Santé

BDSM, bondage : mieux comprendre ces pratiques sexuelles

Popularisé par « 50 Nuances de Grey », le sexe BDSM parle à chacun d’entre nous sans que l’on sache vraiment quoi mettre dedans. Alors, qu’en est-il exactement de cette pratique et pourquoi le BDSM plait-il ? Entrée dans les coulisses de la sexualité.

C’est quoi le BDSM ?

Acronyme des mots Bondage – Domination – Soumission/Sadisme – Masochisme, le BDSM englobe tout un tas de pratiques sexuelles très différentes les unes des autres. Ainsi, on trouve aussi bien des amateurs de shibari (genre de bondage sophistiqué et ritualisé venu du Japon), ou de gentils petits rapports de force, que des adeptes de jeux médicaux, de douche dorée, de trampling (se faire marcher dessus), de pet-play (jouer un animal de compagnie ou balader une personne qui fait l’animal de compagnie), etc. Un peu de tout donc !

Le seul lien entre toutes ces pratiques est le fait de mettre en place, notamment lors de relations sexuelles, une logique maitre/esclave ou actif/passif. Mais il y a différents styles et niveaux de pratique. Ce n’est pas pareil d’être tenu en laisse et de jouer un poney que de se laisser attacher par un.e amant.e. A vous de trouver quelles expériences vous attirent… Ou pas ! 

Pour qui ?

Eh bien, cela dépend de la pratique en question. Le BDSM peut séduire des amants cavaliers aussi bien que des couples en quête d’un nouveau souffle ou en panne de libido, mais aussi des férus d’émotions fortes, des soumis et des insoumis, de simples curieux… Bref, le BDSM s’adresse à tous ceux qui en ont envie. Seule règle : être en confiance avec son partenaire et, cela va s’en dire, que la relation BDSM soit consentie, sans quoi, c’est du viol.

Pour quoi ? 5 bonnes raisons de pratiquer le BDSM

Domination, sadisme et masochisme…  Des adultes consentants cherchent parfois à ressentir de la douleur pour stimuler leur plaisir sexuel et l’excitation. Si beaucoup de personnes pensent que la douleur et le sexe sont profondément incompatibles (le sexe est une question de plaisir alors que la douleur n’a rien d’agréable), pour d’autres la douleur et le plaisir peuvent être associés dans un contexte sexuel. Car, quand il est bien fait, le BDSM semble présenter des avantages pour l’épanouissement sexuel ou la relation de couple.

  1.     Pour resserrer les liens  dans un couple : selon plusieurs études (source 1), ce type de rapports sexuels permet aux amants de cimenter la confiance mutuelle. En effet, cette dernière étant de mise pour tester des rapports BDSM (lorsque vous êtes attaché.e et que l’autre a un fouet dans la main, mieux vaut être sûr.e de son partenaire), elle en est forcément renforcée.  
     
  2.     Pour transcender le rapport genré : dans le sexe BDSM comme ailleurs, le mâle est souvent dominant mais pas toujours ! Il en est aussi qui aiment se soumettre à leur dames, comme les adeptes du pegging  par exemple (pratique sexuelle où une femme pénètre un homme avec un gode ceinture, déjà décrite par le marquis de Sade dans La philosophie dans le boudoir, en 1795). Et ainsi, d’une fois à l’autre, on peut tantôt dominer ou être dominé, jusqu’à finir par effacer, finalement, le lien avec le genre. Le BDSM, c’est l’occasion rêvée d’inverser les rôles et de s’amuser avec les codes.  
     
  3.     Pour se détendre : ces pratiques permettraient de décompresser davantage que lors d’un rapport sexuel « classique », d’abord parce qu’elles engendreraient davantage de libération d’hormones telles que la dopamine et la sérotonine et parce qu’elles influenceraient l’irrigation du cerveau et donneraient ainsi accès à un état de conscience modifié. Certains chercheurs vont jusqu’à affirmer que les effets du sadomasochisme se rapprocheraient de ceux procurés par le yoga ou la méditation (il existe d’ailleurs du yoga BDSM).
     
  4.     Pour le plaisir : ainsi qu’en témoigne plusieurs études, la douleur, lorsqu’elle est choisie, peut être agréable (source 1). En effet, si elle sert généralement de système d’avertissement indiquant le danger d’une menace physique, physiologiquement parlant, elle se rapproche du plaisir. La recherche a montré que les sensations de douleur et de plaisir activent les mêmes mécanismes neuronaux dans le cerveau. Plaisir et douleur sont tous deux liés aux systèmes dopaminergiques et opioïdes impliqués dans le système de récompense.
     
  5.     Pour le piment : les rapports BDSM rompent avec la routine du petit train-train quotidien, ils procureraient ainsi aux partenaires une sensation de stimulation, d’excitation, de désir. « C’est une rupture avec votre monde réel, vous savez. C’est comme s’offrir une pause bizarre, étrange », explique un soumis.

