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Il était une fois le Baccalauréat !

Depuis vendredi, ils sont des dizaines de milliers de jeunes hommes et jeunes femmes à connaître enfin le résultat final de leurs efforts. Selon le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, 231.272 candidats scolarisés de l’enseignement public et privé ont ainsi réussi les épreuves de la session ordinaire de l’examen national normalisé pour l’obtention du baccalauréat 2022.

Ultime sésame pour les lycéens, l’obtention du baccalauréat clôture le cycle éducatif secondaire ouvrant ainsi les portes des études supérieures, dernière étape – et non la plus facile – avant l’emploi et la vie professionnelle active.

« Le baccalauréat a été instauré au Maroc par les Français à l’époque du protectorat. Il n’y avait alors que très peu de Marocains qui obtenaient chaque année ce diplôme, mais le fait de réussir l’épreuve était synonyme d’un grand prestige. En plus de permettre de s’inscrire dans des cycles universitaires, le Bac ouvrait même à l’époque un accès direct à l’emploi », raconte Mly Ismaïl El Filali, Conseiller en orientation à la Direction provinciale de l’Education nationale de Marrakech.

L’évolution du Bac marocain

Après l’indépendance du Royaume, le système éducatif marocain est passé par plusieurs réformes, notamment celle amorcée par feu Dr Benhima qui se basait sur les quatre fameux piliers : généralisation, arabisation, unification et marocanisation de l’enseignement.

« Je pense que l’étape qui a véritablement acté une nouvelle page pour le baccalauréat au Maroc date de l’année 1999, lorsque les travaux de la Commission Spéciale d’Education et de Formation (COSEF) avaient abouti à l’adoption de la Charte Nationale d’Education et de Formation », explique Mly Ismaïl El Filali, soulignant que cette réforme a permis « la diversification de l’offre éducative pour que chaque élève puisse trouver un parcours qui convienne à ses aspirations, et pour se préparer à une spécialisation qui se précise au fur et à mesure ». C’est ainsi que le baccalauréat marocain s’est vu décliné en un cycle de deux années avec plusieurs branches durant la première et encore plus de filières durant la terminale. « Il existe actuellement plus de 35 filières différentes de baccalauréats au Maroc », précise la même source.

Un ascenseur social ?

Vendredi dernier, l’affichage des résultats du baccalauréat a donné lieu à des scènes qui témoignent de l’importance que continue à constituer cette épreuve pour les lycéens et leurs familles. Entre pleurs et détresse des recalés et bonheur des nouveaux bacheliers, le baccalauréat est un phénomène sociétal qui impacte, parfois profondément, les vies et les parcours.

« Les familles savent que seuls les bacheliers qui ont eu d’excellentes notes peuvent choisir de se lancer dans des cycles universitaires qui aboutissent à des professions perçues par la société comme synonymes de réussite », confie M. El Filali, déplorant un phénomène de « dopage » à travers les heures supplémentaires que beaucoup de parents payent pour leurs enfants afin de les préparer aux examens.

« L’enjeu d’obtention de bonnes notes au baccalauréat a eu une conséquence que je considère négative, à savoir la focalisation excessive des familles sur la préparation de l’examen. Nous nous sommes malheureusement retrouvés avec des étudiants qui sont plus préparés pour affronter l’examen, que préparés à affronter la vie », regrette-t-il.

Plus de chance et de réussite

En dépit de ce qui parfois s’apparente à une véritable frénésie, les taux de réussite au Bac, autant que les perspectives d’études qui s’offrent aux bacheliers, sont bien plus importants aujourd’hui qu’il y a encore quelques décennies.

« N’oublions pas que le taux de réussite durant les années 70 et 80 n’excédait pas les 15% puisque le système à l’époque était beaucoup plus rigide et sélectif. Il n’y avait pas durant cette phase de possibilités de rattrapage et il n’existait alors qu’une seule session d’examen. Aujourd’hui, les étudiants ont plus de chances de réussir leur parcours puisque le système actuel prévoit des ponts et des passerelles entre les divers cycles qui font émerger plusieurs solutions pour rectifier le tir ou changer de parcours sans se voir forcément pénalisé », précise le conseiller en orientation. Souvent, l’obtention du Bac permet aux étudiants de réaliser que leur accomplissement n’est que le premier d’une longue liste et que loin d’être « terminal », le Bac n’est qu’un sésame initial pour débuter le parcours des études supérieures. Félicitations aux nouveaux bacheliers et bon vent pour la suite.

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