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L’Ukraine anticipe une offensive russe et accuse le Canada de saper les sanctions

L’ Ukraine s’attend à une nouvelle offensive de l’armée russe sur des villes stratégiques de la région orientale du Donbass – cible prioritaire de Moscou – tandis que le président Volodymyr Zelensky a accusé lundi le Canada de saper les sanctions contre la Russie. L’Europe est de son côté entrée dans une période d’incertitude sur la poursuite des livraisons de gaz par la Russie, le géant russe Gazprom ayant entamé les travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1 qui permettent d’approvisionner l’Allemagne et d’autres pays de l’ouest du continent européen. Cet arrêt pour dix jours devait en théorie n’être qu’une formalité technique. Mais avec la guerre en Ukraine et le bras de fer entre Moscou et les Occidentaux sur l’énergie, personne ne peut parier sur le rétablissement des livraisons, déjà fortement réduites. Pour ne pas donner de prétexte supplémentaire à Moscou, l’Allemagne a obtenu du Canada la restitution de turbines en maintenance du même gazoduc. Ce geste a suscité lundi l’ire de Volodymyr Zelensky qui a annoncé la convocation de l’ambassadeur canadien à Kiev « en raison d’une exception absolument inacceptable au régime de sanctions contre la Russie ». Cette décision « sera perçue à Moscou uniquement comme un signe de faiblesse », a-t-il averti, estimant que la Russie pourrait de toute façon, si elle le souhaitait « arrêter complètement l’approvisionnement en gaz de l’Europe au moment le plus aigu ». Les turbines faisaient l’objet d’une maintenance sur un site canadien appartenant au groupe allemand Siemens, et la Russie imputait à leur absence la réduction de livraisons via le gazoduc. Sur le terrain, les Ukrainiens anticipent d’âpres combats dans la région de Donetsk (est), dans le Donbass. « Il existe des signes selon lesquels les unités ennemies se préparent à intensifier les opérations de combat en direction de Kramatorsk et de Bakhmout », a averti l’état-major ukrainien. Kramatorsk, centre administratif du Donbass encore sous contrôle ukrainien, et sa voisine Sloviansk sont considérées comme les prochaines cibles des militaires russes dans leur plan de conquête totale du Donbass, quatre mois et demi après le début de l’invasion de l’Ukraine. Ce bassin minier est partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes soutenus par Moscou, après l’annexion russe de la péninsule ukrainienne de Crimée. L’ambassade de la région séparatiste de Donetsk sera inaugurée mardi à Moscou, en présence du ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov. Le bilan du bombardement dimanche d’un immeuble d’habitation de Tchassiv Iar, dans la région de Donetsk, est monté à 33 morts, dont un enfant d’une dizaine d’années, a annoncé lundi le Service ukrainien des situations d’urgence. Neuf personnes ont été extraites vivantes des décombres, où les opérations de secours devaient se poursuivre mardi. Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, a pour sa part assuré que « plus de 300 » combattants ukrainiens avaient péri près de Tchassiv Iar, sans dire quand. A Kharkiv (nord-est), « des bâtiments civils – un centre commercial et des logements – ont essuyé le feu ennemi. Plusieurs missiles ont touché des maisons », a déclaré le responsable de son administration, Oleg Synegoubov. Selon le parquet régional, « 31 personnes ont été blessées dont deux enfants de quatre et 16 ans. Six civils, dont un adolescent de 17 ans et son père, ont été tués ». Des avions russes ont aussi tiré quatre missiles lundi sur la région d’Odessa, cité portuaire sur la mer Noire, a souligné Kiev. Selon le Commandement opérationnel sud, les frappes – qui n’ont pas fait de victime – ont touché des infrastructures portuaires, une habitation ainsi que des terres agricoles. Selon Serguiï Khlan, un conseiller du chef de l’administration militaire fidèle au gouvernement ukrainien dans la région de Kherson (sud), un centre de commandement militaire russe, des radars et des systèmes de défense antiaérienne ont été détruits dans la nuit par l’armée ukrainienne à Tavryisk, localité occupée par les Russes située à une soixantaine de kilomètres à l’est de Kherson. Si l’armée ukrainienne a fait état de nombreux bombardements dans tout l’est de l’Ukraine, elle constate une pause dans les attaques terrestres russes. « L’ennemi dans notre zone opérationnelle reste derrière les lignes de défense, n’avance pas par voie terrestre, n’a pas les possibilités et les capacités de créer de nouveaux groupes de frappe », a commenté lundi le Commandement opérationnel Sud. « Les avantages quantitatifs de l’armée russe sont compensés par la précision des missiles et de l’artillerie dont dispose l’Ukraine », a parallèlement affirmé le secrétaire du Conseil de sécurité et de défense nationale ukrainien, Oleksiï Danilov. « Cette guerre pourrait durer plus longtemps que ce que nous avions prévu ou espéré (…) Nous devons rester concentrés et continuer à soutenir l’Ukraine de toutes les manières possibles », a lâché le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, en visite à Kiev. Confrontée, selon Washington, à des problèmes pour entretenir son armement, la Russie devrait recevoir, de son côté, « des centaines de drones » livrés par l’Iran. « Nos renseignements indiquent que le gouvernement iranien s’apprête à livrer à la Russie jusqu’à plusieurs centaines de drones, dont des appareils de combat, dans un délai très court », a affirmé lundi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan. Les drones ont joué un rôle important depuis le début de la guerre le 24 février, pour les opérations de reconnaissance, les tirs de missiles ou les largages de bombes. Les autorités d’occupation ont annoncé qu’un attentat à la bombe avait coûté la vie au chef de l’administration installée par les Russes à Veliki, dans la région de Kharkiv, partiellement conquise par Moscou. Cet « acte terroriste » a été commis, à une date non précisée, par un groupe de saboteurs ukrainiens infiltré derrière les lignes russes, d’après ces sources. Ces dernières semaines, les attaques contre les responsables mis en place par Moscou se multiplient dans les régions occupées de Kherson et de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine. Dans ce contexte, la Russie a fait savoir que, par un décret de Vladimir Poutine, elle voulait faciliter l’accès à la nationalité russe de tous les Ukrainiens. Une mesure que le ministère ukrainien des Affaires étrangères a « fermement » condamnée car constituant « un nouvel empiètement sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, incompatible avec les normes et principes du droit international ».

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