Le b.a.ba du sado-masochisme : accessoires, jeux …

Le bandeau

C’est un peu la base du BDSM. Un masque de sommeil (volé dans un avion par exemple) fera aussi bien l’affaire ! La sensation recherchée ? Frissonner à l’idée de perdre ses repères et de laisser son partenaire prendre les choses en main… Etape suivante : la cagoule (en cuir ou latex).

Le fouet

On ne tape pas sur n’importe sur quelle partie du corps avec un fouet (aussi appelé cravache ou badine). L’idéal ? Fouetter les fesses et les cuisses, c’est-à-dire les parties les plus charnues où les sensations sont les plus fortes… Il est aussi possible de fouetter les seins et le sexe mais très légèrement. A proscrire : le ventre.

Cordes, menottes… pour pratiquer le bondage

  « Attache-moi si tu peux ! » En BDSM, le bondage désigne ni plus ni moins toutes les situations où la personne soumise est entravée. L’ivresse recherchée ici : l’incapacité à se mouvoir et la sensation d’impuissance procurée par le fait d’être attaché.

  • Les cordes : si vous ligotez les mains de votre partenaire avec un bout de tissu, c’est déjà du bondage. Avec des cordes, c’est encore du bondage. Et si vous optez pour des cordes japonaises, le bondage se transforme en kinbaku, un art sensationnel…
  • Les menottes : jouer aux policiers c’est bien, avec des menottes c’est mieux ! Là encore, les sensations recherchées sont les mêmes : lâcher prise et tester ses limites en douceur. Menottes métal, fourrure, cuir, fantaisie ou même mini-menottes… A vous de jouer.

Les mains baladeuses

Il n’y a parfois pas besoin de beaucoup d’accessoires pour se faire du bien… Jeux de mains, jeux de vilains… Pour pincer les tétons de votre partenaire, vos doigts sont une bonne entrée en matière. Next step : les pinces à tétons en métal, bois ou plastique. Sans parler du fist-fucking.

C’est décidé, vous voulez tester. Qu’à cela ne tienne, voici les conseils de base pour débuter :  

  1.     Mettez-vous dans le bain : checkez les événements (Munch par exemple organisé par PariS-M), les donjons (lieux où pratiquer), commencer à discuter avec des adeptes ou avec votre partenaire, lisez quelques trucs (comme La Bible du boudoir : guide du plaisir sans tabou de Betony Vernon), ou participez à des ateliers (par exemple avec Le Cabinet de curiosité féminine, qui propose ce thème deux fois par an), etc. Tout cela vous permettra de vous faire une idée plus concrète de la pratique et de bien peser le pour et le contre. Soit cela vous donnera envie, soit cela vous repoussera.  
     
  2.     Échangez avec votre partenaire : comme d’habitude, la communication est primordiale. Discutez avec l’autre de l’expérience souhaitée, soyez clair.e sur vos intentions, désirs et limites. Oser s’exprimer sur ce sujet n’est pas évident, mais c’est fondamental, a fortiori dans le BDSM, où l’on va justement tester ses limites.
     
  3.     Choisissez un mot ou geste de code : c’est le fameux safe word qui peut aussi être un geste. Il s’agit de définir un code pour dire stop à tout moment et ainsi se sentir absolument en confiance, aussi bien avec votre partenaire qu’avec vos choix.  
     
  4.     Allez-y petit à petit : ne commencez pas par une pratique trop hard. Faites plutôt comme à votre habitude et ajoutez les éléments BDSM de votre choix. Vous pouvez par exemple avoir une relation les yeux bandés ou en partie attaché.e, ou avec des accessoires de type collier, laisse, martinet, ou encore vous mettre dans la peau d’un.e autre grâce à un jeu de rôle.  
     
  5.     Prenez ça comme un jeu : certaines situations peuvent se révéler déroutantes ou cocasses (postures ridicules, scénarios grossiers ou gênants, etc.). Amusez-vous de cela, jouez-en. Parfois, l’excitation vient de ce côté cliché.  
     
  6.     Écoutez-vous et sachez dire non quand cela ne vous plait pas : restez constamment alerte quant à vos ressentis et ceux de votre partenaire. Personne n’a envie de subir ou faire subir un rapport BDSM, c’est un échange entre adultes consentants. A tout moment, vous pouvez arrêter le jeu, changer les rôles, etc.
     
  7.     N’oubliez pas l’aftersex : ce que les adeptes appellent « l’aftercare » consiste à apporter à l’autre, après ce moment sexuel fort, chargé en émotions, un certain réconfort. Cela peut se faire au travers de gestes physiques (caresses délicates, massage réparateur, coiffage de cheveux, douche câline, etc.), et/ou de mots tendres. N’importe quoi qui fait du bien.   

Le BDSM permet d’explorer ses fantasmes et de transcender la sexualité. A certains égards, il peut être pratiqué comme un art. Mais attention, ces jeux sexuels de pouvoirs ne sont pas sans risque et la violence peut aussi s’immiscer sournoisement lors de ce type de rapport. Veillez donc à rester dans le respect de l’autre aussi bien que de vous-même, de vos valeurs et principes.  
 
Bien à vous et à vos jeux sexuels,

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