Une ONG s’adresse à l’ONU sur la disparition forcée d’un jeune militant du Hirak

Alkarama, organisation non-gouvernementale basée à Genève, s’est adressée au Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires, sollicitant son intervention auprès des autorités algériennes concernant le jeune militant Abdelhamid Bouziza, disparu de force depuis le 19 octobre.

Abdelhamid Bouziza (25 ans) est un militant pacifique du mouvement et blogueur sur les médias sociaux, qui était préoccupé par les questions relatives aux détenus politiques et à leur défense par le biais des médias sociaux, écrit l’ONG dans un communiqué.

L’affaire remonte au 19 octobre dernier lorsque des membres de la Brigade des recherches et des investigations et de la Gendarmerie nationale ont pris d’assaut la maison du jeune militant dans le quartier Saf Saf de Shatwan Tlemcen (Nord-ouest), l’ont arrêté puis l’ont emmené vers une destination inconnue, ajoute Alkarama.

Selon sa famille, ajoute la même source, son frère est parti à sa recherche au centre de la sûreté de l’État de Tlemcen, sans succès et a été informé que son frère a été transféré à la capitale le jour suivant, le 20 octobre 2022.

Les avocats, qui sont allés s’enquérir à son sujet auprès tribunal de Tlemcen et dans les tribunaux de la capitale, n’ont trouvé ni trace ni dossier le concernant, note l’organisation non gouvernementale, faisant savoir qu’à ce jour, il n’y a aucune information sur le sort d’Abdelhamid Bouziza et son lieu de détention.

Sa famille également n’a reçu aucun contact de sa part, précise Alkarama, qui rappelle la « gravité du phénomène des disparitions forcées qui constituent, selon le droit international, un crime contre l’humanité ».

Alkarama exprime également “sa vive inquiétude face à la répétition par le système politique actuel du pays de l’expérience des disparitions forcées dans les années 1990, qui s’est traduite par la disparition forcée de dix à vingt mille victimes”.

Et de relever que le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées est saisi de plus de trois mille cas de disparition, ajoutant que depuis dix ans, le Groupe de travail appelle le gouvernement algérien à autoriser les visites dans le pays.

Toutefois, souligne l’ONG, en dépit des nombreuses approbations, aucune visite n’a eu lieu jusqu’à présent, ce qui démontre “le manque de coopération du régime en place avec les mécanismes internationaux”.

Avec MAP

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