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Deux ans plus tard, qu’a apporté l’accord d’Abraham ?

Par Salem AlKetbi*

Ces jours-ci, nous assistons au deuxième anniversaire de l’accord de paix d’Abraham entre les EAU et Israël en 2020, lorsque la paix est devenue une réalité stratégique entre les deux pays dans tous les domaines : politique, économique, commercial, sécurité et investissement.

Immédiatement après la normalisation des relations en 2021, les échanges commerciaux bilatéraux entre les EAU et Israël ont atteint un niveau remarquable d’environ 1,2 milliard de dollars. Au cours des cinq prochaines années, ces échanges devraient atteindre environ 10 milliards de dollars. Nous assistons à un véritable état de paix, et non à des accords protocolaires rangés dans des tiroirs de bureau.

C’est en soi une grande réussite de l’accord qui a fait sortir la paix des bureaux fermés pour la faire entrer dans une sphère formelle et universelle de relations humaines entre les deux parties. Les deux ans de cet accord stratégique sont l’occasion d’évaluer ses résultats. Dans ce contexte, on peut dire que l’accord, contrairement à ses prédécesseurs, a atteint plusieurs résultats.

Le premier est la création d’un environnement plus stable dans la région.

Une culture de la paix a été établie et s’est répandue dans toute la région, elle est devenue un concept commun et a pris le pas sur d’autres termes tels que « guerre », « ennemi » et d’autres vocabulaires qui, pendant des années et des décennies, ont été des indicateurs de la situation conflictuelle sous-jacente que les organisations extrémistes et terroristes ont essayé d’enflammer et d’exploiter, que ce soit à la lumière de la confrontation entre les Palestiniens et Israël ou à toute autre occasion.

Le deuxième résultat est le succès des EAU dans la construction d’une relation forte et équilibrée avec toutes les parties au Moyen-Orient. Après la normalisation officielle des relations avec Israël, la diplomatie émiratie a pu poursuivre sa politique de construction de ponts en se concentrant sur des intérêts réalistes et en renouvelant officiellement les relations avec l’Iran avec le récent retour de l’ambassadeur émirati à Téhéran.

Avant cela, il y a eu une correction de cap dans les relations entre les Émirats et la Turquie qui a réglé le différend et lancé une nouvelle phase de coopération conjointe. Cela reflète la volonté des EAU de créer un environnement régional sûr et stable qui offre les conditions nécessaires à la réalisation des objectifs de développement des EAU afin de maximiser les avantages stratégiques pour son réseau régional et international.

Les EAU prouvent que leur discours sur un terrain d’entente et un environnement sécuritaire régional stable n’était pas une manœuvre politique, mais plutôt l’expression d’une planification stratégique minutieuse pour réaliser les intérêts des EAU et de son peuple, sans s’engager dans des alliances ou des axes qui détournent la réalisation de ces intérêts de leur but ultime.

Le troisième de ces résultats concerne la partie israélienne, qui a obtenu une nouvelle percée historique de son isolation régionale avec l’accord d’Abraham. Cet accord a ouvert la porte à la communication et à l’ouverture entre Israël et les autres pays du Golfe et les pays arabes. Il a été la pierre angulaire qui a incité les autres capitales à faire un pas pacifique avec Israël.

Cela a ensuite ouvert la porte à une nouvelle phase de coopération régionale dans le commerce, l’économie, le tourisme, etc. Nous constatons une nouvelle expansion de la coopération israélienne avec les pays voisins du Golfe, ce qui est de bon augure pour un climat régional coopératif et stable. La quatrième de ces conclusions concerne une analyse stratégique des accords d’Abraham dans leur ensemble.

Cet accord reflète le statut, l’efficacité et la capacité de la diplomatie émirienne à prendre les devants et à influencer son environnement régional selon une approche objective et sereine, conforme aux caractéristiques de la politique étrangère des EAU depuis la création de l’État de l’Union.

Dans cet accord, les EAU ont souligné leur rôle dans la promotion de la communication directe et indirecte entre les parties régionales, la prévention de l’éclatement de crises régionales soudaines ou l’expansion des affrontements violents entre les Palestiniens et Israël, et la réduction de l’influence des organisations et des groupes soutenus par les parties régionales qui fomentent l’hostilité envers Israël.

Le cinquième de ces résultats est la création d’un cadre pour un ordre régional capable de faire face aux crises et aux menaces, dans lequel les États-Unis, qui continuent de parler publiquement de l’importance du Moyen-Orient dans les stratégies américaines, ne jouent ou ne pourraient plus jouer de rôle.

La pratique sur le terrain indique que l’intérêt des États-Unis pour le maintien de la sécurité dans la région et pour le maintien des alliances et des partenariats traditionnels avec les pays qui ont formé des alliances stratégiques avec les États-Unis a considérablement diminué.

La sixième conséquence de l’accord d’Abraham est que la diplomatie émiratie continuera à développer sa coopération avec les différentes parties régionales, notamment l’Iran et Israël, dans le cadre d’une approche diplomatique flexible qui se concentre sur les intérêts de développement, économiques et commerciaux, sans tomber dans le cycle de polarisation et de tensions qui affectent les relations internationales au stade actuel.

Le septième de ces résultats est l’acceptation progressive de la culture de la paix parmi la population et le refroidissement de la situation conflictuelle et de l’atmosphère de violence entre les Palestiniens et Israël. Malgré les affrontements entre le Hamas et Tsahal l’année dernière et un autre affrontement entre le Jihad islamique et Israël récemment, la violence diminue, bien que lentement.

Il faut cependant noter que le soutien palestinien à l’escalade avec Israël, en particulier à Gaza, n’est pas aussi important que dans les périodes précédentes, et qu’il y a un ton relatif de calme et de stabilité. Ceci est favorisé par la politique d’incitation d’Israël, qui encourage les Palestiniens à maintenir une atmosphère de calme.

Ce sont tous des indicateurs importants qui ont besoin de suffisamment de temps pour se transformer en mesures réelles qui feront avancer la construction d’une paix durable entre Israël et le peuple palestinien. Tout cela est l’un des objectifs de l’accord d’Abraham et de ses résultats positifs dans ce court laps de temps.

Politologue émirati et ancien candidat au Conseil national fédéral*

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