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Pogacar, l’inévitable comparaison avec Merckx

« En cyclisme, on perd plus qu’on ne gagne »: Tadej Pogacar a fait mentir cette antienne devenue histoire ancienne en dominant sur tous les terrains. De quoi alimenter les comparaisons avec Eddy Merckx qui l’a lui-même qualifié de « nouveau Cannibale ».

En cas de troisième sacre dans le Tour de France, dont il est le grandissime favori, le Slovène rejoindrait le « Roi Eddy », seul jusqu’ici à avoir remporté ses trois premières Grandes boucles. Bernard Hinault comme Laurent Fignon avaient buté sur la troisième après deux premières victoires brillantes

La route jusqu’aux Champs-Elysées est longue, près de 3.450 kilomètres à être balayé par les vents, secoué par les pavés et harassé par les cols mais rien ne paraît en mesure de freiner l’ascension de Pogacar, lauréat des Strade Bianche après un raid solitaire de 50 kilomètres en mars.

Chacun de ses grands succès est l’occasion d’une comparaison avec les plus grands noms de son sport. Il s’impose dans le Tour de Lombardie en octobre ? Cette victoire, après celle dans Liège-Bastogne-Liège en avril, le propulse instantanément aux côtés de Fausto Coppi et Eddy Merckx, les deux seuls autres à avoir gagné le Tour de France et deux monuments la même année.

Sans que cela ne l’intéresse particulièrement. « Je ne pense pas tellement à l’histoire », a répété jeudi Pogacar. « Il y a tellement de choses à vivre dans le présent, j’essaie seulement de me faire plaisir en courant. »

Des propos alimentant son image de garçon insouciant, aux cheveux ébouriffés. Pourtant « Pogi » paraît sans limite. Il les a de nouveau repoussées au printemps en signant deux top-5 dans deux autres monuments, Milan-Sanremo (5e) et le Tour des Flandres (4e), où il a à chaque fois joué la victoire. En faisant dynamiter la course dès la Cipressa, l’avant-dernière difficulté, dans la Primavera, puis en étant le plus aérien dans les monts pavés du Ronde.

Moins accueillants que ceux du Tour des Flandres, les pavés de la 5e étape du Tour de France entre Lille et Arenberg mercredi ne troublent pas la sérénité qui est sa signature. « Il ne faut pas trop stresser et avoir confiance en nous, estime-t-il. En fait, j’ai même hâte de disputer cette étape. »

Celle-ci lui permettra peut-être de faire voler en éclats ses seules limites. D’abord montrer qu’il a la capacité de faire face à la nervosité de ce type d’étape, fatal à Chris Froome, tenant du titre contraint à l’abandon en 2014 après des chutes à répétition.

Ensuite, s’il volait sur les blocs de grès disjoints du Nord, il deviendrait concevable de l’imaginer gagner un jour Paris-Roubaix, dernier monument semblant hors de sa portée.

Encore une fois, il trouverait accolé à cet exploit, Eddy Merckx, seul vainqueur du Tour ayant conquis ces cinq plus grandes classiques.

En attendant, le champion belge l’a déjà adoubé lors d’une rencontre à l’automne. Selon des propos de la comète slovène dans L’Equipe, le plus grand cycliste de tous les temps lui aurait glissé: « Avec Tadej, je crois qu’on tient vraiment le nouveau Merckx ».

Ces mots en disent long, le « Cannibale » étant peu enclin à se trouver un successeur, Remco Evenepoel en sait quelque chose.

Seul Lance Armstrong avait un temps eu les faveurs du « Roi Eddy » qui s’est dédit une fois le Texan tombé. Reste que la route est encore longue jusqu’à Paris, 3.450 kilomètres, et le palmarès de +Pogi+ encore loin de celui d’Eddy.

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