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Vers un saut qualitatif du statut des auxiliaires de l’autorité

Il va sans dire que les Moqadems et les Chioukhs, agents d’autorité uniques dans leur genre, sont indispensables dans l’administration territoriale du pays de par leur contact direct avec la population. Soumis à l’autorité des Caïds, ils ont été d’une utilité vitale durant la pandémie même s’ils travaillent avec des moyens jugés dérisoires.

En dépit de l’importance de leur rôle, ils ne sont pas des fonctionnaires et perçoivent des salaires peu élevés. Leur situation sociale a été au coeur des débats à la Chambre des Représentants où les députés de la Majorité parlementaire ont interrogé le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, sur la situation sociale de ces agents locaux. Le but de l’armée des Moqadems, en d’autres termes les délégués de quartiers, est de fournir un système organisé où les Conseils des villes exercent leur pouvoir et leurs responsabilités pour travailler ensemble pour la paix, l’ordre et la contribution à la bonne gouvernance de leurs districts municipaux.

Tâches claires, statut juridique ambigu

Dans le cadre de leurs fonctions, les Moqadems et les Chioukhs fournissent des informations précises qui permettent au ministère de l’Intérieur, dont l’organisation administrative est basée sur un encadrement étroit de la population par ce corps d’auxiliaires très spéciaux, de travailler à l’amélioration de la viabilité et de la durabilité sociale, économique et environnementale au profit des arrondissements et des districts.

Ces fonctionnaires de l’Intérieur sont chargés de la collecte ou la diffusion d’informations, l’identification judiciaire, le contrôle de l’espace urbain ou rural, ainsi que de l’alerte sécuritaire ou sociale, et surtout de tout rapporter au Caïd. Cependant, en dépit de leur rôle incontournable dans notre quotidien, souvent accusés de corruption, d’abus de pouvoir et d’entrave à la démocratie, ils souffrent toujours d’une mauvaise réputation au sein des populations, conditions dérisoires auxquelles s’ajoute une situation administrative floue en ce qui concerne les perspectives d’évolution.

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Conscient de l’importance de ces auxiliaires d’autorité, et que l’évolution professionnelle est une partie importante de la carrière de tous, Abdelouafi Laftit a indiqué que les conditions de travail des Moqadems et Chioukhs s’améliorent, soulignant qu’ils bénéficient de leurs droits et de tous les avantages qui leur sont dévolus par leur statut.

L’essentiel, aux yeux du ministre, est de leur permettre de bénéficier de la promotion et de leur offrir de meilleures perspectives d’évolution dans leur carrière. Depuis 2015, le ministère de l’Intérieur a donné aux Moqadems l’opportunité de concourir au poste de “khlifa” du Caïd, a expliqué Laftit, ajoutant qu’il s’agit d’une aubaine pour ces agents d’autorité dont la carrière n’est plus aussi limitée que ce que fut le cas auparavant.

Cette réforme a été bien accueillie aussi bien par les parties concernées que par les analystes spécialisés en droit administratif marocain. Ils y ont vu un saut qualitatif qui contribuera à l’incarnation de la nouvelle conception du pouvoir. Un grand et audacieux projet lancé par Sa Majesté le Roi dès son investiture.

Selon les chiffres présentés par le ministre, 130 Moqadems en moyenne chaque année sont promus. “Nous espérons dans les années à venir augmenter le nombre des agents promus”, a fait savoir Abdelouafi Laftit, annonçant que son département est en cours de préparation d’un nouveau statut plus valorisant pour cette catégorie d’agents d’autorité.

Organisation administrative : Une nouvelle réforme se fait attendre

“La fonction des Moqadems et celle des Chioukhs sont régies par un statut spécial qui est toujours en vigueur. Aujourd’hui, il est temps de penser à le réformer et aboutir à un nouveau modèle plus adéquat”, a reconnu le ministre, qui n’a pas donné davantage de détails sur le nouveau statut de ces fonctionnaires qui représentent un maillon crucial dans le système qui contribue à la prise de décision et son exécution par les autorités locales.

Les députés comme le ministre n’ont pas manqué de rendre hommage à cette catégorie d’agents qui ont fait un effort exceptionnel durant la période du confinement, sans oublier leur contribution à l’organisation efficace de la campagne de vaccination. Ces fonctions spécifiques au Maroc et si ancrées dans la culture populaire font du modèle marocain d’administration territoriale un modèle unique qui suscite la curiosité de plusieurs pays européens.

Auxiliaires d’autorité : quel rôle dans les programmes sociaux ?

Le débat relatif aux fonctions clés des auxiliaires d’autorité coïncide avec les avancées du programme du Registre social unifié évoquées par le ministre lors de cette séance. Le ministre de l’Intérieur a dressé le bilan d’étape des efforts consentis pour élaborer le Registre social unifié. Jusqu’à présent, 120.000 personnes ont été inscrites dans le Registre national de la population dans la région Rabat-Salé-Kénitra dans le cadre du prototype qui sera généralisé ensuite sur tout le territoire national.

Le programme est essentiellement basé sur la prise de contact avec les populations visées pour les informer et les atteindre pour l’admission et l’enregistrement, la collecte d’informations et de documents auprès des citoyens, la saisie et la gestion des informations, la vérification de la cohérence et de l’exactitude.

Dans ce sens, une valorisation Moqadems et Chioukhs sera un atout à la réussite de l’opération dans les meilleurs délais. Si ce registre est si important, c’est parce qu’il permet un ciblage efficace des personnes ayant le plus besoin des programmes d’aide sociale. Le ministre de l’Intérieur a rassuré les députés que les travaux se déroulent comme prévu et que le Registre verra le jour dans les délais fixés.

Dans le cadre de la généralisation de la couverture sociale, les bénéficiaires – dont les personnes sans emploi et celles qui n’ont aucun revenu – seront intégrés dans le régime de sécurité sociale avec une prise en charge complète de leurs cotisations par l’Etat.


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