Santé

Chamane Challenge : 4/7 Trouvez votre animal totem

Une rencontre charnelle, violente et spirituelle. Quand l’anthropologue Nastassja Martin a croisé un ours dans le Kamtchatka, une région volcanique à l’extrême est de la Russie, elle a bien cru que l’animal allait la tuer. Elle s’en est sortie à moitié défigurée mais plus éveillée que jamais, qualifiant même son état de « renaissance ». L’aventurière a raconté cette rencontre dans l’étonnant ouvrage « Croire aux fauves » : comme si l’animal – tout en l’attaquant – avait guéri des blessures inavouables. Ce témoignage est unique, mais ceux qui relatent les vertus de l’observation d’un animal sauvage – à bonne distance ! – ou du compagnonnage affectueux d’animaux au quotidien font florès. De nombreux documents racontent ces communions inattendues entre l’homme et l’animal, comme le documentaire « La Sagesse de la pieuvre », oscarisé en 2021, narrant la relation quasi-amoureuse entre Craig Foster et… un poulpe ! Des ouvrages aux noms évocateurs ont aussi rencontré un large public comme « Habiter en oiseau », signé par la philosophe et psychologue Vinciane Despret, « Sur la piste animale », l’ode au loup, à l’ours et à la panthère des neiges du philosophe Baptiste Morizot (les deux parus chez Actes Sud). Les bêtes, miroirs de notre humanité ? « Quand un requin blanc ou un cachalot nous approchent, c’est un immense cadeau qu’ils nous font », confie François Sarano, docteur en océanographie, plongeur professionnel, fondateur de l’association Longitude 181.                                                                                                                       

Son conseil pour renouer avec ce monde animal ? Vivre avec ses cinq sens et prêter une attention accrue au monde qui nous entoure, ne plus le considérer comme un simple décor que l’on « consomme », mais comme un paysage habité par d’autres êtres vivants, dont nous sommes dépendants. « Qui sait encore reconnaître le vol d’une fauvette dans le ciel ou le saut d’une tanche dans la rivière ?, souligne François Sarano. Nous avons établi une telle coupure existentielle entre le vivant et nous ! Or, on ne peut pas préserver notre planète et tous ses habitants s’ils n’existent pas concrètement à nos yeux. »                

Au-delà du savoir intellectuel, l’enjeu serait de ressentir leur présence, à nouveau. Pour cela, nul besoin de partir au bout du monde, rappelle Émilie Devienne, autrice de « Ces animaux qui nous font du bien » (éd. Eyrolles), il suffit de mieux considérer les animaux tout proches, ceux qui peuplent nos villes, nos ciels ou notre maison ! Notre chat n’est pas un coussin qui s’agite quand on rentre chez soi, mais un être plein d’émotions. De la même façon, quand on promène son animal, on interagit. « Prêter attention, c’est donner existence à l’autre », analyse François Sarano. Avec un gain énorme pour nos relations humaines : les animaux nous aident à mieux nous comprendre entre nous car ils nous confrontent à l’altérité avec un grand A.            

L’animal sauvage, non asservi et libre, nous rappelle : « Je ne te comprendrai jamais tout à fait, je suis singulier, mais nous vivons sur la même terre, nous devons cohabiter, faisons-le en paix. » Retrouver l’animal totem qui sommeille en nous serait une voie pour nous reconnecter au monde, aux autres et à soi : « Lors des cérémonies, les chamanes ont recours à l’esprit d’un animal qui leur confère de la force, de la sagesse ou les aide à résoudre un problème au sein du clan », précise Alain Dikann, art-thérapeute et auteur de « Totem Thérapie » (éd. Lanore). On s’inspire de leur expérience pour se connecter à son animal totem, qui symbolise une ressource, une énergie ou une capacité nécessaires à notre évolution personnelle. Cet été, libérons l’animal en nous !

8 exercices pratiques

Par la méditation

On visualise son animal totem en suivant les préceptes de Dina Saalisi, autrice de « Votre animal spirituel » (éd. Eyrolles) :

1. Commencez par vous asseoir, les pieds bien ancrés au sol et fermez les yeux. Effectuez entre 5 et 10 respirations jusqu’à éprouver un sentiment de calme et de paix.

2. Utilisez votre œil mental et imaginez-vous dans un endroit magique et tranquille. Remarquez les images, les sons et les textures qui vous entourent.

3. En pénétrant plus profondément dans cet espace sacré, visualisez-vous en train de rencontrer votre animal spirituel. Cette première image est la bonne. Elle est comme elle doit être.

