment comptez-vous participer à développer l’esprit d’analyse et de critique auprès des jeunes ?
Notre outil premier est l’investigation, mais, dans le cadre du Mouvement Openchabab, nous comptons également multiplier notre offre vidéo et podcast puisqu’on le sait tous, ce sont ces supports qui touchent un plus grand public, surtout nos jeunes. Nous avons l’ambition d’investir grâce à ce volet audiovisuel, les réseaux sociaux. Parce que c’est là où ça se passe. Aujourd’hui, les jeunes s’informent sur WhatsApp, YouTube et les autres réseaux sociaux. Et le Mouvement Openchabab doit se réaliser également et surtout sur les réseaux sociaux, là où les fake news, les théories de complot et les discours de haine fleurissent. Et dans un pays où les pouvoirs publics ne jugent pas encore utile de faire de l’éducation aux médias et à l’information une discipline dès le primaire.

Comment convaincre les partenaires à vous suivre et quelle est justement votre cible pour le financement ?
Le 8 juin dernier, nous avons organisé un événement pour faire part de notre ambition pour Openchabab. Nous avons donc décidé de partager cette belle aventure avec de potentiels bailleurs de fonds. Nous espérons ainsi un accompagnement de leur part pour concrétiser ces objectifs.

Comment voyez-vous le mouvement Openchabab dans les années à venir ?
Openchabab prendra la forme d’un mouvement pour la promotion de l’esprit critique. Un mouvement qui sera incarné par des clubs dans les universités et les écoles supérieures. Les activités de ces clubs seront pilotées par des bénéficiaires du programme Openchabab. Et le cursus sera centré sur les quatre valeurs introductrices à la modernité ainsi que sur l’investigation comme outil principal de la promotion l’esprit critique. D’autres modules seront ajoutés pour les besoins de la construction de l’esprit critique comme l’identification des théories de complot, du discours de haine, des fausses informations et une initiation à l’éducation aux métiers de l’information. En parallèle, Openchabab s’ouvrira sur d’autres thématiques à caractère citoyen et d’utilité publique. Des thématiques comme celles de la migration, de l’environnement, protection de l’enfance, le droit à la culture… L’idée, c’est de donner aux bénéficiaires les outils pour prendre part au débat public par rapport à ces sujets d’actualité en connaissance de cause. Notre équipe de formateurs et experts sont en train de travailler sur ces cursus qui seront fidèles au format classique d’Openchabab : Masters class pratiques, une formation sur les outils d’investigation, un terrain puis une restitution de ce terrain par des textes, podcast et autres vidéos.


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