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l’UE a pris connaissance des défis auxquels fait face le Maroc (politologue)

Par HOUSEIN EL HASSANI

La prise d’assaut de la clôture métallique au niveau de la province de Nador par des immigrés clandestins a constitué une tragédie humaine au vu du nombre de morts et de blessés enregistré tant parmi les immigrés qu’aux rangs des forces de l’ordre marocaines.

Ces événements ont révélé au grand jour une réalité sur laquelle le Maroc n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme, en appelant la communauté internationale à mobiliser ses efforts pour contrer la progression de l’immigration clandestine.

L’Union européenne (UE), principal partenaire du Royaume dans la gestion des affaires migratoires, a pris connaissance des défis auxquels le Royaume est confronté au quotidien, et des sacrifices qu’il consent pour remplir ses engagements vis-à-vis du phénomène migratoire.

Les frontières maroco-espagnoles sont devenues, en effet, le refuge privilégié des réseaux de migration clandestine et de trafic des personnes, particulièrement au Nord du Royaume. Ces réseaux clandestins font fortune sur le dos des immigrés et leur soutirent d’importantes sommes d’argent en profitant de leur précarité, de leur désespoir et de l’instabilité qui règne dans leurs pays respectifs.

La violence extrême des assaillants et la stratégie d’assaut, étudiée et exécutée avec une rigueur presque militaire, dénotent un sens élevé d’organisation et de planification qui contraste avec les méthodes classiques employées lors des précédentes tentatives d’immigration clandestine. Partant, ce dangereux phénomène, s’il n’est pas traité à la source, constituera à l’avenir une menace réelle pour la sécurité des pays de transit et d’accueil.

A ce sujet, Abdelfattah Naoum, chercheur en sciences politiques, a estimé que les événements de Nador marquent une « très dangereuse escalade » en ce qui concerne l’immigration clandestine et les réseaux de trafic des personnes, soulignant que ces phénomènes constituent un danger sécuritaire sans précédent qui préoccupe au plus haut degré les décideurs politiques européens.

Contacté par la MAP, le politologue a fait état d’une nouvelle forme d’immigration clandestine qui recourt à la violence, aux assauts et aux actes criminels, ajoutant que l’aspect criminel n’est pas uniquement lié à la multiplication des réseaux de trafic des personnes qui sont à la solde de parties étrangères, mais porte également sur « l’aide apportée à des criminels pour leur faciliter l’immigration clandestine qui a des retombées sécuritaires on ne peut plus graves ».

Ce sont ces nouveaux défis qui ont amené le Maroc et l’UE à lancer, vendredi à Rabat, un partenariat rénové en matière de migration et de lutte contre les réseaux de trafic de personnes, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, la Commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Ylva Johansson, et le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, dans le cadre du dialogue politique régulier Maroc-UE.

Le politologue a relevé que cette réunion tripartite confirme la vision « pertinente et perspicace » du Royaume en matière de gestion de la question migratoire et l’importance qu’il y accorde, rappelant que le Maroc n’a eu de cesse d’attirer l’attention sur ce phénomène et qu’il a toujours été un rempart contre l’immigration illégale, fidèle en cela à ses engagements internationaux.

A la faveur de sa coopération constante, de son expérience et de son dispositif sécuritaire, le Royaume est devenu l’unique référence de l’Europe pour tout ce qui est relatif à la lutte contre le trafic des personnes par le biais de l’immigration. « La coopération maroco-hispano-européenne devrait prendre des formes pragmatiques qui conjuguent les dimensions humaine, sociale et de développement en matière d’asséchement des sources de l’immigration clandestine dans les pays exportateurs, en plus de la dimension pratique portant sur la lutte contre les menaces sécuritaires » liées à ces nouvelles formes d’immigration, a-t-il estimé.

Dans le cadre de cette approche globale, adoptée et prônée par le Maroc, le Royaume a toujours été soucieux de faire la distinction entre les victimes de ce fléau qu’il faut absolument protéger, et les réseaux de trafic de personnes qu’il faut combattre avec fermeté, a-t-il indiqué, notant que la réunion de vendredi n’a pas manqué de saluer les efforts déployés sur le terrain par le Maroc afin de déjouer des dizaines de milliers de tentatives d’immigration irrégulière vers l’Europe et secourir un grand nombre d’immigrants piégés en mer.

La gouvernance migratoire du Maroc est fondée sur une « logique humaniste » qui est parfois, malheureusement, pervertie par les actions criminelles des réseaux de trafic des personnes. C’est cette logique « humaniste » qui préside à la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA) lancée en 2013, laquelle a consacré l’approche solidaire et inclusive inscrite dans la vocation éminemment africaine du Royaume.



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