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Des dirigeants de football inoubliables à Tanger


Sur la photo : Bouazza, Ghziel, Kandjah, Fatmi, Alami. Accroupis : Babah, Bakhbokh, Pepillo, Ammi El Haj.

Sur la photo : Bouazza, Ghziel, Kandjah, Fatmi, Alami. Accroupis : Babah, Bakhbokh, Pepillo, Ammi El Haj.

Une belle photo. Un passé glorieux. Une Histoire qui a fait et qui fera couler beaucoup d’encre. Des dirigeants inoubliables.
 
1956-1985, c’était l’époque où l’on ne parlait ni d’argent pour s’enrichir, ni de politique pour être élu. Le seul langage qui existait était le football.
 
Avec beaucoup de modestie, ils géraient les clubs du banc de touche ou derrière les bois.  La tribune officielle était inconnue.    
 
Ils se réunissaient partout dans les cafés, dans les maisons, dans les stades. Leurs joueurs s’entrainaient dans les rues et sur le sable de la plage.
 
Il n’y avait pas de budget de fonctionnement annuel mais de budget  hebdomadaire. L’essentiel était de préparer le match de la semaine. 
 
« Après, on verra » était la seule politique. Des présidents marocains qui étaient les premiers à succéder aux Espagnols qui étaient connaisseurs en  football avec des  joueurs  professionnels.
 
 Incroyable mais vrai, le professionnalisme existait à Tanger avant l’indépendance.
 
En 1956, avec un Maroc indépendant, il fallait prendre la relève après le départ des Espagnols. 
 
L’Union  Deportiva de España, la Tangerina, la Sevillana, la Alcazaba disparaissaient avec la dissolution de la Fédération d’Espagne du Nord d’Afrique.
 
Des équipes marocaines naissaient comme des champignons pour contribuer au mouvement patriotique.
 
Elles étaient dirigées par des figures emblématiques que l’Histoire sportive n’oubliera jamais : Ammi El haj,  Babah, Mohamed Kandjah, Abdeslam Ghziel, Mohamed Alami, Driss  Hilal, Bakhbokh, Khouya, Abderahman Temsamani, Chrif Halhoul et bien d’autres…
 
Des « directivos » comme on les appelle dans le bon vieux temps à l’espagnole.
 
Fidèles, amoureux du club, passionné du football, ils donnaient leur propre argent pour subvenir aux besoins de leur formation et lui assurer un déplacement dans des conditions acceptables.
 
Les Alam,  Atlas, Hilal, Police de Tanger, Proton, Tanger FC étaient les premiers clubs tangérois de l’ère de l’indépendance.
 
On jouait pour le plaisir, on jouait pour gagner,  on jouait pour rire et se distraire et les anecdotes de Alami avec ses « tira ! tira ! » donnaient la joie aux footballeurs.
 
On organisait des soirées pour célébrer la victoire ou oublier la défaite.
 
Ammi El Haj de Alam récompensait ses joueurs par des billets de cinéma Alcazar.
 
Babah du Widad donnait comme prime un aller retour du bateau Tanger-Gibraltar, Abdeslam Ghziel de Atlas payait un thé à la menthe avec des gâteaux  de la Española du Petit Socco.
 
La prime d’argent  n’était pas  connue et  les footballeurs défendaient les couleurs du club.   
 
Sur la photo, accroupi, il y a un Espagnol  de souche tangéroise : l’arbitre Pepillo, le seul représentant de l’arbitrage espagnol à la Fédération Royale Marocaine de Football.
 
 Ahmed Ntifi, le premier « patron » du football marocain le connaissait bien.
 
Pour sa passion d’arbitre, Pepillo dirigeait les rencontres du championnat bénévolement.
 
Ces dirigeants inoubliables sont décédés, que Dieu ait leur âme dans Sa Miséricorde.  
 
Sans sponsor, le football n’était pas impossible.
Un grand hommage à ces gens  qui ont quitté ce monde sans tambour ni trompette !


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