4. Accueillez son pouvoir. Remerciez-le d’être ici pour vous. N’hésitez pas à lui demander s’il a quelque chose à partager.

5. Quand vous vous sentez prête, ramenez lentement votre conscience vers votre corps. Puis ouvrez les yeux, en vous sentant puissante

Par la relation avec les animaux 

Juliette Dumas et Coralie Médiet, autrices de « La communication avec les animaux, un échange qui fait du bien » (éd. Eyrolles), nous guident.

1. Retrouvez votre âme d’enfant. Repensez à une situation vécue avec un animal. Avec le plus de détails possible. Quel comportement aviez-vous avec lui ? Lui parliez-vous ? Vous sentiez-vous complice ? Quels étaient vos jeux favoris ? Une fois que les souvenirs sont remontés à la surface, écrivez-les. Maintenant, écrivez quelles sont vos relations aujourd’hui avec un animal.

2. Plus vous allez ouvrir vos sens, plus vous allez ouvrir les portes de votre intuition. C’est la clé pour communiquer avec les animaux. Octroyez-vous un moment d’intimité avec un animal.

3. Développez votre ancrage. Cet ancrage est très important parce qu’il vous aide à rester présente au moment M, ni dans le passé, ni dans le futur. Les animaux sont naturellement très ancrés.

Sur la piste de votre animal totem 

Tigre, serpent, chat… Voici quelques pistes pour partir à la recherche de votre animal emblématique, celui qui vous ressemble le plus, celui à qui vous pouvez vous identifier.

Étape n°1 : Imaginez-le 

Demandez-vous quel animal vous fascine et vous accompagne depuis l’enfance. Aucune idée? Vous pouvez le rencontrer au travers de la méditation. Restez connectée à des images liées à la nature (forêt, jungle…), et voyez ce qui apparaît. Autre option : soyez attentive à vos rêves. Au réveil, notez si un animal y apparaît de façon récurrente. Ou misez sur le dessin libre. Prenez une feuille blanche, et fermez les yeux. Dessinez de façon instinctive puis observez si vous y décelez une forme animale.

Étape n°2 : Référez-vous au guide de ses caractériques

Vous êtes organisé, productif et vous aimez communiquer: vous êtes une abeille. Vous êtes patient, indépendant et aimez explorer l’inconnu, vous n’avez pas froid aux yeux : vous êtes un chat. Vous êtes plein de vie, et exprimez ouvertement vos émotions et vos désirs: vous êtes un cheval. Vous avez beaucoup d’intuition, une grande sagesse et faites preuve de lucidité : vous êtes une chouette. Vous êtes courageux, avez une grande confiance en vous et de l’autorité : vous êtes un lion. Vous chérissez votre liberté, vous êtes indépendant et loyal en amitié : vous êtes un loup. Vous aimez montrer votre force, vous êtes dans l’action : vous êtes un ours. Vous êtes d’humeur joyeuse, en perpétuel mouvement: vous êtes un papillon. Vous avez de l’énergie, une facilité à vous remettre en question : vous êtes un serpent.

Consultez d’autres profils dans « Totem thérapie » d’Alain Dikann (éd. Lanore) et « Votre animal spirituel » de Dina Saalisi (éd. Eyrolles).

Étape n°3 : Faites alliance avec lui

Notre animal totem est un objet d’identification et de projection. Concrètement, on s’identifie à lui pour diverses raisons – on aime la force, le courage du tigre – et on projette sur lui notre propre intériorité : émotions, désirs inconscients, comme l’agressivité du tigre qui nous attire et nous effraie.

Étape n°4 : Comprenez son utilité 

Au travers de l’animal réel, nous appréhendons notre animal intérieur, cette part d’ombre chère à Carl Jung. Elle correspond à l’aspect le plus archaïque de notre âme. Elle est le réceptacle de nos pulsions et émotions lissées, voire refoulées, pour des raisons morales ou éducatives. En nous reconnectant avec notre « ombre », nous faisons tomber les masques sociaux. Nous prenons conscience de qui nous sommes vraiment. Cette vérité nous permet d’accéder à nos désirs profonds et à nos intuitions, voire d’amorcer certains changements nécessaires à notre évolution                

Lire aussi « Au risque d’aimer », de Claude Béata, préface de Boris Cyrulnik (éd. Odile Jacob) ; « Mon année zéro souffrance animale », Yolaine de la Bigne (éd. Leduc).

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