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Le rôle des énergies renouvelables dans la décarbonation des industries exportatrices sous les projecteurs à Tanger

Le rôle des énergies renouvelables dans la décarbonation des industries exportatrices a été sous les projecteurs, vendredi à Tanger, lors d’un séminaire organisé par l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX).


Cette conférence-débat, organisée en partenariat avec Engie, Adiwatt et le Centre régional d’investissement de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (CRI-TTA), sous le thème « Les énergies renouvelables au service de la décarbonation des industries exportatrices », s’inscrit dans le cadre des actions d’information et de sensibilisation menées par l’Association, et vise à présenter des mécanismes et outils concrets pour accompagner les entreprises marocaines, notamment celles exportatrices, dans leur transition vers la décarbonation.


S’exprimant à cette occasion, le président de l’ASMEX, Hassan Sentissi El Idrissi, a souligné que le Maroc, sous le leadership éclairé de SM le Roi Mohammed VI, s’est fixé des objectifs ambitieux en la matière, en se basant sur les orientations de la stratégie nationale de développement durable, qui vise à assurer une transition verte et inclusive à l’horizon 2030, des engagements dans la production d’énergies vertes, et le projet de loi 13-09 sur les énergies renouvelables », a-t-il fait savoir, relevant que ces engagements augurent d’un bel avenir pour le Royaume.


M. Sentissi El Idrissi a, à cet égard, estimé que les entreprises et exportateurs marocains doivent accélérer la machine pour être au rendez-vous et être mieux armés devant les nombreuses exigences qui leur seront imposées dès l’année prochaine par les principaux marchés de destination, ainsi que participer à cet effort national de lutte contre les changements climatiques, afin de sauvegarder leurs parts de marché. 

« L’entrée en vigueur des restrictions (taxes et autres) est imminente et nos exportations risquent d’être rejetées si elles ne respectent pas les exigences de la décarbonation », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Nous devons voir l’environnement et l’économie aller de pair, et reconnaître qu’un avenir propre est le seul avenir possible et qu’une économie propre offre d’excellentes possibilités de développement pour nos entreprises ».


Il a ainsi invité les entreprises marocaines à s’engager activement dans cette transition vers la décarbonation, vu qu’elle constitue un levier de croissance durable pour les industries et l’économie nationale.

Pour sa part, le directeur général du CRI-TTA, Jalal Benhayoun, a mis l’accent sur l’importance de ce séminaire, dont la thématique constitue un véritable défi pour les entreprises exportatrices marocaines, estimant que le recours à l’énergie renouvelable, dans le contexte de crise économique post-pandémie et avec la flambée des prix de l’énergie, n’est plus un luxe mais une nécessité pour les industriels marocains, en particulier les exportateurs. 
« Cet enjeu prend de plus en plus de l’ampleur, si l’on ajoute la récente contrainte imposée par l’Union européenne, premier bastion des exportations nationales avec une part d’environ 70%, qui s’est fixé  pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, en imposant une nouvelle taxe carbone qui devrait être appliquée aux frontières de l’UE d’ici 2023 », a-t-il expliqué, relevant que cette nouvelle mesure entraînera certainement une pénalisation des exportateurs peu investis dans le verdissement de leurs produits, à travers une perte considérable en termes d’avantages comparatifs par rapport aux concurrents plus avertis et qui respectent les normes environnementales en vigueur.

M. Benhayoun a, dans ce cadre, fait savoir qu’un programme baptisé « Tatwir croissance verte » a été lancé en 2021, grâce aux efforts de l’Etat à travers notamment l’ASMEX, pour l’appui à la décarbonation des TPME industrielles, et qui a été déployé à travers l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) et Maroc PME, soulignant que ce programme offre aux TPME industrielles en amorçage ou en croissance disposant d’un projet de développement durable une prise en charge totale des phases de pré-incubation et d’incubation, un appui de 50% au projet de créativité, design et développement de produits industriels avec un plafond de 1,5 million de dirhams (MDH), un soutien financier plafonné à 2 MDH par projet, sous forme d’appui à l’investissement des projets de startups industrielles.


En plus de ce programme, le responsable a rappelé l’existence d’une ligne de crédit garantie par la Société nationale de garantie et de financement (SNGFE) dans le cadre de « GREEN INVEST » à hauteur de 40% au maximum avec un plafond de 10 MDH, ainsi qu’une autre ligne de crédit « Green Value Chain » de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, affirmant qu’un grand effort est déployé par l’ensemble des acteurs gouvernementaux pour accompagner les exportateurs dans leur stratégie de croissance verte et de décarbonation, de renforcement de leur compétitivité à l’international et d’amélioration de leurs notoriétés environnementales, à travers notamment la création d’un processus de certification et de labellisation des entreprises.


De son côté, le président de la commission énergies propres de l’Asmex et directeur Afrique du Nord d’Engie, Philippe Miquel, a indiqué que ce séminaire vise à rapprocher les entreprises marocaines exportatrices installées dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima de l’importance des énergies renouvelables dans leur décarbonation et la promotion de leur compétitivité, en plus de leur permettre de s’aligner aux enjeux climatiques.


Quant au directeur général de l’AMEE, Saïd Mouline, il a souligné que le Maroc a eu la chance d’adopter en 2009, sous les Hautes orientations de SM le Roi Mohammed VI, une stratégie énergétique, basée essentiellement sur les énergies renouvelables, le développement de l’efficacité énergétique et le renforcement de l’intégration régionale, affirmant que la décarbonation n’est pas un choix mais une obligation, vu qu’elle permet aux industriels de réduire leur dépendance énergétique et les coûts de leurs intrants.


Il a ainsi appelé les entreprises marocaines à s’engager activement dans cette transition vers la décarbonation, en bénéficiant des lignes de financement mises en place, et ce afin de renforcer leur compétitivité.


Cette rencontre a été rehaussée aussi par des interventions du président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (Fenelec), Ali El Harti, et du vice-président de l’ASMEX, Adil Zaidi, qui ont souligné que le Maroc, grâce à la vision anticipatrice de SM le Roi, est pionnier en matière de préservation de son environnement, vu qu’il a entrepris une stratégie volontaire et audacieuse de transformation vertueuse vers une économie verte et un environnement durable, notant que les exportateurs marocains ont besoin de connaître les conditions et les méthodologies d’évaluation pour l’entrée en Europe, afin qu’ils puissent s’ajuster aux nouveaux paramètres.


La conférence-débat a été ponctuée également par la présentation des solutions solaires et renouvelables et le partage d’expériences sur l’efficacité énergétique. 


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