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Camilla Parker-Bowles : reine consort, mais pas encore tout à fait celle des coeurs

Et Camilla deviendra reine… Lui lisait-on de pareilles histoires quand Camilla Rosemary Shand était enfant ? La petite fille, née à Londres en 1947, seize mois avant le prince Charles, pouvait-elle imaginer qu’un jour une telle prophétie s’accomplirait ? Car, si aujourd’hui elle est en train de se réaliser, le destin de Camilla fut longtemps contrarié. L’histoire de sa rencontre avec l’héritier du trône fait désormais partie de la légende royale. Les deux jeunes gens sont présentés par une amie commune à un match de polo, en 1971. La jolie blonde aurait susurré à l’oreille du jeune prince : « Mon arrière-grand-mère était la maîtresse de votre arrière-grand-père, que dites-vous de cela ? » C’est le « love at first sight », le coup de foudre. Qu’importe la véracité de la formule, elle donne le ton et dévoile une personnalité qui n’a pas froid aux yeux, qu’elle a opportunément d’un bleu glacial.

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Une histoire d’amour compliquée

Souvent qualifiée de « garçon manqué » quand elle était enfant, cette fille de militaire par son père, issue d’une vieille lignée aristocratique par sa mère, devient une jeune femme athlétique et fêtarde, drôle et volubile. Elle fume beaucoup, sirote copieusement du gin tonic et adore les Rolling Stones. Une personnalité qui ensorcelle Charles, l’introverti rêveur. Mais l’amour ne suffit pas. Camilla est plus âgée que lui et, surtout, n’est plus vierge. L’union est impossible. Buckingham lui choisira une oiselle au regard timide, Diana Spencer. Camilla, devenue mariée à Andrew Parker Bowles (dont elle s’est disputé les faveurs avec la princesse Anne, sœur de Charles…) rejoint les coulisses de la monarchie pour de longues années. Non sans passer une ultime nuit d’amour avec Charles… la veille du mariage avec Diana. Mais qu’importe, « pour toi, je suis prête à tout endurer », glissera-t-elle au prince. Elle devra le démontrer ardemment. Car les sujets de Sa Majesté ne sont pas dupes. Et la liaison adultère du prince, qui reprend après la naissance de son second fils, Harry, en 1984, apparaît au grand jour en même temps que les crises conjugales avec Diana se multiplient. Les murs de Buckingham se fissurent, et la presse à scandales entre dans la chambre à coucher du prince sans retenue. Dès lors, Camilla devient la femme la plus détestée du royaume. « Rottweiler » dans la bouche de Diana, « briseuse de ménage », « manipulatrice », on projette sur son visage muet un flot de haine qui atteint son apogée en 1993, quand « The Sun » publie les conversations téléphoniques intimes des deux amants, dans lesquelles le prince confie son ardent désir de se réincarner en Tampax de sa maîtresse. So shocking !

  

 

©Express Newspapers/Archive Photos/Getty

Une place de taille au sein de la famille royale                                             

« Nous étions trois dans ce mariage », confiera Lady Di en 1995, quelques mois avant son divorce. Après sa mort, le 31 août 1997, à Paris, certains n’hésiteront pas à rendre responsable Camilla, car, bien sûr, si Charles n’avait pas divorcé…Par-delà les violents jugements de l’opinion publique, Camilla sait, comme n’importe quelle belle-mère, que le plus important est de créer du lien avec les enfants de Charles. Elle-même en a eu deux, Tom et Laura. De leur côté, William et Harry, malgré leur incommensurable amour pour leur mère, finissent par accepter « cette part non négociable » de la vie de leur père, dont l’humour les séduit. Commence alors, pour la duchesse de Cornouailles, une lente période de réhabilitation. Les deux ex-amants convolent en justes noces en 2005. Elle a la délicatesse de refuser le titre de princesse de Galles, qui semble n’appartenir qu’à Lady Di. Entre le jubilé d’or d’Elisabeth II, en 2002, puis celui de platine, en 2022, elle prend peu à peu sa place sur la photo officielle et normalise son rôle. On loue désormais son caractère chaleureux, accessible.On admire ses nombreux engagements caritatifs. On va jusqu’à parler d’un « style Camilla », mêlant optimisme, humour et simplicité.                

Assez proche de la reine, sa belle-mère, elle obtient son « adoubement » véritable quand, en février dernier, à l’occasion des 70 ans de règne de la souveraine, celle-ci fait part de son « souhait sincère » que « Camilla soit désignée reine consort » lorsque Charles deviendra monarque. C’est aujourd’hui chose faite. Dès l’annonce de la mort d’Elisabeth II, le journaliste de la BBC évoquait « le roi et la reine consort ». Une reine consort qui, en mai, recueillait, d’après un sondage, 47 % d’opinions favorables, contre 38 % d’opinions négatives. Il lui reste donc un bout de chemin à faire avant de conquérir le cœur de tous les Britanniques.         

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© Tim Graham Photo Library via Getty Images

En juillet dernier, dans une interview accordée à la version britannique du magazine « Vogue », la duchesse de Cornouailles se laissait aller à de rares confidences : « Ce n’est pas facile. J’ai été scrutée pendant si longtemps qu’il faut pouvoir trouver un moyen de vivre avec. Personne n’aime être regardée tout le temps et, vous savez, critiquée et… » Elle interrompt sa phrase avant de conclure : « Mais je pense qu’au final je m’en sors et je fais avec. Il faut faire face à la vie. » Et à cette mort, qui l’installe aujourd’hui sur la plus haute marche de la monarchie britannique, aux côtés de celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. 

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