Santé

5 conseils feel-good issus des essais de Montaigne (et approuvés par les psy

Enfin en congé ? Ou bientôt prête à partir ? Ah le farniente, le soleil, la mer, les copains … Pourtant, au fond de vous, vous savez, comme chaque été, qu’il y aura aussi des imprévus barbants. Comment affronter ces petits riens qui peuvent vous pourrir la vie ? Peut-être en passant, cette année, vos vacances à la Montaigne. Le génial philosophe du XVIe siècle, qu’on ne cesse de redécouvrir depuis quelques années, se révèle d’une aide précieuse pour gérer les tracas de 2022. Un vrai coach en développement (très) personnel. Au point que le psychiatre Michel Lejoyeux lui a consacré un livre passionnant, « En bonne santé avec Montaigne » (éd. Robert Laffont), où il explique que « Les Essais », la grande œuvre du philosophe, est un « antidépresseur naturel », dont toutes les hypothèses se voient corroborées par les recherches scientifiques actuelles. Vous rêvez d’un été zen ? Voici quelques pistes pour y parvenir, avec l’aide de Montaigne et de Michel Lejoyeux.

1. Ne pas prendre les choses trop à coeur 

La situation :  En vacances, on veut que tout soit parfait, que la location soit nickel, que les rapports avec les enfants soient idéals, que la nourriture soit bio, délicieuse, etc. Évidemment, tout ne se passe pas toujours comme prévu, et vous voilà déçue… 

Le conseil du philosophe : « Il faut se prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même. » Cette célèbre formule nous rappelle qu’il faut garder de la distance, ne pas viser la réussite à tout prix. Et penser d’abord à son équilibre. Comme l’explique Michel Lejoyeux : « Montaigne nous invite sans cesse à prendre du recul plutôt que se focaliser sur ce qui ne s’est pas déroulé selon nos souhaits. » En faisant ainsi, nous aurons d’autant plus de chance de réussir nos projets. « Celui qui se conduit avec plus de modération envers le gain et la perte, écrit Montaigne, est toujours maître de lui, moins il se prête et se passionne au jeu, plus avantageusement et sûrement il le conduit. » Less is more !

2. Savourer l’instant présent 

La situation :  Vous voilà à l’apéro avec vos amis, devant un superbe coucher de soleil. Le plaisir devrait être au rendez-vous. Pourtant, vous ne cessez de penser à la sortie de demain en bateau (un peu compliquée) ou au resto de tout à l’heure (y aura-t-il de la place ?). À moins que vous n’appréhendiez la rentrée terrible qui vous attend… 

Le conseil du philosophe : Le penseur de Bordeaux n’a cessé de déplorer la tendance de notre esprit à se projeter dans le futur : « Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes au-delà », et, citant Sénèque : « Un esprit soucieux de l’avenir est malheureux. » Selon Michel Lejoyeux, « Montaigne tenait pour une des bases de la souffrance l’envie ou le besoin d’anticiper ». Mais comment jouir du présent ? Il faut déjà en avoir conscience, d’après Montaigne. Et pour cela étudier nos sensations. Trop souvent, nous vivons des choses positives sans faire attention à ce que nous ressentons. Montaigne fustige ainsi les gens « qui reçoivent si mollement et avec tant d’indifférence leur bonne fortune ». Constatation de Lejoyeux : « Montaigne applique à sa manière la pleine conscience au quotidien. » Une attitude encouragée aujourd’hui par toutes les études en psychologie.

3. Accepter les imprévus 

La situation :  C’est un classique. On se rend plein d’espoir dans un endroit qui nous a été chaudement recommandé, telle côte italienne magnifique, telle île sublime en Bretagne, et on est tout surpris d’y trouver des hordes de touristes ou une urbanisation excessive et repoussante. 

Le conseil du philosophe :  Pour l’auteur des « Essais », la contrariété fait partie de l’existence, et notamment des voyages. Au lieu de s’en irriter, il veut en tirer un enseignement : « Ne trouvé-je point où je vais ce qu’on m’avait dit […], je ne plains pas ma peine : j’ai appris que ce qu’on disait n’y est point… » Admirable sagesse qui renvoie à sa vision de la vie, lui qui considère que tout est incertain, changeant. À commencer par nos opinions et nos goûts. Commentaire de Michel Lejoyeux : « Pour lui, le balancement est la règle, et la certitude, l’exception. Accepter cette indécision comme faisant partie de notre nature apaise. Comme il le dit : “Le monde n’est qu’une branloire pérenne”, une balançoire perpétuelle, toutes les choses y sont sans cesse en mouvement. »

4. Limiter l’oisiveté

La situation : Sur la plage, allongée sur votre serviette, vous vous efforcez de « faire le vide », de « débrancher ». Pourtant, vous ne cessez de cogiter. Mais quand donc le farniente fondra-t-il sur vous ?

Le conseil du philosophe :  En 1571, Montaigne se retire dans son château, résolu à faire l’expérience de l’oisiveté la plus totale. Mais bientôt son cerveau est assailli par des idées tordues. Il raconte : « Si on n’occupe pas l’esprit d’un sujet qui le bride et le contraint, il se jette, tout déréglé, par-ci par-là, dans le champ vague de l’imagination… » Son esprit fait « le cheval échappé » et « enfante pour lui nombre de chimères et monstres fantasques », « ineptes et étranges ». Selon Michel Lejoyeux, « Montaigne donne des arguments pour résister à l’une des erreurs modernes les plus tenaces selon laquelle le vide et le repos absolus seraient la condition du bonheur et de la santé ». Aussi n’hésitez pas à être active pendant vos congés : randonnées, parties de Uno, visites de musées… car « l’âme qui n’a point de but établi se perd ».

5. Modifier nos fausses croyances 

La situation :  La semaine s’annonçait splendide. Pourtant, un temps pluvieux a tout gâché et vous à déprimé sérieusement. Vous avez beau savoir que c’est idiot, vous êtes affreusement météo-sensible… 

Le conseil du philosophe :  « Les hommes sont tourmentés par les opinions qu’ils ont des choses et non par les choses elles-mêmes. » Autrement dit, cette petite pluie n’est pas mauvaise en soi – elle ne vous fait pas concrètement souffrir ! –, ce qui vous mine, c’est la conviction que vous avez que la pluie est « mauvaise », que c’est un « manque de chance ». Bref, vous souffrez de votre fausse croyance. Cette idée, d’origine stoïcienne, est un leitmotiv chez Montaigne. « Selon lui, les maux n’entrent en nous que par notre jugement ou nos croyances et par notre imagination. » Modifiez votre opinion, considérez que cette pluie n’est ni un bien ni un mal en soi, mais un fait du monde, à prendre comme tel, et vous serez ouverte à toutes les expériences. Avec une telle attitude, impossible de rater ses vacances !

« En bonne santé avec Montaigne », du Pr Michel Lejoyeux (éd. Robert Laffont).

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