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Zanka Contact, hommage au rock et au western

Dans le cadre du 27ème Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan, les festivaliers ont eu l’occasion de découvrir, dimanche, le long métrage «Zanka contact» du réalisateur Ismael El Iraki.

Le film de 120 minutes raconte l’histoire d’un rocker dépassé, qui a perdu sa voix et qui revient à sa ville natale, Casablanca, où il fait la rencontre explosive d’une jeune femme, une amazone de la rue à la voix d’or. Les deux protagonistes écument les nuits de la ville et tombent éperdument amoureux. Mais leur passion est vite rattrapée par leur passé et le couple sauvage prend la route du désert pour échapper à ses démons.

Coproduction franco-maroco-belge, le film réunit Khansa Batma, Ahmed Hammoud, Said Bey, Fatima Atef, Abdel Rahman Mbiha et Mourad Zaoui. Il a, par ailleurs, remporté le prix du meilleur long-métrage au Festival de Louxor du film africain en Égypte. Khansa Batma, qui campe le rôle de Rajae dans le film, a été sacrée meilleure actrice dans la catégorie Horizons lors de la 77ème édition du Festival international du film de Venise.

Pour le réalisateur, «Zanka Contact n’est pas un film mais un feu sauvage». «L’envie de ce film m’a consumé comme une flamme, dévorant tout sur son passage. Tout ce que j’aime : les groupes de rock marocains des années 1970 et les westerns italiens, les bagues tête de mort en argent et les personnages féminins puissants ; le rêve de la musique live sur cinémascope 35 mm et la poésie de rue de l’argot de Casablanca», explique-t-il. «Le feu s’est nourri de tout ce que je redoute aussi, mêlant le tout en un cocktail enflammé agité par une fiction déjantée. Pour moi, l’émotion est la seule réalité», ajoute-t-il.

«En tant que cinéaste africain, je veux revendiquer mon droit à la fiction, à l’imaginaire, à un territoire rarement occupé par les films de ma région», précise Ismael El Iraki. «Le cinéma ce n’est pas le sujet; il ne s’agit même pas de l’histoire. C’est un sort sous lequel nous tombons : c’est une croyance en la magie. C’est, pour moi, la dimension politique de Zanka Contact : revendiquer une part dans ce rêve partagé, non pas pour son sujet mais pour sa sorcellerie», conclut-il.

Pour ce qui est de la compétition officielle, les festivaliers ont pu voir le long métrage «Kerr», du réalisateur turc Tayfun Pirselimoglu, qui met en scène Can, seul témoin d’un meurtre dans la gare d’une ville inconnue où il a du se rendre pour les funérailles de son père. Le meurtrier ne montant aucun intérêt à la présence de Can, quitte les lieux calmement. La police ne permet pas à Can de partir après avoir recueilli son témoignage. Par la suite, des choses étranges se produisent. Une quarantaine est déclarée en raison des chiens errants enragés. Toute la ville se transforme en purgatoire.

Toujours dans le cadre des activités de la 27ème édition du FCMT, un colloque a été organisé, dimanche, sous le thème «Le cinéma à l’ère du numérique Médium, art et discours critique» et avec la participation de la cinéaste espagnole Neus Ballus, la critique italienne Occitane Lacurie et les critiques marocains Mohamed Bakrim et Said Mezouari, ainsi que l’universitaire marocain Krimo Chiguer en tant que coordinateur. Cette rencontre visait à penser le cinéma d’aujourd’hui, à l’ère du numérique, tout en rappelant les enjeux qui ont précédé cette nouvelle ère, ceux liés à la disparition des salles et des conditions classiques de projection, et surtout de réception critique.

Un deuxième colloque, autour de thème : «Le patrimoine cinématographique à l’ère du numérique entre mémoire et oubli»,  aura lieu aujourd’hui et connaitra la participation de la réalisatrice française Léa Morin, la réalisatrice marocaine Narjiss Nejjar, la chercheuse palestinienne Khadijeh Al-Habesheh, l’ancien directeur de la cinémathèque de Toulouse, le français Franck Loiret, le réalisateur tunisien Mohamed Challouf et le libanais, chercheur en cinéma, Naja Al Achkar, ainsi que le chercheur marocain Ahmed Mjidou comme coordinateur.

Les participants à ce colloque s’interrogeront sur le devenir du patrimoine cinématographique et les enjeux de sa préservation, de sa restauration et de son archivage. Ce colloque part des programmes de travail présentés par certaines médiathèques dans un certain nombre d’expériences internationales, et mènera, en parallèle, une réflexion sur les formes contemporaines d’archivage cinématographique, qui peuvent tirer profit des possibilités offertes par le numérique.

Mehdi Ouassat

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